19/12/08 - Réactions après la rencontre avec le Président Nicolas Sarkozy

19/12/08 - Réactions après la rencontre avec le Président Nicolas Sarkozy

Hamissi Assani, représentant de l’UMP

“C’est ce que Mayotte attendait depuis 50 ans”

Cette visite a été très intéressante. On nous a remis le Pacte sur la départementalisation. C’est exactement ce que Mayotte attendait depuis 50 ans. Nous serons consultés le 29 mars 2009. C’est très important et c’est une très bonne chose. Concernant, la progressivité du département, nous n’avons pas le choix. Mayotte a ses spécificités et on ne pourra pas tout faire tout de suite. On devient département progressivement, mais pour tendre vers le droit commun. Ces échéances sont normales, puisqu’il y a beaucoup de choses bloquées à l’instar de l’état civil.

 

Ibrahim Boinahery, président de l’AMM (Association des maires de Mayotte)

“Ce n’est pas un combat gagné, à Paris, auprès des parlementaires”

Le Président de la République et le secrétaire d’Etat à l’Outremer nous ont fixé une date pour le référendum. Les Mahorais attendent cela depuis 50 ans. Mayotte deviendra département après le renouvellement du conseil général en avril 2011. Pour une fois, c’est très clair. Pour la feuille de route, il y a des satisfactions et des choses à améliorer. Le Président Sarkozy nous a laissé le choix et nous a demandé de faire des propositions tous ensemble. Certains textes seront retardés, d’autres adaptés pour tenir compte des conditions de vie des Mahorais. Tout Mayotte doit contribuer à la mise en application de cette feuille de route. Ce n’est pas l’affaire de quelques uns ou d’un seul parti. Les portes ne sont pas fermées, quel que soit le sujet, à part les deux dates précitées. La départementalisation a été acceptée par le Président, par le Gouvernement, mais ce n’est pas un combat gagné, à Paris, auprès des parlementaires. La départementalisation se fera grâce à une loi et ce sont les parlementaires qui font la loi. Tous ne sont pas encore convaincus, il y a un travail de lobbying à faire auprès des parlementaires. D’ailleurs, la une de Libération “La République indigne” (NDLR : concernant le centre de rétention de Pamandzi) d’aujourd’hui (hier) n’arrive pas par hasard. Il y a 4 pages sur Mayotte et quelques lignes seulement sur la départementalisation. Je me demande si ce n’est pas une manœuvre pour empêcher le processus de départementalisation d’aller au bout.

 

Abdoulatifou Aly, député de Mayotte

“Il ya le contenant et le contenu du département”

La feuille de route et la consultation répondent très largement aux attentes des Mahorais car il y a le contenant et le contenu du département. C’est un département comme tous les autres que nous nous apprêtons à construire et c’est ce que les Mahorais ont demandé. Je suis satisfait que le Président de la République ait enfin entendu la voix des Mahorais et que cette question du département ait enfin une issue. Nous sommes en France, dans un pays démocratique et je ne comprenais pas pourquoi l’opinion des Mahorais n’était pas prise en compte. Les Mahorais vont confirmer la création du 101e département français et contribuer à la création d’une nouvelle Région ultra-périphérique européenne dans l’océan Indien.

Un projet de texte est toujours perfectible. Il y a des améliorations à faire. Les Mahorais sont impatients, les retards sont trop nombreux. La population est devant de vrais problèmes : état civil, social, économie, éducation, etc. On souhaite que les choses aillent très vite. Mais ce qui nous a été présenté est la meilleure des solutions que l’on nous ait jamais proposée. Quant à la une de Libération, depuis 2004 je dis qu’il ne faut pas que Mayotte soit la fille indigne de la République. Quelque part ce qui est dit sur le centre de rétention est vrai. Il y a des choses qui donnent une mauvaise image de Mayotte et de la France. La France est quand même le pays des Droits de l’Homme. Nous devons avoir un comportement normal. De nombreux efforts ont été faits, mais il reste beaucoup à faire au centre de rétention, à la prison et au niveau du comportement de certains policiers. Ce qui s’est passé à Bouéni récemment, c’est une dérive. On doit se hisser à la réputation de la France et balayer devant notre porte.

 

Ibrahim Aboubacar, conseiller général, représentant du Parti socialiste

"Beaucoup de choses restent encore à préciser"

Beaucoup de choses restent encore à préciser, sur l'organisation administrative, les moyens du développement économique, la question qui sera posée… Quant aux dispositions sociales, il serait souhaitable que l'on puisse encore y travailler. En revanche, nous avons reçu des solides assurances sur le processus de départementalisation en lui-même et ça c'est l'essentiel. Quant au reste, le combat continuera.

 

Soibahaddine Ibrahim, sénateur de Mayotte

"Le Président a tenu sa parole, le Gouvernement ses engagements et j’en suis satisfait"

Le Président de la République s’était engagé triplement sur la départementalisation. Tout d’abord par sa Lettre aux Mahorais avant son élection. Le 1er juillet 2007, il a réaffirmé que les Mahorais seraient consultés et le 23 janvier 2008 il y a eu le dépôt d’un texte en ce sens au Conseil économique et social. Mardi, il a annoncé solennellement à l’Elysée devant les élus mahorais qu’il y aurait une consultation. Quoi de mieux que de tenir sa parole devant des élus comme Marcel Henry qui se sont lancés dans ce combat depuis 50 ans ?

Le préfet sera chargé de recueillir les observations des élus concernant la feuille de route. Il y a un certains nombre de questions qui ne sont plus négociables. Quand Yves Jégo viendra les 8 et 9 janvier, le préfet lui fera parvenir nos observations. Le Gouvernement s’est engagé à participer à une action de communication sur cette feuille de route. En revanche, il s’abstiendra de faire campagne. Le Président a tenu sa parole, le Gouvernement ses engagements et j’en suis satisfait. Quant à la question, elle sera courte et simple et ne sera pas associée à un texte. Le Président la dévoilera lorsqu’il viendra à Mayotte vers la fin février.

Propos recueillis par Faïd Souhaïli

Abonnement Mayotte Hebdo