Bodo : un nouvel album 100% made in Mayotte

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Flou artistique autour des arts de la scène

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Roho qui signifie coeur est le titre du nouvel album de Bodo. Il sort ce vendredi 30 octobre et fera certainement parler de lui. Des sonorités africaines, comoriennes, mahoraises qui accompagnent des sujets chers à Bodo. Le chanteur parle de la relation entre Mayotte et les Comores, de la situation sociale sur l’île ou encore de l’amour. Cet album est un melting-pot des inspirations de l’artiste.

Flash Infos : Pourquoi avoir appelé votre album “Roho” ?

 Bodo : J’ai appelé l’album Roho parce que j’estime que le coeur est le moteur de tout être humain. À travers cet album, je voulais dégager tous les sentiments qu’un coeur peut ressentir : le bonheur, l’amour, la joie, la tristesse, etc.

FI : Quels types de sonorités peut-on retrouver dans album ?

 B. : Dans cet album, j’ai mis en avant l’afro mgodro, c’est-à-dire que j’ai pris les sonorités africaines et je les ai mélangées avec du mgodro. On a aussi les rythmiques de l’Afrique de l’est, le bongoflava, de l’afro house. La couleur de l’album est presque basée sur l’Afrique. On retrouve aussi quelques rythmiques caribéennes, un peu de zouk et bien sûr du rap parce que j’ai commencé avec le rap.

FI : Qu’est-ce qui vous a le plus inspiré pour ce projet ?

 B. : Dans mes chansons, je parle beaucoup d’amour mais aussi de la société, de la vie de tous les jours des Mahorais. Les artistes ne sont pas là que pour divertir ou parler d’amour. On doit aussi parler de ce qui ne va pas et proposer des solutions.

FI : Vous considérez-vous comme étant un artiste engagé ?

 B. : Oui, on peut dire ça ! Mais ma mission principale est de faire en sorte que tout le monde s’aime. Dans mes chansons, je demande aux gens d’arrêter de se détester, de s’unir, de s’aider parce qu’ensemble, on peut aller plus loin. Il y a un titre dans l’album qui s’appelle “Wana wa masiwani” (enfants des îles) où je parle de la situation des 4 îles de l’archipel des Comores. J’ai invité 4 artistes et chacun donne son avis sur la situation.

FI : Vous n’avez pas peur de parler d’une situation encore bien délicate pour les Mahorais ?

 B. : J’ai toujours évité de prendre position, mais je pense qu’il est temps que j’intervienne. Et je pense être bien placé pour le faire, parce que je suis né à Mayotte, mon père est de Pamandzi et ma mère vient de Mohéli. Je ne l’ai jamais dit mais je suis le fruit d’une union entre un Mahorais et une Comorienne et on ne peut pas me demander de choisir entre mon père et ma mère. C’est un message pour les deux communautés, chacune doit respecter l’autre, même s’il y a eu divorce.

FI : Comment s’est déroulée la préparation de l’album ?

 B. : Cela fait 2 ans que je prépare cet album. J’ai écrit tous mes textes. Je suis auteur, compositeur, interprète. C’est un projet 100% made in Mayotte. J’ai tout enregistré ici, et tous mes clips sont également tournés sur l’île. Je travaille avec des jeunes talents mahorais qui sont l’avenir de Mayotte. Mon dernier clip a été réalisé par Naftal Dylan. Je travaille avec un ingénieur du son formé par le collectif 10/15 de Petite-Terre.

FI : Vous avez tout enregistré à Mayotte alors que souvent les chanteurs partent à l’extérieur pour réaliser leur projet. Comment avez-vous fait ?

 B. : Les artistes mahorais ont tendance à partir à La Réunion, à Madagascar ou en métropole pour enregistrer, parce qu’on n’a pas tout ce qu’il faut ici. Par exemple, on n’a même pas d’ingénieurs du son. Nous, on a eu la chance d’avoir eu un jeune qui a bénéficié d’une formation avec le collectif 10/15 qui me l’a mis à disposition.

FI : Comment financez-vous ce projet ?

 B. : L’ensemble du projet doit coûter 60.000 euros. C’est le budget qu’on a estimé pour atteindre notre objectif qui est le disque d’or. Actuellement, on est à 20.000 euros et on doit rassembler 40.000 euros pour développer la stratégie et atteindre les 50.000 ventes nécessaires pour le disque d’or. On a demandé des subventions au conseil départemental, à l’intercommunalité de Petite-Terre, à la marie de Pamandzi, à celle de Labattoir, et à l’office culturel de Petite-Terre, parce que c’est un projet de Petit-Terriens. Je suis aussi en co-production avec le collectif 10/15, on partage les dépenses.

FI : À Mayotte, on n’a pas encore cette culture d’acheter de la musique, quel est votre stratégie pour obtenir le disque d’or ?

 B. : On ne vise pas que Mayotte. On s’attaque aussi aux marchés régional et national. On sait qu’à La Réunion, il y a une grosse communauté mahoraise. On cherche à avoir des points de vente dans toute la France, et on opère une stratégie pour chacun. Par exemple, Madora sera un point de vente, et à chaque achat de l’album, il y aura un parfum offert. On mise aussi sur notre communication et la qualité de mes clips.

FI : Arrivez-vous à vivre de votre musique ?

 B. : Non, j’ai un autre métier à côté. Actuellement, il est impossible de vivre de sa musique à Mayotte, c’est la raison pour laquelle nos grands artistes tels que M’Toro Chamou ou Baco vivent à l’extérieur. Mais j’aime tellement ce que je fais que je continue dans le but un jour de pouvoir vivre de ma passion.

FI : Quel est la suite pour vous ?

 B. : On continue nos actions, on va sortir des clips de haute qualité. Mon équipe et moi souhaitons mettre en place une tournée, mais avec la situation sanitaire on ne sait pas encore comment on va s’y prendre. Il s’agira en premier lieu d’une tournée locale, ensuite une autre dans la région (Madagascar, Réunion, Maurice, Comores) et enfin une à l’échelle nationale. Mais tout dépend de ma communauté, j’ai besoin qu’elle me soutienne. C’est la communauté qui donne une visibilité à l’artiste.

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