TME 2017 : La cérémonie a tenu ses promesses

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La 5ème édition des Trophées mahorais de l’entreprise (TME) se déroulait samedi 11 mars à la piscine de Koropa. Le gratin du monde de l’entreprise s’est rassemblé pour connaitre les heureux lauréats, dans une soirée placée sous le signe de l’espoir. 

Aboutie. S’il fallait résumer en un mot la cérémonie des 5èmes trophées mahorais de l’entreprise (TME), c’est le terme qui vient tout de suite à l’esprit. Samedi dernier, ils étaient 300 invités, le gratin du monde de l’entreprise mahoraise, pour assister à l’évènement de l’année dans le monde professionnel îlien. 

 

Amuse-bouches, champagne, buffet, rien n’était trop beau pour les privilégiés du soir à la piscine de Koropa. Premiers contacts ou retrouvailles, les échanges entre acteurs de la vie économique mahoraise allaient bon train. Business ou sujets extra-professionnels s’entrechoquaient dans les conversations.

 

Une fois les derniers participants arrivés, les premiers discours ont pu être entamés. Comme le veut la tradition, Laurent Canavate, directeur de publication et fondateur de Mayotte Hebdo, a introduit la soirée en souhaitant la bienvenue à l’audience. Il en a profité pour féliciter chacun des nominés de cette cinquième édition et remercier le public de sa présence.

 

Ces quelques mots étaient aussi l’occasion pour le patron de la Somapresse de rappeler l’historique de la création des TME. L’événement a été créé en 2012, alors que le contexte économique morose et les signes de la crise se faisaient sentir à Mayotte. « Nous voulions apporter un coup de projecteur sur des entreprises innovantes, dynamiques, citoyennes et jeunes, afin de les valoriser », a rappellé Laurent Canavate. 

 

Les invités d’honneur se sont ensuite succédés au pupitre: Hélène Geoffroy, secrétaire d’Etat à la Ville, Jamel Mekkaoui, directeur de l’Insee Mayotte, Ousséni Ben Issa, 7ème vice-président du conseil départemental en charge des finances, du développement économique et du tourisme, le sénateur Thani, Michel Piriou, secrétaire général adjoint des affaires régionales au sein de la préfecture et Safdar Ballou, gérant de l’enseigne du même nom. 

Hélène Geoffroy a tenu à affirmer le soutien de l’Etat envers les entreprises mahoraises dans l’accompagnement des entreprises. Un propos appuyé par Michel Piriou, qui a rappelé la contribution de l’Etat au contrat de Plan Etat-Région 2014-2020: 193 millions d’euros, dont 20 à 30M€ dédiés aux entreprises.

 

Qui dit accompagnement des entreprises dit développement du secteur privé. Alors que Jamel Mekkaoui a rappelé que la création de richesses à Mayotte dépendait aujourd’hui beaucoup du secteur public, Ousséni Ben Issa a estimé qu’il fallait trouver les moyens pour que le monde privé soit « plus attractif » que le monde administratif aux yeux des étudiants. « L’indexation n’existe pas dans le privé », a-t-il rappelé. Le directeur de l’Insee a toutefois indiqué « qu’il existait un vrai dynamisme dans les secteurs du bâtiment et du commerce. De plus, un grand nombre de secteurs d’activités n’ont pas encore été explorés. » S’appuyant également sur les fonds européens (« L’enveloppe du Feder-Fonds européen de développement régional- est de 150 M€, dont 1/3 est consacrée l’accompagnement des entreprises »), Michel Piriou a estimé que « Mayotte devrait décoller et devenir une place forte pour l’activité ». 

 

La remise des trophées a débuté avec la catégorie Jeune entreprise. Le prix a été décerné dans cette catégorie à Big Réparation. Cette société créée en 2011 est spécialisée dans la réparation et de recyclage d’équipements électroménagers. Le gérant, Hazali Chouanybou, se bat depuis cinq ans pour limiter l’impact environnemental des déchets électroménagers sur Mayotte.

 

MAP s’est quant à elle vue remettre le prix de l’entreprise citoyenne pour son engagement au quotidien pour Mayotte. Dans son activité tout d’abord: l’assainissement. Mais aussi sur la question de la jeunesse. L’entreprise n’hésite ainsi pas à recruter en priorité des jeunes en difficulté.

 

Dans la catégorie entreprise innovante, c’est Austral 360 qui a obtenu le Graal. Portée par Patrice Roux et Denis Liger, cette société a pour ambition de réaliser, sur l’île aux parfums, des vidéos à 360 degrés utilisant les dernières technologies de pointe dans le domaine de la réalité virtuelle. 

 

Le prix de l’économie sociale et solidaire, un nouveau trophée cette année, a par ailleurs été attribué à Tifaki Hazi. Structure d’insertion par l’activité économique, contribuant activement au développement social et solidaire de l’île, Tifaki Hazi existe sur le territoire de Mayotte depuis 1998. En 2016, l’association a accompagné 336 demandeurs d’emploi, qu’elle a placés dans 197 entreprises et chez des particuliers. 

 

MIM (Maintenance industrielle mahoraise) a de son côté remporté le prix de l’entreprise dynamique. Un beau succès pour cette entreprise qui fête ses 20 ans cette année. C’est ainsi que, de son cœur de métier historique – la manutention – MIM s’est peu à peu diversifiée. Vente et location de véhicules lourds, BTP, services : autant de domaines conquis par MIM, avec toujours le même état d’esprit, à savoir le sérieux dans la démarche. 

 

Le prix spécial du jury a été décerné à Moïse Issoufali, pour qui l’entreprenariat est une histoire de famille. Sa famille d’origine indienne s’est installée à Mayotte en 1865. Son père, Paul, a créé dans les années 1960 la première agence de représentation aérienne. Moïse, déjà à l’époque, prêtait main-forte à son père et aux cinq salariés de l’agence. Aujourd’hui à la tête du groupe Issoufali (représentation de compagnies aériennes et Handling), il reste très attaché à Mayotte. 

 

Enfin, Yacine Chouabia, président du directoire et directeur général d’EDM, a été désigné « Manager de l’année ». Trois ans après son arrivée à la tête d’Électricité de Mayotte (EDM) Yacine Chouabia, ingénieur de formation et titulaire de deux Master of Business, respectivement de la London Business School et de l’université de Columbia, à New-York, a su insuffler son souffle à l’entreprise, à la fois à travers le lancement de grands projets en termes de production d’énergie, mais aussi via des actions à destination des particuliers et des collectivités. 

Yacine Chouabia a profité de la remise du prix pour délivrer un message d’espoir à tous les acteurs de l’économie mahoraise, en citant ces quelques mots de l’ancien boxeur Mohamed Ali: « Impossible n’est pas une fatalité, c’est un défi. Impossible est une chance. Impossible est provisoire. Impossible n’est rien ». 

 

 

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