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Reprise des cultes à Mayotte : la foi d’attendre

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Quand la population mahoraise prépare la riposte

Sur les réseaux sociaux ou dans la rue, formellement ou spontanément, les initiatives se multiplient pour répondre à la délinquance qui flambe à nouveau sur l’île aux parfums. Au risque, parfois, de voir l’exaspération prendre le pas sur la loi. 

Mayotte : une naissance dont ils se souviendront

Une naissance dans la rue, ce n’est pas si courant. C’est pourtant ce qu’ont vécu Jonathan et Mouna, lundi 18 mai, date à laquelle Sarah, leur petite fille, a décidé d’arriver. Un évènement auquel ont participé quelques passants, sur les lieux par hasard. Et quand s’improvise une chaîne de soutien, cela donne une belle histoire. Récit. 

À Mayotte, “le confinement a révélé la capacité perverse de certains à faire du mal aux autres sans qu’ils ne s’en rendent compte”

Deux mois de confinement peuvent en dire long sur un individu, mais ils peuvent également dévoiler les pires et les meilleurs aspects d’une société. La crise sanitaire a mis en évidence les failles de la société mahoraise, partagée entre la conscience de certains et l’irresponsabilité des autres. Le sociologue Combo Abdallah Combo nous explique pourquoi il est urgent de tirer les leçons de ce confinement et essayer de changer la donne. 

Camille Miansoni, procureur de Mayotte : “Mon rôle est de protéger la société avant tout”

L’affaire du rapt en Petite-Terre qui suscite l’émoi dans l’ensemble du Département est révélatrice de nombre de maux dont souffre la société mahoraise au sein de laquelle nombre de personnes semblent valider l’idée que l’on puisse se faire justice soi-même à défaut d’une carence supposée de l’État. Le procureur de la République, Camille Miansoni, revient ici sur ces éléments. C’est aussi l’occasion pour lui de rappeler le rôle qu’il occupe et la vision qui l’anime alors que les critiques pleuvent sur sa personne.

Mardi 26 mai, le préfet a autorisé la réouverture des lieux de culte à Mayotte. Une reprise de la vie spirituelle attendue par nombre de fidèles musulmans ou chrétiens, mais qui demande toutefois une organisation toute particulière. Car il ne s’agit pas de faire une croix sur les mesures sanitaires.

Avec le confinement débuté à la mi-mars, les cultes ont été mis entre parenthèses. Les fêtes de Pâques et le ramadan se sont ainsi déroulés – cas rare – sans célébrations religieuses ni rassemblements de fidèles. Une période qui touche à sa fin puisque le préfet de Mayotte, Jean-François Colombet, a autorisé la réouverture des églises et mosquées à partir d’avant-hier, au lendemain de l’Aïd. Une décision qui réconforte les fidèles de toutes les confessions, mais qui demande une organisation toute particulière, car, si Mayotte tend à se déconfiner peu à peu, l’île demeure dans le rouge et les mesures sanitaires, elles, ne sont pas près de disparaître. Les responsables des cultes pratiqués à Mayotte en ont bien conscience.

Ainsi, les mosquées ne réouvriront officiellement que lundi 1er juin. La décision, prise à la suite de deux réunions tenues hier et avant-hier et réunissant notamment la direction départementale du pôle enfance et famille du conseil départemental, et celle de la cohésion sociale, est expliquée par le directeur de cette dernière, Younoussa Abaine. “Il y a des préparatifs”, justifie le responsable, “tel que nettoyer et désinfecter les édifices fermés depuis deux mois. Il faut aussi que soient réunies les conditions de respect des distances de sécurité avant de les rouvrir, que nous déterminions comment les tapis vont être désinfectés, par exemple, ou comment faire pour que les fidèles ne sortent pas par là où ils sont rentrés. C’est ce à quoi nous allons réfléchir durant cette semaine, en sollicitant les responsables de mosquées pour qu’ils fassent respecter absolument ces consignes de santé.” Une réunion devrait ainsi se tenir ce week-end avec lesdits responsables et les autorités sanitaires afin “de sensibiliser les acteurs de terrains pour qu’il n’y ait pas d’attroupements autour des mosquées, et qu’à l’intérieur les mesures soient respectées.” La démarche, obligatoire, a toutefois un coût. Son estimation doit être faite et soumise aux pouvoirs publics pour demander leur aide, car “ce n’est plus simplement un problème de culte mais de santé publique”.

Autre point, la prière du vendredi qui se tient traditionnellement dans les mosquées qui y sont consacrées. “Le problème se pose en effet tout particulièrement pour ce jour-là”, confirme le directeur de la cohésion sociale. “Elles ne peuvent plus se dérouler comme avant, avec des mosquées parfois bondées. Exceptionnellement nous envisageons donc que cette prière du vendredi puisse se faire dans les autres mosquées du village.” Dans tous les cas, “le conseil cadial demandera à la population de s’associer à ces mesures pour que la vie de tous soit protégée, c’est capital”.

Une église dans l’attente

Du côté de l’église Notre-Dame de Fatima, ce n’est pas un secret non plus : la date de reprise des messes n’est pas encore connue. Et pour cause : si les autorités préfectorales ont autorisé les lieux de culte à ouvrir leurs portes, le curé de la paroisse, le père Bienvenu Kasongo, attend également pour sa part les consignes de sa hiérarchie. En l’occurrence, celles de la conférence des évêques de France, puis celle de Mgr Charles Mahuza Yava, vicaire apostolique de l’archipel des Comores. “Nous sommes évidemment soumis au protocole établit par les autorités sanitaires, mais nous devons aussi nous appuyer sur ce que nous conseillerons les évêques. C’est une question de sécurité, et à travers elles de respect de la vie d’autrui”, détaille le prêtre en poursuivant : “Une fois que nous aurons cette autorisation, alors nous réunirons le conseil paroissial pour examiner les solutions à mettre en place et tiendrons les fidèles informés.”

Dans le détail, et même si “Dieu merci l’église possède quatre entrées et est bien aérée”, il s’agit de tenir compte des contraintes du bâtiment afin de l’aménager : “Marquage au sol, espacement des fidèles sur les bancs, mise en place de barrières, il y a des solutions à trouver. Il y aura ainsi sans doute deux messes au lieu d’une afin de répartir les fidèles. Nous commencerons avec celles du dimanche avant de reprendre celles en semaine, puis les sacrements. Nous devons aussi nous concerter pour que des paroissiens, sur la base du volontariat, nous aident à mettre tout cela en place, à distribuer du gel hydroalcoolique, à s’assurer que chacun porte un masque, etc.”

Une réorganisation pour laquelle le prêtre fait un parallèle avec la Pentecôte, que les catholiques célèbreront le dimanche 31 mai. “La Pentecôte, c’est l’Esprit Saint sur les apôtres et la naissance de l’Église. Ils s’organisaient ensemble à ces fins. Alors nous allons nous inspirer d’eux. Nous aussi, aujourd’hui, nous allons œuvrer ensemble au cœur de la paroisse, et prier pour que l’Esprit Saint nous guide.”

 

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