100 % NUMÉRIQUE, WEB, MOBILE, TABLETTE

Les infos de Mayotte depuis plus de 20 ans !

Un manque de structuration criant dans le secteur agricole mahorais

À lire également

À l’image de Latouldine, la nouvelle génération mahoraise à la main verte

À Barakani, le jeune agriculteur Latouldine Madi cultive les terres de ses grands-parents avec amour et passion. Respectueuse de l'environnement, son activité est en...

Pépinière, poulailler, ferme pédagogique, concept-store : Maoraland dévergonde le milieu

En parallèle de son métier d'institutrice, Nasra Abdou s'est lancée dans l'agriculture en créant Maoraland à Kahani où se trouve une pépinière et un...

L’éclosion parfumée du pôle d’excellence rural de Coconi

À Mayotte, encore plus qu'ailleurs, il faut savoir prendre son mal en patience pour voir émerger un projet. Celui du pôle d'excellence rural à...

Avec l’agriculture syntropique, le savoir pousse et les mentalités changent à Coconi

Dans le cadre de la formation Concevoir son projet et son système agricole avec la permaculture et l’agroforesterie successionnelle, les intervenants Steven Werner et...

Le syndicat des Jeunes Agriculteurs de Mayotte tenait un séminaire ce samedi 12 juin au lycée des Lumières de Kawéni. Deux grands thèmes ont été abordés lors de tables rondes : comment installer plus d’agriculteurs de manière pérenne sur l’Île et comment avoir des produits locaux de qualité et à des prix accessibles pour tous. Un constat flagrant en ressort : la filière a besoin de se structurer.

« Depuis des années, on nous répète qu’il faut développer l’installation des jeunes, mais depuis 2014 seulement cinq ont été installés ! Qu’est-ce qui bloque ? », s’écris Hichak, un exploitant agricole de l’île aux parfums. En effet, s’il semble évident pour les acteurs de la filière que l’installation et le suivi post installation soient facilités pour les jeunes agriculteurs qui souhaiteraient démarrer une exploitation sur Mayotte, les moyens ne sont pas mis en place, ni par l’État ni par le Département.

manque-structuration-secteur-agricole-mahorais

Face à ce constat, les différentes instances du territoire présentes à ce séminaire organisé ce samedi 12 juin par les Jeunes Agriculteurs ont tenté de se défendre. Papa-Maciré Diop, chargé d’opération chez Epfam, a assuré « que les choses commencent à bouger » et que « tout devrait commencer à se débloquer ». Mais les exploitants restent sceptiques, après des années de promesse sans réels changements visibles pour eux. Les structures sont toutefois de plus en plus nombreuses à proposer des formations dans le secteur agricole. Un bac professionnel et même un BTS sont désormais accessibles. Patrick Gauthier, directeur du CFA, a souligné le fait qu’un nouveau Brevet Professionnel exploitation serait disponible. Un diplôme qui se prépare en 11 mois de formation, durant laquelle les jeunes viennent avec leur projet de développement et travaille sur du concret, afin de pouvoir développer leur exploitation au plus vite.

 

La structuration de la filière comme clé pour l’avenir

 

« On a le devoir de faire sourire les gens. Je suis installé depuis 23 ans et c’est très dur. Il n’y a pas d’instances publiques, on a un lourd problème foncier et depuis la départementalisation, on nous a fait croire que ce serait plus facile alors que non », constate un exploitant, visiblement ému. Et alors qu’il s’égosille dans le micro, ses yeux brillent et ses paroles transpirent l’amour qu’il porte à son métier. Soumaila Moeve, président des JA de Mayotte, et Michel Dusom, vice-président, hochent la tête, en guise d’acquiessement. Les choses doivent bouger, et vite ! Une structuration du secteur est nécessaire, surtout que les services de restauration scolaires doivent prochainement sortir de terre et que les agriculteurs du 101ème département seront naturellement sollicités pour répondre à ce nouveau besoin en nourriture.

Pour produire une alimentation de qualité en grande quantité, les Jeunes Agriculteurs soutiennent la création de coopératives dans différents secteurs, à l’instar d’Uzuri Wa Diza, présidée par Boinaïdi Abdallah. Une coopérative qui a vu le jour en 2018 et qui regroupe les exploitants de lait de Mayotte. Pendant deux ans, ils ont fait face à de nombreuses difficultés financières, mais ils avaient besoin de se regrouper pour s’en sortir, notamment pour lutter contre la vente informelle. En 2020, les membres de la coopérative ont pu commencer à vendre leurs produits, après avoir fait importer du matériel adapté à leurs nouveaux besoins. La création de coopératives pourrait donc être la solution aux difficultés du secteur agricole sur l’île dans l’optique de structurer la filière : de la production à la commercialisation.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1059

Le journal des jeunes

À la Une

Vers une diminution du nombre de naissances à Mayotte ?

Un nouveau rapport de l’Insee fait état d’une baisse de 2,5 % du nombre de naissances à Mayotte entre les sept premiers mois de...

Le procès du « carré réunionnais » au tribunal de Mamoudzou

Quatre hommes étaient jugés, ce mardi matin, dans une histoire de fraude au concours de la fonction publique. Les trois Réunionnais et un employé...

Les blouses blanches de Mayotte continuent de crier leur colère

Le ton est monté entre l'intersyndicale et la hiérarchie hospitalière à Mamoudzou, ce mardi, sur fond de tensions liées à l’insécurité. Conséquence, une réunion...

Crise de l’eau : « Nous sommes face à une crise majeure sur un territoire français »

A peine élus sénateurs, le dimanche 24 septembre, Saïd Omar Oili et Thani Mohamed Soilihi savent que la pénurie d’eau qui touche actuellement le...

L’eau et la chaleur dans une ville durable

Ce mardi, la deuxième journée du forum « Ville mahoraise durable » organisé par l’Établissement public foncier et d’aménagement de Mayotte (Epfam) battait son plein à...