Avec Mudu, le rappeur Reed Blowz voit les choses en grand

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Flou artistique autour des arts de la scène

Les artistes et intermittents du spectacle ne peuvent, à Mayotte, prétendre au statut juridique spécifique pourtant de vigueur en métropole, du fait de l’application tardive du droit du travail dans le 101ème département. Une situation qui complique encore un peu plus l’avenir de ces professionnels, souvent écartés des décisions politiques.

 

Au détour d’une vadrouille sur l’île, vous avez sans aucun doute aperçu dix grands panneaux publicitaires pour annoncer la sortie du son Mudu. L’origine de cette campagne de communication ? Reed Blowz, un jeune artiste mahorais qui fait vibrer toutes les générations avec les premiers extraits de son EP intitulé Rissala. Rencontre avec un jeune homme qui entremèle ambitions personnelle et collective.

Originaire de Kawéni, Reed Blowz a toujours été un artiste. Danseur à ses débuts, puis topliner, il commence à chanter plus tard, avec un groupe d’amis. En 2018, à l’époque toujours dans son groupe, il sort son premier son solo, Bastui. Rapidement un succès, le son comptabilise trois ans plus tard plus d’un million de vues sur Youtube. “Ca a explosé, mais je ne me voyais pas encore dans la notoriété”, se remémore Reed Blowz. Car sur un territoire aussi petit que Mayotte, un visage ne reste jamais inconnu très longtemps… Pas encore prêt à enchaîner les selfies en pleine rue avec ses fans, le jeune homme préfère se recentrer sur lui-même et sa famille, dans l’optique de déterminer ses ambitions et de choisir le chemin qu’il voulait suivre.

 

Pallier la méconnaissance du milieu musical sur l’île

 

Pour trouver sa voie, Reed Blowz suit donc plusieurs formations “pour comprendre ce monde”. Rapidement, il déplore le manque de connaissance sur l’industrie musicale. Et selon lui, à cause de ces lacunes, beaucoup de jeunes mahorais se font avoir. “On me proposait des contrats, mais dans les petites lignes, je comprenais que moi, je ne ferais pas d’argent”, raconte le rappeur. Alors pour changer la situation et inverser la tendance, il prône une certaine solidarité entre les artistes de l’île aux parfums. “Est-ce qu’on a le luxe de se chamailler alors que dans le top 200.000 Billboard il n’y a pas un Mahorais ?”, s’interroge Reed Blowz pour défendre sa position. Et c’est justement pendant cette période de flou que l’envie de créer un label taraude l’esprit du jeune papa. Un projet qui se concrétise aujourd’hui avec Rissala Records. Un label indépendant, dont le premier titre est le fameux Mudu, sorti le 15 mai dernier.

 

Une promotion en grand

 

Mudu”, qui signifie “noir”, est un son aux paroles engagés contre le colorisme à Mayotte. “Je ne voulais pas de victimisation ! Je voulais simplement exprimer la fierté d’être noir.” À travers ce titre, Reed Blowz cherche à sensibiliser sur le sujet, qui est complexe et presque tabou dans le 101ème département. Car oui, le shimaoré comporte de nombreuses expressions qui s’attaquent à la couleur de peau, en fonction des carnations. Peu importe les reproches et les raccourcis sur son éventuelle “musique communautaire”, il se lance dans cette chanson, qui lui tient tout bonnement à cœur.

Pour cela, il met même les petits plats dans les grands ! Loin de se contenter d’une banale promotion sur les réseaux sociaux, Reed Blowz préfère faire poser des Mahorais et des Mahoraises, vétus d’un tissu africain, devant un banga. Dix de ces photos se trouvent actuellement aux quatre coins de l’île : certaines à Kawéni, d’autres à Chirongui, sans oublier la Petite-Terre… Cerise sur le gâteau, l’artiste décide d’organiser une interview en live sur Instagram, le jour de la sortie de son titre. La veille de la sortie de son clip. “Je voulais montrer qu’on pouvait faire mieux que ce qu’on fait sur l’île, pour que la barre soit poussée plus haut par les autres”, insiste le rappeur, derrière ses lunettes. Un pari réussi pour le moment puisque le clip de Mudu comptabilise déjà 80.000 vues sur Youtube.

 

Un son qu’on entend partout sur l’île

 

Après deux ans d’absence, Reed Blowz revient avec le titre Tsena en décembre 2020. De retour sur l’île, le rappeur renoue avec son public. Et le son devient rapidement viral avec plus de 800.000 vues, en l’espace de quelques mois ! Intergénérationnel, Tsena se retrouve aussi bien dans les soirées des plus jeunes que dans les radios des plus âgés. “J’ai laissé mon public faire ma promotion”, sourit l’artiste. Et avec Mudu, il espère recevoir un tout aussi bel accueil de la part de ses admirateurs. C’est d’ailleurs un point sur lequel Reed Blowz souhaite insister : au-delà de son équipe, en qui il a totalement confiance, il est fan de son public, qu’il qualifie de “très respectueux”. Ne reste plus qu’à finaliser son EP intitulé Rissala, dont la date de sortie reste encore inconnue. Entre le lancement du label et sa carrière musicale prometteuse, le jeune homme de 28 ans n’a pas fini de faire parler de lui.

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