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Barrages : Un port de Longoni « complètement saturé »

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La permission de samedi dictée par les barrages filtrants aux abords de Longoni, sur la route de Kangani, carrefour Milou et Bandraboua, ne suffit pas à désencombrer le port. Le gestionnaire Mayotte Channel Gateway (MCG) « pousse les murs », par manque de place.

« Où on trouve un trou, on met un conteneur », tempête Ida Nel, présidente de Mayotte Channel Gateway (MCG), société exploitante du port commercial de Longoni. À cause des barrages, les conteneurs s’empilent sur le quai. Il est encore difficile ce mardi de les évacuer pour les acheminer sur le territoire mahorais. Les barragistes de Longoni, sur la route séparant la commune de Kangani, expliquent pourtant que, depuis le 4 février, les camions transportant des marchandises pour le réapprovisionnement alimentaire peuvent traverser le week-end, conformément à la charte des Forces vives. « Ce n’est pas suffisant », rétorquent la présidente et le directeur d’exploitation de MCG, ainsi que le commandant du port.

« On est complètement saturé. Un bateau est arrivé ce matin, on essaie de mettre sur les côtés mais on n’a plus de place. On pousse les murs », décrit Nahum Daroussi, responsable d’exploitation MCG. 460 conteneurs s’ajoutent ce mardi à un quai déjà « inondé » de stocks où il faut pourtant conserver des allées pour circuler. « Les grues déchargent plus vite que le sol n’est rangé. Le client va décharger mais la boîte est encore sur le quai », précise-t-il, ajoutant que depuis les contestations, « tous les navires ont réussi à être déchargés ».

Mais impossible de compartimenter correctement les « milliers » de conteneurs selon leur catégorie, renseigne la présidente qui informe devoir stocker les matières dangereuses au-delà des cinq jours prévus par la réglementation.

Si le gestionnaire confirme que les camions peuvent passer les barrages le samedi, « la circulation est quand même difficile », informe le directeur d’exploitation, en lien avec les transitaires sous-traités. Et une fois arrivés devant l’un des barrages (Longoni, carrefour Milou et Bandraboua), il faut encore attendre que les bloqueurs consentent à ouvrir l’accès. Sans compter le phénomène de « racket » que dénonce la présidente, expliquant que « régulièrement », des personnes réclameraient aux chauffeurs la somme de cent euros pour passer.

« Le personnel n’en peut plus »

Samedi dernier, seulement cinquante conteneurs ont pu être sortis du port là où, en temps normal, toute la semaine, la société parvient à rentrer et sortir environ 90 conteneurs par jour. À ce jour, trente conteneurs sortent du port, du lundi au vendredi, mais restent bloqués dans la zone de Vallée 2, Vallée 3, en attendant que des agents puissent traverser pour venir les chercher. « Mais une fois livrés, il faut encore que des agents soient présents pour décharger… », précise la présidente. Quoi qu’il en soit, « les conteneurs ne rentrent plus », au port par la terre.

« On est à flux tendu », détaille Ida Nel. Jusqu’à ce lundi, les trois quarts de l’effectif de MCG pouvaient venir travailler grâce à des navettes maritimes mises en place par l’entreprise. Désormais, de nouvelles navettes partent chercher des salariés habitant Sada, Acoua et Tsingoni. Tandis que d’autres doivent « marcher trois, quatre kilomètres pour arriver au travail ». Alors travailler le samedi, comme cela a été fait au port samedi 17 et 24 février… « Le personnel n’en peut plus. Ce que les barragistes ne comprennent pas, c’est qu’il faut environ une trentaine de personnes pour transporter la marchandise », entre ceux qui s’occupent des factures, de réceptionner les boîtes, ceux qui doivent aller les chercher puis rouler.

La société devrait quand même pouvoir profiter d’une petite accalmie : des transbordements doivent partir vers d’autres pays et aucun arrivage, conditionné par les commandes des entreprises, n’est prévu la semaine suivante. Les tarifs de stockage au port pour les commerçants restent, eux, les mêmes : gratuité les cinq premiers jours pour un conteneur « sec » et 30, voire 60 euros, au-delà de 30 jours selon le tonnage. Pour les frigorifiques : de 60 euros le premier jour à 110 euros dès le trentième.

« Six barragistes bloquent toute l’économie de Mayotte », hallucine Ida Nel, en contact avec le directeur de cabinet de la préfecture, Aurélien Diouf, qu’elle dit « harceler ». La femme d’affaires espère que le nouveau préfet « fera son boulot » en levant les barrages.

Livraisons de gaz suspendues par Total

Les barragistes de Longoni déclaraient, lundi, laisser passer les fournisseurs de carburant et de gaz, comme le stipule la charte des Forces vives. Dans la réalité, Total a pris la décision de suspendre les livraisons pour ne livrer que Longoni, « tant qu’il n’y aura pas l’assurance de pouvoir passer ». Après « une ou deux tentatives » de passer à Majicavo et Kawéni, la semaine passée, la directrice de communication de Total pour Mayotte déclare : « Les chauffeurs sont descendus pour négocier car la personne que l’on a au téléphone [qui assure que c’est possible] n’est pas forcément le barragiste que l’on a en face. Or, on a une responsabilité », développe-t-elle. « Ces chauffeurs transportent de la matière dangereuse. Ce n’est pas comme transporter de la farine. »

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