Une trentaine de millions d’euros à trouver en urgence pour la remise en état de la piste aéroportuaire de Pamandzi. Le gestionnaire actuel de la plateforme se serait vu proposer une prolongation de 5 ans de sa concession qui arrive à terme en 2027, moyennant le déboursement de l’enveloppe financière indispensable que l’Etat ne souhaite pas débourser. Les compagnies aériennes qui desservent Mayotte actuellement se plaignent d’une non-conformité des bâtiments de l’aérogare au regard du trafic qui a très largement augmenté au cours des 20 dernières années.
Le groupe EDEIS qui exploite actuellement l’aéroport de Pamandzi pourrait être en situation de voir prolonger sa concession pour encore 5 nouvelles années à compter de 2027, sous certaines conditions. La plateforme qui est sujette à quantité de difficultés matériels et techniques exige de très importants investissements financiers pour retrouver son lustre d’antan, malheureusement, comme tout citoyen mahorais l’a bien compris, l’Etat central n’est absolument pas intéressé pour mettre un kopeck dans sa remise en état. D’où la diversion qui n’aura trompé que l’actuel hôte de l’hôtel de Département – Région portant sur un nouvel aéroport à piste longue dans la forêt primaire et protégée de Bouyouni, unique berceau significatif de l’agriculture à Mayotte par excellence et importante réserve d’eau souterraine qui assure l’essentielle de l’alimentation de l’île dans cette ressource vitale. Le sujet est à lui seul un long fleuve tranquille qui n’est pas près de se tarir dans les commentaires populaires et journalistes pour des décennies encore, quelque soient les affirmations actuelles de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) locale. En vérité, la bagatelle d’un peu de 30 millions d’euros serait nécessaire pour remettre en état l’actuel aéroport Marcel Henry de Pamandzi, rudement soumis aux violents vents du cyclone Chido, bien qu’assez mal en point avant ce désagrément climatique imprévisible. « La piste s’est beaucoup enfoncée par rapport à son niveau initial, et c’est très inquiétant compte tenu de la montée régulière du niveau de la mer et des conséquences indéniables des secousses du volcan sous-marins Fani Maoré situé à quelques encablures dans la direction de Madagascar », confie sous le couvert de l’anonymat, une source bien au courant de ce dossier.
Les bâtiments de l’aérogare ne seraient plus aux normes selon des compagnies aériennes
« Il faudra racler et combler la piste actuelle qui s’est affaissée de 15 centimètres en profondeur, pour ensuite la rehausser de 20 centimètres. Mais ce n’est pas tout, il existe une ravine très connue des habitants de Pamandzi, à un endroit précis sous cette piste, qui se serait réouverte sous terre et qu’il va absolument falloir gérer », complète l’informateur avisé de Flash Info. Les compagnies aériennes se plaignent de l’ensemble de ces problèmes et de la prédominance d’un vent arrière qui complique l’atterrissage de leurs appareils sur cette plateforme aéroportuaire unique en son genre compte tenu des contraintes techniques et matérielles qui la caractérise. Il est très souvent question de la résurrection d’une piste dite « convergente » qui a existé avant les années 80 en palliatif de ce problème de vent arrière. Une piste jugée chaque fois trop chère à réaliser en addition de celle existante dès qu’il s’est agit de réaliser des travaux importants sur le site.
De l’avis des avionneurs utilisant la piste d’aviation de Pamandzi, les bâtiments actuels (construits durant la concession du groupe Lavalin avant qu’il ne s’efface au profit d’EDIS) ne seraient plus vraiment aux normes, au regard de l’importance du trafic actuel, sans que la DGAC (gardienne du temple de ces normes et règlements) ne trouve à dire. Selon notre source, des discussions assez avancées auraient été engagés entre les hautes instances nationales et le groupe EDEIS pour une prolongation de 5 ans de sa concession (à compter de 2027) en contrepartie de la prise en charge des investissements globaux à consentir pour remettre l’aéroport en état. Une trentaine de millions d’euros qu’il va falloir absolument trouver avant la fin de l’année prochaine sous peine de voir retirer l’agrément d’usage de la plateforme. EDEIS n’aura d’autre choix que de contracter un emprunt à hauteur de la mise nécessaire. Il lui faudra imaginer un plan de recouvrement de ladite somme (et des intérêts assortis) probablement auprès des usagers au cours des années à venir. Une situation guère aisée pour le groupe gestionnaire de l’installation aéroportuaire qui va devoir débourser rapidement un peu de 2 millions d’euros pour terminer les travaux d’extension de l’aérogare (plus d’espace pour l’enregistrement des bagages), quasiment terminés avant le cyclone Chido. Lui aussi se démène auprès des assurances pour une prise en charge du coût estimé à un 1,5 millions d’euros, qu’il va probablement devoir assumer sur fonds propres.
Journaliste politique & économique






































