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Grande distribution, petites surfaces : les doukas indépendants menacés à Mayotte ?

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Les poissonneries mahoraises ont le bec dans l’eau

À Mayotte, la préfecture a autorisé le maintien des activités de pêche. Une bonne nouvelle pour le secteur, qui se retrouve maintenant confronté à un problème de stockages des produits frais. Les poissonneries et les coopératives sont aujourd’hui les premières à faire les frais du manque de structures adaptées. 

Une nouvelle enquête de l’Institut national de la stastiques et des études économiques (INSEE) analyse les lieux d’achats à Mayotte en 2018. En une petite dizaine d’années, les supérettes des grands groupes comme Sodifram et BDM (Bourbon Distribution Mayotte, qui détient les Douka bé) se sont développées, attirant davantage de consommateurs que les grandes surfaces. Lesquelles restent essentiellement prisées par les ménages à plus hauts revenus. Des disparités de consommation qui confirment les inégalités sociales et économiques du 101ème département.

Le paysage de la distribution évolue à Mayotte et avec lui, les habitudes des consommateurs. C’est ce qu’analyse une nouvelle publication de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) sur les lieux d’achats en 2018. Première conclusion : les Mahorais effectuent 55% de leurs courses alimentaires en grandes surfaces, soit nettement moins que leurs voisins de La Réunion (77%) ou que dans l’Hexagone (69%). Entre 2011 et 2018, cette part diminue même de trois points.

Les gagnants de cette tendance ? Les petites surfaces alimentaires de moins de 400 m2, qui voient quant à elles défiler quatre fois plus d’achats alimentaires qu’en France. Et parmi elles, les “petites surfaces alimentaires d’enseignes locales” se développent fortement depuis 2010. Il faut y voir sans surprise l’œuvre de Sodifram et BDM, et sa chaîne de Douka Bé, qui ont maillé le territoire avec des supérettes plus petites et plus accessibles pour tous. Ces nouvelles enseignes ont été “développées dans le courant de la décennie par les grands groupes pour atteindre davantage les populations les plus pauvres”, confirme l’étude.

 

Les épiceries indépendantes à la peine

 

Et elles commencent ainsi à faire de l’ombre aux “doukas”, ces 2.000 petites épiceries indépendantes qui détiennent en 2018 12% des parts du marché alimentaire. “Les petits doukas se font un peu manger, car ils ont une offre de produits très concentrée : quatre produits représentent 70% de leur chiffre d’affaires, or les gens ne consomment pas que ces produits-là, donc ils vont naturellement se fournir ailleurs”, développe Bertrand Aumand, chef du service régional de l’INSEE à Mayotte. Une concentration du marché qui pourrait augurer une hausse des prix ? “C’est une possibilité”, concède avec prudence le Monsieur Statistiques de l’île aux parfums. “Il ne s’agit pas là d’une enquête sur le niveau de prix, que l’on fera par ailleurs. Mais le prix n’est pas le seul facteur de détermination du choix, et là, c’est plutôt un facteur de proximité.

 

Des inégalités qui se creusent

 

Une habitude de consommation qui découle naturellement du niveau de vie des Mahorais. “Si les gens sont plus pauvres et n’ont pas de voiture, ils vont au plus près”, résume Bertrand Aumand. Seulement un ménage pauvre sur dix dispose d’une voiture, contre huit sur dix pour les ménages plus aisés. Les familles les plus précaires vont donc faire leurs courses à pied ou en taxi, ce qui limite les déplacements. Et c’est l’une des autres clés de lecture de l’étude : si les ménages consacrent en moyenne 24% de leur budget en produits alimentaires – huit points de plus qu’en France métropolitaine et dans les autres DOM, mais aussi trois points de moins qu’en 2011, en lien avec l’élévation du niveau de vie -, ceux à très bas revenus y sacrifient deux fois plus de leur budget que les ménages non pauvres : 36% soit 210 euros par mois, contre 17%, qui représentent 410 euros par mois pour les plus riches.

En gros, les écarts de richesse restent considérables – et se creusent d’ailleurs, comme l’avait déjà démontré une enquête antérieure en juillet 2020 – et cela se traduit dans les types de consommation. “Les plus aisés vont plus facilement faire leurs achats en grande surface, c’est quasiment trois points de plus que les plus bas revenus, c’est énorme !”, souligne le chef de l’INSEE Mayotte. Des ménages plus riches, qui vont aussi pouvoir effectuer leurs achats hors alimentaires à l’extérieur du département, en France ou à l’étranger. C’est notamment le cas pour les téléphones portables, qui étaient encore deux fois plus chers à Mayotte que dans l’Hexagone en 2015. De même pour l’habillement, qui représente une part deux fois plus élevée du budget de ménages mahorais qu’en métropole ou dans les autres DOM.

Quant aux produits frais, poisson, fruits et légumes, manioc et fruit à pain, ce sont encore les marchés ou marchands ambulants des bords de route qui sont les plus prisés, même si l’enquête note un léger infléchissement depuis 2011, au profit des petites surfaces alimentaires. Une donnée qui illustre la difficulté à formaliser certaines filières.

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