Navettes CADEMA : un nouveau transporteur à la manœuvre

Mieux vaut tard que jamais ! La CADEMA vient de relancer le très convoité marché des navettes de bus (après une rupture avec le transporteur Optimum), cette fois en trois lots, incluant le Caribus. Filiale de la société Matis, le précédent transporteur aurait passé la main à un Groupement momentané d’entreprises solidaires (GME) issu du GIE Ouvoimoja.

Il est à nouveau question du transport en commun sur l’île ces jours-ci. Si le sujet est devenu « le joujou à la mode » des collectivités locales pour s’attirer les bonnes grâces de leurs administrés, il constitue aussi une véritable arène dans laquelle s’affrontent différents opérateurs économiques, en raison des marchés lucratifs qu’il génère. CADEMA, 3CO, bientôt le Département-Région, la communauté de communes du Grand Nord, et sans doute l’intercommunalité du Sud : la bataille fait rage en coulisses pour l’attribution des marchés de transport public.

Filiale du groupe Matis (qui domine le marché du transport scolaire à Mayotte), la société Optimum a récemment remporté le marché de transport en commun de la 3CO. Contrairement aux autres projets en cours, celui-ci présente la particularité d’être gratuit pour ses usagers depuis son lancement, même si cette gratuité pourrait évoluer à court terme. À la CADEMA, en revanche, une tout autre configuration prévaut désormais : le marché des navettes de bus a basculé au profit d’un GME.

Objet de nombreuses tensions entre le GIE Ouvoimoja — soutenu par le cabinet de conseil de Mahamoud Azihar — et ses concurrents, ainsi que de contentieux devant le tribunal administratif de Mamoudzou, ce marché avait initialement été attribué à la société Optimum, sous l’ère de Rachadi Saindou, au grand dam des opérateurs locaux. Pour une raison officiellement inconnue, une brouille persistante semble s’être installée entre son successeur, Moudjibou (maire sortant de Dembéni), et la société Optimum. Une rupture suffisamment sérieuse pour mettre fin à leur partenariat. Les causes exactes restent toutefois floues.

La transition entre les deux présidences de la CADEMA n’a cependant pas été défavorable au titulaire du marché. Entre la notification de l’annulation du marché contesté en justice et son arrêt effectif, plus d’une année s’est écoulée, ponctuée de prolongations successives. Selon des sources bien informées, le montant total aurait dépassé 1 million d’euros, des coûts jugés supérieurs à ceux pratiqués par d’autres opérateurs.

« Lorsque nous avons produit nos offres, la Commission d’appel d’offres de la CADEMA a fait durer le processus jusqu’à la limite des six mois légalement prévus. Elle ne s’est réellement mobilisée que dix jours avant l’échéance pour relancer le marché », confie l’une de ces sources.

Notifié le 23 février 2026, puis transmis au contrôle de légalité le 6 mars, le marché a finalement été scindé en trois lots : les navettes actuelles, une ligne Ongojou–Mamoudzou et le Caribus. Fait notable, aucun lot n’a été attribué aux entités du groupe Matis. Le GME Ouvoimoja aurait remporté l’ensemble.

Ce groupement devra toutefois se structurer rapidement en une entité juridiquement consolidée, à l’image du GIE Ouvoimoja. Un délai d’environ six mois sera nécessaire pour atteindre un fonctionnement optimal, notamment en raison d’exigences spécifiques imposées par la CADEMA concernant certains véhicules. Ces derniers devront permettre aux passagers de voyager debout, en s’appuyant sur des supports, à l’instar de certains transports urbains en métropole, ce qui implique l’acquisition de matériel adapté.

CET ARTICLE EST RÉSERVÉ AUX ABONNÉS

JE M’ABONNE À FLASH INFOS

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes

À la Une