Ali Nizary, président de l'UDAF à Mayotte : l'indispensable développement des CCAS

Ali Nizary, président de l'UDAF à Mayotte : l'indispensable développement des CCAS

À la suite du scrutin municipal, le président de l'Union départementale des associations familiales (UDAF), Ali Nizary, a adressé une lettre aux communes de l'île. Il y rappelle l'importance des centres communaux d'action sociale (CCAS) à Mayotte et la nécessité de leur donner toute leur place au sein de la société. Un travail qui doit être soutenu pour répondre aux nombreux enjeux sociaux du département. 

Flash Infos : À l'issue de ces élections municipales, l'UDAF demande aux communes – et en particulier aux nouveaux maires – que l'accent soit particulièrement mis sur les CCAS. Vous dîtes que ces organismes correspondent particulièrement bien à Mayotte… 

Ali Nizary : Les CCAS développent l'action sociale des communes, et ce sont elles le premier échelon pour les familles, le premier service de proximité. Quand les familles ont un problème, c'est donc vers les CCAS qu'elles se tournent. Ensuite, ils développent en leur sein une série de dispositifs pour permettre aux familles de s'informer, mais aussi de trouver des solutions à leurs problématiques. C'est vraiment une porte d'entrée pour elles. C'est pour cela que nous insistons afin que les CCAS soient suffisamment équipés et outillés : il ne faut pas que les familles soient perdues. 

FI : Ils sont toutefois relativement jeunes à Mayotte. Que doivent-ils améliorer ? 

A. N. : Ce qui leur manque, c'est qu'ils soient identifiés par les familles comme étant des services pouvant leur donner les premières informations. De ce point de vue-là, les CCAS doivent encore faire des efforts. Il leur faut aussi des techniciens, des personnes formées, des travailleurs sociaux. Certains n'en ont pas encore, mais c'est indispensable. Quelqu'un qui est formé à cela est plus à même d'identifier la problématique d'une famille, de l'orienter et de l'accompagner. Malgré tout, ces organismes marchent assez bien chez nous pour leur jeune âge, et l'évolution va dans le bon sens. Ils sont composés d'élus et d'associations, et ce couple-là fonctionne bien. C'est pourquoi nous disons aux communes que l'UDAF est toujours là pour impulser le mouvement et pour pousser les associations à prendre leur place au sein des CCAS. Ils sont face à des enjeux qui sont énormes. 

FI : Des enjeux qui se sont révélés prégnants durant la crise sanitaire… 

AN : Tout à fait. Mais les CCAS, le tissu associatif, la communauté, l'engagement citoyen étaient mobilisés. La question de la solidarité dans notre société est une valeur centrale, et elle doit se retrouver au sein des CCAS. 

FI : Vous soulignez l'importance de la vie associative et des initiatives citoyennes sur le territoire. Mais comment structurer tous ces échelons de solidarité ? 

AN : Au sein de l'UDAF, nous avons déjà un travail énorme à mener. Il nous faut sensibiliser le tissu associatif à son rôle et sa place au sein des CCAS. Ils sont aussi là pour écouter les associations et à travers elles, écouter les doléances des familles. Il y quatre types d'associations : celles qui s'occupent des personnes âgées, celles qui s'occupent des personnes handicapées, les associations familiales – fédérées au sein de l'UDAF –, et celles qui luttent contre l'exclusion. Si ces quatre types d'association se mobilisent, alors on peut couvrir la totalité des problématiques que rencontrent les familles. On compte donc organiser d'ici la fin de l'année 2021 une formation financée par l'Union nationale des associations familiales (UNAF), qui donnera beaucoup d'éléments et d'outils aux associations et à leurs rôles dans les CCAS.

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