Décasage annoncé à la rivière Gouloué : « Cet endroit, c’est tout ce qu’on a… »

Aux abords de la rivière Gouloué, les occupants d’habitats informels sont plongés dans une attente douloureuse. Un arrêté préfectoral datant du 6 janvier 2026 prévoit le décasage imminent des habitants. Si certains, notamment des familles, seront relogés, beaucoup se sentent en sursis. « On n’a déjà pas grand-chose mais si on nous oblige à partir, on n’aura plus rien. Personne ne m’attend à l’extérieur… » témoigne un jeune.

Le 14 septembre 2023, Ambdilwahedou Soumaila, le maire de Mamoudzou, avait fait appel à la loi « Elan » qui permet de libérer du foncier occupé illégalement, pour amorcer le décasage. Entre-temps, une enquête de l’ARS (Agence régionale de Santé), en date du 24 janvier 2024, a révélé des risques sanitaires majeurs associés aux bangas.

Ces mesures préliminaires ont porté leur fruit. Vendredi dernier, les occupants ont appris que le décasage aurait lieu sous peu. Asad, marié et père de famille, se rappelle : « Je n’étais pas à la maison. C’est après que ma femme m’a dit que la mairie avait envoyé une lettre ». L’arrêté préfectoral prévient qu’ils ont 23 jours pour quitter les lieux. « On a peur, on s’attend à les voir débarquer à n’importe quel moment pour tout détruire. »

Une centaine de cases est menacée. Certains des occupants y vivent depuis plus de 20 ans. Des cris d’enfants résonnent de partout. Accroupies au bord de la rivière, des femmes les lavent tandis que d’autres s’occupent de la lessive. Asad, sa femme et ses enfants, y habitent depuis plus de…

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Journaliste passionnée par les sujets de société, vous me retrouverez souvent dans les rubriques éducation, santé et environnement. Quand je ne suis pas sur le terrain ou en train de rédiger un article, j'explore les merveilles naturelles de Mayotte.

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