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D’handicapé à handicapable

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Ambdi Ousséni-Coco est un jeune mahorais qui a grandi en métropole. Devenu paraplégique à la suite d’un accident de plongée en 2012, il combat à présent les préjugés liés au handicap. Pour cela, il va réaliser un tour de l’île de Mayotte en fauteuil roulant du 20 au 31 mars. Mayotte Hebdo est parti à sa rencontre dans les locaux de l’ACE afin qu’il nous parle de son parcours. 

 

Ambdi Ousséni-Coco, surnommé « Docteur Léo », est un jeune homme de 27 ans ambitieux. Et plein de bonne volonté. Devenu paraplégique à la suite d’un accident de plongée en 2012, il vit aujourd’hui à Hamjago, village situé dans le Nord de l’île. 

 

Ambdi Ousséni-Coco estime qu’il a eu deux vies : l’une, passée, lorsqu’il était encore valide, et celle d’aujourd’hui. 

 

Sa première vie de valide 

 

Ambdi était animateur et artiste de hip-hop/reggae, et commençait à se faire connaître auprès du grand public. Il raconte: « En 2009, j’étais animateur et je m’épanouissais dans mon métier. J’avais commencé à écrire un morceau de musique sur la discrimination où je défendais la cause des handicapés, sans forcément prendre le sujet au sérieux. En 2012, j’ai décidé de reprendre ce titre avec d’autres artistes ». Peu de temps après survient son accident de plongée, qui le rendra paraplégique. Pour le jeune homme,  »il n’y a pas de hasard, ce qui est arrivé devait arriver. Cet accident n’est pas une coïncidence. » 

 

Sa deuxième vie « d’handicapable » 

 

A la suite de son accident, Ambdi a passé six mois dans un Centre de réadaptation à Lay Saint Christophe (54), près de Nancy. Il est tombé dans une forte dépression, d’autant que l’ambiance négative qui régnait autour de lui au centre ne l’aidait pas à surmonter cette difficile épreuve.

En juillet 2013, le jeune homme décide alors de rentrer à Mayotte auprès de sa famille et de ses proches.  »C’est là que je découvre ce que c’est que d’être handicapé. Tu deviens visible et à la fois invisible, tu existes mais tu n’existes pas, les yeux sont constamment rivés sur toi. J’ai alors découvert la solitude. » De ce fait, Ambdi ne voulait pas sortir de chez lui, honteux d’être handicapé. Mais grâce à son kinésithérapeute, le jeune homme trouve la force de franchir le cap. 

 

Néanmoins, le jeune homme voulait retourner en métropole mais après une multitude d’imprévus, il comprit que sa place était ici, auprès de ses proches, sur l’île.

 

 »Il faut donner un sens à sa vie », estime Ambdi, qui, entouré de sa famille et de ses amis, trouve la force de devenir un « handicapable ». En effet, il explique que  »ce n’est pas parce que je suis en fauteuil roulant que je ne suis capable de rien. Bien sûr j’ai besoin d’aide si je veux attraper quelque chose qui se trouve dans un placard en hauteur, mais je suis capable de beaucoup d’autres choses. La preuve aujourd’hui, je vais faire le tour de l’île en fauteuil roulant (du 20 au 31 mars, ndlr) ». 

 

Tour de Mayotte en fauteuil roulant 

 

Un projet né l’année dernière, et destiné à sensibiliser la population mahoraise sur le problème de l’accessibilité aux handicapés sur l’île. Ambdi contacte à ce titre Handicap International, qui ne lui répond pas. Heureusement, il reçoit le soutien de l’association ACE (Apprendre et Construire Ensemble). Il considère aujourd’hui cette association comme sa deuxième famille. 

« Le sens de ma vie, c’est faire le tour de l’île pour montrer non pas l’handicapé mais l’handicapable que je suis. Mayotte est en souffrance et si je peux contribuer à la faire évoluer, j’y consacrerai toute ma vie ». Le jeune homme plein d’enthousiasme aimerait que ce tour de l’île fasse du bruit dans le monde entier. Ambdi n’a aucune appréhension en ce qui concerne les quelques 150 kilomètres qui l’attendent. Sa famille et ses amis seront ainsi présents pour l’épauler et lui donner le courage d’avancer et de dépasser ses limites.  »Je ne suis pas sportif, je m’entraîne un minimum », explique-t-il. »Je sais que je vais être essoufflé et fatigué et que ça va être dur, mais mes proches seront là. Un de mes amis dit que tous unis on va plus loin, et il a totalement raison ».

C’est la solidarité qui va primer dans cette épreuve qui débute le 20 mars. »Houdhayati (présidente de l’Association départementale de parents et amis de personnes handicapées mentales) et Asmine (assistance sociale du CCAS de Bandrélé) s’occupent de nous trouver des familles pour nous héberger dans les villages-étapes », précise-t-il. 

Ambdi ne perd jamais espoir et continue d’avancer sur son ambitieuse lancée. Dans le futur, il souhaite mettre en place un nouveau projet nommé « TMF Show ». Le concept? « Docteur Léo » ne souhaite pas encore le dévoiler. Mais avec le temps…

 

Portrait chinois :

Si je devais être un sentiment,  je serai l’amour.

Si je devais être un sport, je serai l’athlétisme.

Si je devais être un animal, je serai un aigle.

Si je devais être une chanson, je serai  »Elle en vaut la peine », d’Ambdi et Souf.

Si je devais être une citation, je serai « La maladie se soigne, le handicap s’adapte »

Si je devais être une personnalité, je serai Usain Bolt.

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Mayotte Hebdo n°1093

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