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“On a besoin d’entreprises créatrices de richesses”

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À l’occasion d’une conférence de presse tenue ce lundi matin dans ses locaux, le directeur de l’Institut d’émission des départements d’Outre-mer (Iedom), Patrick Croissandeau, confirme les très mauvais chiffres de 2023 et la perte de confiance des ménages et des entreprises à la suite des turbulences rencontrées jusqu’à la fin du premier trimestre 2024, entre la crise de l’eau, les barrages et l’insécurité. Mais l’espoir d’un rebond lors du second trimestre est présent.

Flash Infos : Quel regard portez-vous sur l’économie locale en ce début d’année 2024, compte tenu des soubresauts de 2023 ?

Patrick Croissandeau : L’économie mahoraise a vécu une année 2023 difficile avec différents chocs successifs : la crise de l’eau et la montée de l’insécurité à quelques reprises. Tout cela a été difficile pour les entreprises. Notre indicateur du climat des affaires que nous publions trimestriellement a chuté de manière exceptionnelle sur le deuxième semestre de 2023 pour passer en dessous de sa moyenne de longue période. Nous n’avons pas connu cela depuis la crise du Covid-19 en 2020. Les secteurs ont été différemment et diversement impactés. En 2023, la crise de l’eau a globalement impacté le secteur de la construction. En plus de la crise de l’eau, les évènements autour de l’insécurité ont également eu des conséquences sur le secteur du commerce et le début de l’année 2024. Aujourd’hui, toute la question est de savoir si l’année qui a démarré s’est ouverte avec un nouveau choc avec le blocage de toute l’île pendant six semaines. Cela ne surprendra personne si je dis que ça a eu un impact. Comme c’était le cas en 2023, cela a impacté la confiance, celle des ménages et des chefs d’entreprises. Nous observons très clairement une baisse de la consommation avec une orientation sur les produits courants. On a une chute très étonnante des importations en 2023, des importations de bien d’équipements du foyer. Il y a de l’épargne car une perte de confiance se traduit par de l’épargne des ménages.

F.I : Quid de la suite en 2024 et bien au-delà ? Comment développer l’économie ?

P. C. : Pour la suite de 2024, ce choc du premier trimestre suivi de la période du ramadan, on a une chance à Mayotte : c’est cette demande, ce dynamisme économique avec des carnets de commandes pleins. Bien entendu, lorsqu’il n’y a pas de possibilités de travailler, les chantiers ne se réalisent pas. L’investissement des entreprises est toujours présent, ce qui montre tout de même un optimisme pour le second semestre. On a un retour à une activité, donc un retour de notre indicateur au-dessus de sa moyenne de longue période et un retour de l’investissement. Pour accompagner ce développement et ce retour à une économie qui fonctionnerait à l’identique de 2022, il y a un besoin important de projection. L’île souffre de son déficit d’attractivité mis à mal une fois encore en 2023. Je lisais dans une étude récente de France Travail que 64 % des chefs d’entreprises disent avoir des problèmes de recrutement (57,4 % des recrutements sur tout le territoire national sont jugés difficiles contre 61 % en 2023, 6 employeurs sur 10 envisagent des difficultés à recruter, selon France Travail, dont nous n’avons pas trouvé l’étude citée, N.D.L.R.). On a besoin de cette attractivité pour attirer des talents, pour attirer de la main d’œuvre qualifiée. Mais il faut aussi, et c’est un sujet majeur pour les mois et années à venir, accompagner les entreprises. On a des entreprises qui ont grandi et qui ont besoin d’être mieux structurées pour grandir encore, créer une offre productive plus importante. On a besoin d’entreprises créatrices de richesses, et pour cela, il y a ce besoin de formation de dirigeants, de formations de salariés, d’accompagnement d’une manière plus générale à la structuration des entreprises. Particularité de Mayotte, on a un déficit d’offres face à une demande qui ne cesse de croître. C’est un phénomène qui permet l’activité des entreprises mais qui ne laisse pas le temps à la structuration. Il y a peut-être des choix à faire dans le développement économique pour un développement durable. Il doit être soutenable pour les entreprises et soutenable pour les donneurs d’ordres si l’on veut un développement équilibré et source d’une concurrence normale, peut-être aussi aller vers la réduction des prix. On n’a pas de concurrence à Mayotte.

F. I. : Pourriez-vous nous donner davantage de détails concernant ce manque de concurrence ?

P. C. : Une fois encore, dans un modèle où l’offre est supérieure à la demande, on n’a pas de problématique et la concurrence va s’installer très facilement puisque le demandeur, le client, le consommateur aura la possibilité de se diriger vers une entreprise A ou B. À Mayotte, on n’est pas dans ce modèle. Ici, un consommateur ou une collectivité qui a un projet rencontre des difficultés à trouver l’entreprise pour le réaliser. L’entreprise qui n’a pas de concurrent (elles ont toutes des carnets de commandes remplis) est libre de fixer son prix comme elle l’entend. En tout cas, elle a plus de liberté pour établir ses prix. Donc, une fois encore, peu de concurrence, des prix plus élevés, la concurrence s’installe et les prix sont ramenés à la baisse. Il y a sans doute un équilibre à trouver entre l’offre et la demande, c’est pour cela que je parle d’un développement économique soutenable. Ça passe, bien sûr, par l’attractivité pour faire venir des entreprises, ça passe aussi peut-être par une demande qui doit-être ajustée pour faire correspondre au mieux l’offre à la demande. C’est le sujet de la soutenabilité du développement économique.

F .I. : Y-a-t-il un secteur spécifique pour tirer durablement cette économie vers le haut ?

P. C. : Le secteur de la construction sera pendant encore de nombreuses années un moteur important du développement de Mayotte. Je crois beaucoup au développement de l’industrie, parce qu’il y a un certain nombre de possibilités d’installations dans le domaine, en particulier agroalimentaire. C’est le premier axe le moins difficile à développer. C’est aussi l’industrie autour du domaine de la construction. La brique de terre est un bel exemple, on pourrait construire ici à Mayotte des portes et des fenêtres. Ça passe par l’installation d’entreprises industrielles. Il y en a quelques-unes dans la métallurgie mais elles sont petites. L’industrie est un secteur fortement créateur de richesses, c’est-à-dire, de valeur ajoutée produite. Et à Mayotte, celle-ci pourrait, à mon sens, devenir plus importante par le développement de ce secteur aujourd’hui peu créateur, qui participe seulement à moins de 10 % de la valeur ajoutée.

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