Mayotte : après 71 jours de conflit, les salariés de BDM aux abois signent la reprise

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Sur les réseaux sociaux ou dans la rue, formellement ou spontanément, les initiatives se multiplient pour répondre à la délinquance qui flambe à nouveau sur l’île aux parfums. Au risque, parfois, de voir l’exaspération prendre le pas sur la loi. 

Mayotte : une naissance dont ils se souviendront

Une naissance dans la rue, ce n’est pas si courant. C’est pourtant ce qu’ont vécu Jonathan et Mouna, lundi 18 mai, date à laquelle Sarah, leur petite fille, a décidé d’arriver. Un évènement auquel ont participé quelques passants, sur les lieux par hasard. Et quand s’improvise une chaîne de soutien, cela donne une belle histoire. Récit. 

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Les chiffres qui rendent le confinement compliqué à Mayotte

On le sait, le confinement à Mayotte est rendu d’autant plus difficile qu’une grosse partie de la population vit dans des habitations insalubres, dénuées du confort élémentaire. Dans une publication diffusée hier, l’Insee rappelle quelques chiffres parlants. Résumé point par point.

Sans salaire depuis plus de deux mois, les grévistes qui avaient répondu à l’appel du syndicat CGT-Ma ont accepté l’accord proposé avec la médiation de la préfecture et de la Dieccte. Un protocole bien maigre au vu des nombreuses revendications qui avaient poussé la centaine d’employés à battre le pavé et bloquer les entrepôts…

Petit score. Après pas moins de 71 jours de grève, la médiation de la Dieccte, trois entrepôts bloqués, mais aussi des incendies de pneus et quelques Douka Bé sans dessus dessous, les salariés de Bourbon Distribution Mayotte – qui comprend les enseignes Jumbo Score, Score, SNIE et Douka Bé – ont enfin obtenu gain de cause. Enfin, tout du moins quelque chose : trente euros, en l’espèce. Un bien maigre butin, par rapport aux 150 euros réclamés à grand cris depuis le début du mouvement.

Pourtant, ce lundi, les grévistes, qui avaient rendez-vous à la Case Rochet en Petite-Terre en présence de leur direction, du préfet et des représentants de la Dieccte, ont accepté de signer ce protocole de sortie de crise, aux allures de rabais. Une fin de conflit qui s’est ficelée en seulement quelques jours : les employés avaient levé les piquets de grève vendredi soir, ce qui avait permis aux discussions de reprendre dans le calme avec le groupe de distribution.

Le statut quo a trop duré

Avant cela, et depuis une première négociation le 21 août dernier, la grève semblait au contraire s’enliser, aucune des deux parties n’ayant l’air prête à mettre de l’eau dans son vin. Côté salariés, environ une centaine sur les 540 que compte le groupe à Mayotte, mobilisés depuis le 21 juillet à l’appel du syndicat CGT-MA, l’on attendait des promesses fortes pour aligner leurs droits sur ceux de leurs voisins réunionnais, mais aussi des autres salariés du groupe – BDM, filiale de Vindémia, venant d’être rachetée par le groupe Bernard Hayot (GBH), présent dans les Outre-mer.

Le syndicat réclamait notamment une hausse de 150 euros des salaires mais aussi des chèques déjeuners d’une valeur de neuf euros, la majoration des jours fériés à 200%, des réductions de 10% pour leurs achats chez leur employeur ou encore un 14ème mois et une prime transport. Mais rien que pour la revalorisation, difficile de faire plier la hiérarchie : celle-ci ne leur proposait que 23 euros seulement. Et pas pour tout le monde… Dans l’impasse, les grévistes poursuivaient donc leur blocage, tandis que la direction refusait tout dialogue tant que les salariés en grève maintenaient leurs entraves sur les entrepôts.

30 euros et bass

Tout ça pour ça ? “Demain, on reprend le boulot”, a simplement résumé Eddine Chadhouli du service technique de BDM, interrogé à la sortie de la Case Rocher par le Collectif des citoyens de Mayotte, venu apporter son soutien aux grévistes. Déçu ? “On a quand même gagné le combat, on a tenu jusqu’au bout”, a maintenu le salarié devant la caméra. Tous les salariés de BDM – du moins ceux au niveau de la grille – repartent donc avec trente euros.

Et bass ! Ces quelques 6,60 euros de plus ne sont guère que le seul avantage obtenu par les grévistes pour ces longues journées passées sur le piquet. Certes, quelques solutions avaient déjà été apportées avant la grève, comme les quatre tickets restaurants supplémentaires et une première hausse de 24 euros. Mais après 71 jours de grève, le protocole de sortie de crise ne prévoit pas d’autres avancées significatives. Si ce n’est la possibilité, en cas de besoin, d’obtenir des avances sur les salaires pour le mois d’octobre, qui seront retenues sur les deux mois suivants. Un petit coup de pouce pour ceux qui, après plus de huit semaines de conflit, se retrouvent carrément sur la paille…

Gare aux licenciements

Le texte assure enfin les employés qu’il n’y aura pas de nouvelles poursuites judiciaires contre les fauteurs de trouble. Certaines exactions et dommages collatéraux avaient en effet pu émailler le mouvement, comme ces incendies de pneus devant le Jumbo Score à Majicavo, qui avaient conduit une école à proximité à fermer ses portes. Dernière précision apportée par le protocole : “Les sanctions disciplinaires seront mesurées.” Comprendre : pas de licenciement systématique. Mais gare, tout de même, aux quelques coups de balai…

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