Les pompiers grévistes inondent le conseil départemental

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Sur les réseaux sociaux ou dans la rue, formellement ou spontanément, les initiatives se multiplient pour répondre à la délinquance qui flambe à nouveau sur l’île aux parfums. Au risque, parfois, de voir l’exaspération prendre le pas sur la loi. 

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Nouvelle opération coup de poing des sapeurs-pompiers grévistes qui s’en sont pris cette fois-ci à leur employeur, le conseil départemental. Les soldats du feu ont aspergé d’eau le bâtiment de la collectivité et ont tenté de pénétrer à l’intérieur de l’hémicycle où se tenait une commission permanente entre élus. À ce jour, le dialogue reste compliqué entre les deux parties. Le statu quo est toujours de mise.

Scène surréaliste ce jeudi matin devant le conseil départemental. Lance à incendie entre les mains, plusieurs sapeurs-pompiers déversent des litres et des litres d’eau sur le bureau de la sécurité du Département, tandis que d’autres grimpent au-dessus du grillage. À leur pied, une ribambelle de policiers fait front pour que la situation ne dérape pas. Un peu plus bas, au niveau des escaliers de la porte d’entrée, le même scénario se joue. Cette fois-ci, de la mousse se déverse sur les forces de l’ordre et les grandes fenêtres du bâtiment, sous le regard à la fois médusé et amusé des agents de la collectivité. Entre les deux groupes en pleine action, une dizaine de véhicules se terre pour distribuer les tuyaux.

Plus accablant encore, les soldats du feu n’hésitent pas diriger leur « jouet » vers quiconque essaie d’immortaliser cette opération coup de poing. En première ligne : les journalistes des différents médias. Joutes verbales et agressions « aquatiques » s’enchaînent à notre vue, nous obligeant à nous réfugier derrière une voiture pour rester au sec… Sous le regard noir des grévistes, qui ne prennent visiblement pas conscience de leurs actes, rongés par la colère à l’égard de leur direction qu’ils jugent « méprisante ». « Ils donnent le bâton pour se faire battre », avoue le temps d’une accalmie l’un des officiers en charge du convoi des casquettes rouges depuis leur centre de Kawéni. Avant de dévoiler les délits à leur encontre, à savoir « abus de bien social » et « violence contre une personne dépositaire de l’autorité publique ».

« Cela fait la beauté de la mission »

Peu importe pour les sapeurs-pompiers qui affichent leur détermination. Profitant de la tenue d’une commission permanente entre les conseillers départementaux pour « venir leur dire bonjour et leur rappeler que nous étions toujours en grève », souligne d’un air malicieux, Colo Bouchrani, le porte-parole du mouvement contestataire. Mais, sur place, ils se retrouvent nez à nez face à « une barricade de policiers » qui les empêchent de pénétrer à l’intérieur de l’enceinte. « Il y a eu peu d’affrontements, ce n’est que l’eau. Cela fait la beauté de la mission », précise le syndicaliste. Selon nos informations, le responsable de la direction territoriale de la police nationale, Jean-Marie Cavier, se serait blessé au coude lors d’une charge et aurait terminé sa journée au centre hospitalier de Mayotte. Quid alors du message envoyé en pleine crise de l’eau ? « J’aurais bien aimé que vous parliez des difficultés auxquelles nous sommes confrontées. Nous ne construirons pas ce pays de cette manière-là. Si aujourd’hui, nous devons nous plaindre parce que quelques litres ont été déversés, je trouve cela scandaleux ! », répond du tac au tac, Colo Bouchrani, un tant soit peu remonté par ce commentaire.

Grève des interventions envisagée ?

Pour tenter d’apaiser les tensions, une délégation d’élus reçoit finalement un contingent de sapeurs-pompiers en fin de matinée pour de nouveau recueillir leurs doléances. « Doléances qui n’ont pas bougé », assure de son côté le conseil départemental. À sa sortie, pas de nouveauté majeure ! Le point de blocage reste toujours le même : l’éviction du colonel Terrien, avec qui le courant ne passe plus. Mais surtout, la collectivité rappelle que « la solution ne peut être que collective », puisque les négociations regroupent le service départemental d’incendie et de secours, l’État et le Département. Comment se sortir de cet entonnoir ? En favorisant le dialogue, « mais pour cela, il faut être au moins deux ». Or, Colo Bouchrani dénonce l’immobilisme de « ces élus de proximité que nous n’avons pas entendu depuis trois semaines ». Chacun se renvoie la balle donc. Alors pour renouer le contact, une mission de médiation vient d’être envoyée depuis Paris pour rencontrer toutes les parties prenantes dans ce conflit et faire des propositions rapides. « Peut-être que ça va aider », espère le Département. Dans le cas contraire, il est possible d’imaginer le préfet se saisir de ce dossier, même si « sa marche de manœuvre est limitée ». Dans tous les cas, il va rapidement falloir trouver un terrain d’entente, car il se murmure que les sapeurs-pompiers envisagent de durcir leur mouvement et de ne plus assurer les interventions…

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