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L’isolement, le fléau des étudiants mahorais

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La semaine dernière a été dramatique pour la communauté estudiantine mahoraise. En l’espace de quelques jours, deux étudiants originaires de Mayotte ont été retrouvés morts dans leurs logements. Les circonstances de leurs décès sont encore floues, mais une chose est sûre, l’isolement a joué un rôle prépondérant dans leur histoire, à l’image de nombreux étudiants mahorais.

Il avait 22 ans et était originaire de Chiconi… Étudiant à Montbéliard (Bourgogne-Franche-Comté), un jeune homme a été retrouvé sans vie dans son studio. Sa mort remontait à plusieurs jours et c’est l’odeur du corps en décomposition qui a alerté le voisinage. Un peu plus tôt, un autre étudiant originaire de Majicavo a été retrouvé pendu dans sa chambre à Lunéville (Lorraine). Deux drames successifs qui viennent rappeler à quel point les Mahorais qui partent étudier à l’extérieur sont vulnérables face à l’isolement et autres problèmes.

Les associations étudiantes mahoraises sont présentes et actives, mais semblent impuissantes. Même si elles multiplient les actions pour que les jeunes mahorais s’adaptent à leur nouvel environnement, ces derniers ont du mal à s’intégrer. « Nous les accueillons quand ils arrivent en métropole, nous les aidons à s’installer, mais une fois que c’est fait, ils disparaissent et ne donnent plus de nouvelles. Pourtant, les associations proposent différentes activités qui leur sont bénéfiques », assure Ibrahim M’colo, le président de Caribou Maoré. Malheureusement, force est de constater que cela ne fonctionne pas et certains étudiants se renferment sur eux-mêmes sans demander de l’aide lorsqu’ils en ont besoin. « Je pense que les associations font leur job, ce sont les jeunes qui doivent faire un effort », ajoute Ibrahim M’colo. Un effort pour s’intégrer, pour aller vers les autres ou encore pour chercher les informations qui leur seront utiles.

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Différence de culture

Les structures mahoraises assurent faire le nécessaire pour aider les jeunes qui vont en Hexagone ou à La Réunion. Sachant cela, pourquoi assiste-t-on encore à des drames ? Pour quelles raisons certains ne vont pas jusqu’au bout de leurs études ? Selon le président de Caribou Maoré, cela est dû notamment à la différence culturelle. « Nous, Mahorais, avons tendance à être réservés, nous restons dans notre coin parce que les gens ont toujours fait à notre place. Nous ne prenons pas les choses en mains, nous attendons qu’elles viennent vers nous alors qu’en métropole chacun doit se débrouiller. » De plus, certains ne maîtrisent pas parfaitement la langue française et sont victimes de préjugés qui les incitent à s’isoler davantage. « Ils ont honte, mais cela ne devrait pas être un frein. Quand nous allons ailleurs, il faut s’adapter au territoire d’accueil », rappelle Ibrahim M’colo.

Les parents aussi ont un rôle crucial à jouer. Une fois que leurs enfants quittent le nid familial, beaucoup ignorent la réalité que leurs progénitures vivent à des milliers de kilomètres. « C’est primordial que les parents suivent leurs enfants dans leurs parcours. Ils doivent les encourager à adhérer à des associations, à participer à des activités afin de mieux s’intégrer et ne pas être seuls », martèle Ibrahim M’colo. Il tient ce discours à chaque forum étudiant, à chaque fois qu’il a l’occasion d’échanger avec les familles, mais là encore, toutes ne sont pas présentes quand il le faut. « Nous demandons aussi aux familles de toujours garder le contact avec leurs enfants et de connaître leur entourage. Si un parent n’a pas de nouvelles de son enfant au bout de deux, trois jours il doit contacter ses amis pour avoir des informations, et alerter en cas de problème », ajoute-t-il. Cela peut en effet éviter des drames ou des fins moins tristes que celles des deux étudiants mahorais décédés récemment, seuls chez eux.

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