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Quand Mayotte a perdu son Mzé en 2007

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Younoussa Bamana, né le 10 février 1935 à Kani-bé, s’est éteint le vendredi 22 juin 2007 au petit matin à Mamoudzou. Considéré comme le père de Mayotte moderne, cet instituteur en fut préfet d’août à mai 1976 (« seul préfet élu de la France » avait rappelé Jacques Chirac le 20 mai 2001 à Sada), premier député de la collectivité territoriale du 13 mars 1977 au 22 mai 1981 et surtout président du conseil général du 6 juillet 1977 à avril 2004. Le 14 avril 2006, il est désigné président d’honneur du conseil général. Il avait commencé sa carrière politique à 23 ans, comme conseiller général à l’Assemblée territoriale des Comores. Il fut élu député des Comores le 20 août 1967 et président du conseil de circonscription de Mayotte en 1969.

Combattant inlassable pour Mayotte française et la départementalisation de l’île, il avait été emprisonné 40 jours en 1973 par les autorités comoriennes et pour l’intérêt de Mayotte avait refusé de suivre les autres îles de l’archipel dans « l’aventure de l’indépendance », à contre-courant de l’histoire lui reprochait-on à l’époque. « Je ne veux pas de votre indépendance à la merde, à la con ! », avait-il coutume de dire. Très populaire, vivant modestement et retiré en brousse, dans sa case d’Ourovéni depuis 2004, il suivait très attentivement l’actualité locale. Malade, il résidait dans le centre de Mamoudzou depuis quelques semaines. Les principaux responsables politiques lui rendaient souvent visite pour recueillir ses conseils avisés.

A l’annonce de son décès ce vendredi matin, les services de la préfecture ont été fermés, toutes les manifestations sportives ont été annulées. Vers 11h, son corps a été transporté à Kani-Bé et un immense cortège s’est formé pour se rendre à ses funérailles. Il a été enterré vendredi après-midi dans son village natal de Kani-bé, en présence de milliers de personnalités et d’anonymes venus lui rendre un dernier hommage.

« C’était un beau jour pour partir »

Vendredi dernier, 22 juin, Mayotte s’est réveillée en deuil. Au petit matin, la nouvelle tombe : le Mzé n’est plus. Aussitôt, les funérailles s’organisent et Kani-Bé deviendra l’espace d’une journée, le centre d’attention de toute l’île de Mayotte.

Vendredi dernier, Mayotte s’est réveillée dans la tristesse. L’ex-président du conseil général Younoussa Bamana est décédé au petit matin dans sa maison à Mamoudzou. Aussitôt la nouvelle se répand à toute vitesse, Radio Mayotte interrompt tous ses programmes et donne la parole aux auditeurs qui souhaitent rendre hommage au Mzé. Les administrations autorisent aussitôt leurs employés à quitter le travail et mettent leurs drapeaux en berne. Les obsèques s’organisent aussitôt à Kani-Bé, son village natal. Des milliers de Mahorais, qu’ils soient notables, cadres, paysans, anonymes prennent la route pour le sud. Tout de suite, l’accès à Kani-Bé est bloqué par les gendarmes sur le CCD 4. Les plus matinaux ont pu se faufiler jusqu’au centre du village, alors que les autres en sont réduits à se garer comme ils peuvent le long du CCD 4. Certains malins ont bien essayé de se garer autour du terrain de football du village, mais cet emplacement avait été réservé aux autorités.

Les retardataires eux se retrouveront bloqués à Tsimkoura ou encore M’zouasia dans un embouteillage à la dimension de l’évènement. Vers 11 heures, une dizaine d’hommes, pelles en main, s’affairent sous un manguier à l’entrée du village. Ils creusent la tombe du Mzé, qui ne sera pas enterré au cimetière mais sur son domaine. Petit à petit la foule afflue. Certains, dont l’émotion ne peut être contenue, refusent de répondre aux journalistes, d’autres en profitent pour louer la sagesse, la pugnacité et la disponibilité de Younoussa Bamana. Sous un soleil radieux et une température idéale, tout le monde se dirige vers la maison de la famille Bamana, à proximité de la grande mosquée de Kani-Bé. « C’est un beau jour pour partir », déclare un vieil homme sur la grande place du village. « Le temps est idéal, ni trop chaud ni trop froid, il ne pleut pas, nous sommes vendredi, jour du seigneur. C’est un signe qu’Allah l’ait repris ce jour-là« , continue-t-il. Une grande ferveur s’empare de la mosquée pendant la prière du vendredi. Celle-ci est trop petite pour accueillir tous les croyants venus prier pour le premier président du conseil général de Mayotte. A l’extérieur, les femmes assises sous une bâche entament des chants religieux lancinants, exprimant la tristesse de toute une population. Si certains gardent un stoïcisme (une dignité ?) rigoureux en ne laissant pas leur visage dévoiler leurs sentiments, d’autres ne peuvent s’empêcher de craquer à l’image de l’ancien député Mansour Kamardine, qui a du mal à contenir ses larmes. Al’ombre sur l’esplanade de la mosquée, les grandes personnalités le préfet Vincent Bouvier, le sénateur Adrien Giraud, son prédécesseur Marcel Henry, Saïd Omar Oili, successeur de Younoussa Bamana à la présidence du conseil général, Mansour Kamardine, Darcaoui Toiliha, Maoulida Soula, etc. discutent paisiblement et répondent aux questions des journalistes. Quelque temps après, vers 13h30, les personnalités se rendent dans la maison de la famille Bamana autour de la dépouille du Mzé.

Un dernier daïra exaltant en l’honneur du Mzé

Ensuite le corps est disposé dans un brancard recouvert d’une étoffe verte brodée de versets coraniques puis transporté de mains en mains à l’intérieur de la mosquée. Après une brève fatiha, le brancard ressort, « flottant » dans les airs, et de nombreux hommes forment une haie d’honneur pour transporter Younoussa Bamana dans sa dernière demeure. Les 800 mètres séparant la mosquée de la tombe sont parcourus à vitesse grand V. Ceux qui étaient en début de chaîne marchent ou courent pour se remettre à l’autre bout pour avoir l’honneur de porter le corps du Mzé. Lorsque le corps arrive à la tombe, tout le monde essaie d’approcher, mais impossible de faire un pas de plus. Les membres de la famille déposent le corps entouré dans un linceul blanc dans la tombe et le recouvre soigneusement de terre.

Ensuite, la foule se disperse pour entamer un daïra, danse religieuse issue du soufisme. Un rectangle se forme et une cinquantaine de personnes se mettent à sauter et sourire en entonnant des refrains célébrant Allah et son prophète. Des « Hahahaha » accompagnés de balancements de la tête de haut en bas montrent l’état second (la transe devrions-nous dire) dans laquelle se trouvent les danseurs, parmi lesquels figurent notamment le maire de Chiconi, Abdallah Souf Safi, Nabé du service culturel ou encore Ahamed Attoumani Douchina. Certains, notamment les femmes qui commencent à rebrousser chemin, commencent à montrer des signes d’agacement car la route de Kani-Bé est bloquée. Mais peut-on oser troubler une manifestation en l’honneur du Mzé Younoussa Bamana, le jour de ses funérailles ? Cela serait un crime de lèse-majesté. Alors que les uns commencent à partir, un imam appelle Zaïdou Bamana autour de la tombe pour une dernière fatiha. Celui-ci, les yeux fixés sur la tombe de son père, fait face avec dignité. Convaincu du destin exceptionnel de son père, il sera le premier à tout faire pour que les nouvelles générations de Mahorais sachent qui était cette personnalité historique de notre île.

Retrouvez le dossier complet sur la mort et l’héritage politique de Younoussa Bamana dans le Mayotte Hebdo numéro 1050 : « Younoussa Bamana, seize ans après ».

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