Des blocages pour exiger un abri de bus

Des blocages pour exiger un abri de bus

Ce mardi matin, plusieurs points stratégiques de l’île ont connu des blocages en raison de barrages érigés par des jeunes, qui réclament des abris de bus pour se protéger de la pluie. Les gendarmes ont utilisé des grenades lacrymogènes pour disperser les foules et rétablir la circulation en direction de Mamoudzou. Le mobilier urbain a subi de nombreux dégâts et quelques blessés sont à déplorer.

Un épais écran de fumée noire s’échappe dans le ciel. Le pont reliant Tsoundzou I et II est inaccessible. Jonché sur le sol, un arbre empêche toute forme de circulation en direction de Mamoudzou et impose à une ribambelle de véhicules de stationner sur le bas-côté. Tout commence à 4h du matin au rond-point de Tsararano lorsqu’une poignée de lycéens décide d’ériger un barrage aux abords de leur établissement. Leur revendication : la construction immédiate d’un abri de bus pour se protéger en temps de pluie. "Certaines mamans ont aussi rejoint ce groupe pour politiser les manifestations", confie Ambdi Jouwaou, le maire de Dembéni, qui a répondu favorablement à l’entrevue exigée par les jeunes. Le mouvement prend rapidement de l’ampleur et se déplace jusqu'à Passamaïnty. Un blocage se forme à l’aide de matériaux de chantier et empêche l’entrée et la sortie dans la commune. "Je suis coincé depuis deux heures... Pour aujourd’hui, se rendre au boulot semble compromis", explique un conducteur lucide vers 8h. Dans un lotissement SIM, le gardien convie même les habitants à ne pas s’aventurer à l’extérieur pour éviter une déconvenue.

Grenades lacrymogènes et caillassages

Les affrontements entre la jeunesse et les forces de l’ordre se durcissent au fil des minutes. Soixante-dix militaires et cinquante policiers se prêtent main forte. Une pluie de grenades lacrymogènes s’abat pour répondre aux divers caillassages. L’air devient alors irrespirable et les yeux se mettent à piquer. La panique gagne du terrain et les déplacements se multiplient dans tous les sens. Aux alentours de 9h, la gendarmerie décide d’envoyer deux pelotons lourdement équipés pour reprendre le contrôle de la situation. Sur Tsoundzou I, du matériel urbain est détérioré. Éparpillés en nombre sur la route principale, les pavés obligent les automobilistes à manœuvrer avec précision. Un peu plus loin, deux poubelles, en combustion quelques secondes auparavant, laissent une empreinte sur le sol.

Peu avant midi, le calme revient après plusieurs heures de chaos sur la circonscription de Mamoudzou, mais "des actions éparses d’harcèlement se déroulent toujours sur la RN2 à Tsararano pour nous faire courir", souligne le colonel Leclercq. Les dégâts matériels sont nombreux, comme en témoignent les stigmates visibles sur la route. Du côté des effectifs, sept policiers ont été blessés dans le feu de l’action et un gendarme a été évacué vers le centre hospitalier de Mayotte. "Il n’y a pas eu d’interpellations, car le but était de rétablir la circulation", détaille le commandant Cosseron. "L’enquête est en cours pour identifier les meneurs."

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