Crise de l’eau : Anchya Bamana réclame des mesures d’urgence à l’État

Dans un courrier adressé le 19 octobre à la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, la députée Anchya Bamana demande le déclenchement du plan ORSEC eau potable et la prise en charge des factures pendant les coupures. Elle alerte également sur la situation financière du syndicat Les Eaux de Mayotte, alors que la délégation de service public arrive à échéance à la fin de l’année.

“Connaître les tours d’eau ne fait pas couler une goutte de plus au robinet”. Dans un courrier adressé le 19 octobre à la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, la députée de la deuxième circonscription de Mayotte Anchya Bamana, réclame des mesures immédiates face à la persistance de la crise de l’eau sur le territoire.

La parlementaire rappelle avoir sollicité le gouvernement à plusieurs reprises ces derniers mois pour demander le déclenchement du plan ORSEC eau potable. Elle déplore notamment l’absence de réponse à sa demande du 17 juillet. Ce dispositif doit, selon elle, permettre d’organiser un approvisionnement de substitution pendant les coupures. Elle demande également la prise en charge des factures d’eau des abonnés tant que les tours d’eau se poursuivent, comme cela avait été fait lors de la crise de 2023.

Des inquiétudes sur la continuité du service public

Anchya Bamana alerte aussi sur les délais de mise en service de l’usine de dessalement d’Ironi Bé, présentée comme une réponse majeure à la pénurie. Le projet reste notamment confronté à des difficultés judiciaires : le 31 juillet, le tribunal administratif de Mayotte a suspendu son autorisation environnementale et relevé plusieurs irrégularités à régulariser.

La députée s’inquiète également de la situation financière du syndicat Les Eaux de Mayotte, alors que la délégation de service public confiée à la Société mahoraise des eaux (SMAE) arrive à échéance le 31 décembre 2026. Elle demande à l’État un soutien financier pour permettre le renouvellement de la délégation et éviter une rupture du service au 1er janvier 2027.

“Les Mahorais ne s’habitueront pas à la misère”

En attendant des solutions durables, elle propose aussi d’étudier des dispositifs complémentaires, dont une barge de dessalement en mer et l’importation d’eau en bouteille depuis les pays voisins.

Dans des propos qui ne figurent pas dans la lettre, Anchya Bamana établit par ailleurs une comparaison avec la Guyane, où le préfet a activé, ce jeudi, le plan ORSEC “sécheresse” pour ravitailler en eau des communes isolées confrontées aux effets d’El Niño. “Force est de constater que ce qui est fait et possible en Guyane pour le gouvernement ne l’est pas pour Mayotte”, écrit-elle, dénonçant un “deux poids, deux mesures” et un “mépris des Mahorais”. “Les Mahorais ne s’habitueront pas à la misère”, conclut Anchya Bamana.

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