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Compagnie Zena Airlines : « Nous avancerons avec ou sans le Département de Mayotte»

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Le projet de compagnie aérienne mahoraise continue son bonhomme de chemin et les prochains mois s’annoncent rythmés et riches en bonnes nouvelles. Mais il va falloir encore prendre quelque peu son mal en patience. D’ici le lancement officiel de Zena Airlines, les frères Novou espèrent convaincre la future majorité du Département de mettre la main à la poche et font déjà face à la concurrence d’Air Austral et d’Ewa Air.

Flash Infos : En décembre dernier, vous aviez dévoilé dans nos colonnes votre intention de lancer une compagnie aérienne mahoraise. Où en est l’état d’avancement du projet Zena Airlines ?

Régis Novou : Nous allons déposer les statuts dans le courant de la semaine prochaine. La structure juridique sera créée d’ici une quinzaine de jours. Nous pourrons alors lancer la phase de certification durant l’été. Sur l’équipe de six responsables désignés, nous en avons déjà trois qui vont nous aider à porter le projet auprès de l’aviation civile. Vers la fin du mois d’août, nous serons en capacité de déposer la demande de CTA (certificat de transporteur aérien). Nous allons en parallèle rédiger nos manuels, en conformité avec la réglementation.

Dans le même temps, nous discutons avec des loueurs d’avion, qui nous ont envoyé des propositions très intéressantes. Le point concernant la location de deux appareils est bien avancé ! Le plan de flotte est prévu à moyen terme. Il pourra évoluer en fonction de la réalisation de la piste longue et du calendrier établi. Nous prévoyons de contractualiser les avions aux alentours de septembre, histoire de modifier les cabines selon notre business plan. Nous avons reçu la garantie que cette étape ne prendrait que trois mois. Pour finir, nous débuterons la campagne de recrutement des équipages vers la fin de l’année. Il faudra alors compter un peu plus de deux mois pour compléter leur cycle de formation.

Nous avons fait, entre guillemets, une pause dans nos démarches. Comme vous l’avez vu, nous sollicitons une participation du conseil départemental. Mais attention, ce n’est pas pour un financement en soi. En termes de capitalisation, nous pouvons mener à bien notre projet avec des fonds privés. Mais nous souhaitons les intégrer pour nous assurer que la stratégie de la compagnie restera à Mayotte. Même si nous sommes les gérants, nous restons avant tout les employés des actionnaires… Si la collectivité mettait la main à la poche, elle serait alors en mesure de rajouter du capital le jour où un investisseur privé voudrait détenir la majorité de Zena Airlines. Nous discuterons avec le nouveau bureau après les élections départementales pour voir si nous avancerons ensemble ou non.

FI : Mardi dernier se tenait la dernière commission permanente du Département pour cette mandature. Le collectif des citoyens de Mayotte 2018 a semé le trouble en pleine séance pour réclamer la subvention du projet Zena Airlines. Comment avez-vous vécu cet épisode ?

R. N. : Ce mouvement ne vient pas de notre fait. Nous n’en sommes en aucun cas les instigateurs. D’ailleurs, nous avons été avertis le matin-même à 9h. Les membres du collectif souhaitaient avoir l’avis des élus. Je comprends leur impatience ! Dans le cadre de réunions que nous avons pu avoir ensemble, on nous a interrogés à plusieurs reprises sur la position du conseil départemental… Pour tout vous dire, nous en sommes à la troisième demande de subvention. On nous a demandé des éléments complémentaires que nous avons fournis en début d’année. Malheureusement, quand nous voulons rencontrer les élus, tout le monde est occupé… Donc nous avançons sans le Département pour le moment. Et visiblement, c’est là que le collectif n’a pas apprécié. Et il est allé leur demander des comptes.

Je pense que les politiques n’ont pas réalisé à quel point la desserte aérienne est un sujet vital pour les Mahorais. D’une part, parce qu’une grande majorité des habitants a de la famille ailleurs. Et d’autre part parce qu’il y a aussi la question des soins médicaux. Cela concerne donc tout le monde ! Nous voyons le soutien populaire à notre égard sur les réseaux sociaux. On nous relance quotidiennement sur la volonté de nous donner un coup de pouce financier via un crowdfunding. Nous sommes en train de nous renseigner pour que cela soit possible, mais d’un point de vue légal, nous ne pouvons pas être à l’origine de cette initiative. Nous essayons de faire le nécessaire pour que ce soit réalisable, histoire que les Mahorais s’accaparent le projet. Nous sommes très attendus par la population. Ce que nous voulons faire leur parle, et cela nous galvanise. Cela nous conforte dans notre idée d’aller au bout de ce long périple !

FI : Le Journal de Mayotte a relayé ce jeudi matin une information qui risque de faire grincer des dents : Air Austral a décidé de positionner Ewa Air sur les lignes régionales que vous convoitez, comment réagissez-vous à cette tentative d’intimidation ?

R. N. : En tant que citoyen, je trouve que ce positionnement sur Pierrefonds est une très bonne chose. Cela permettrait aux voyageurs de choisir de ne pas forcément partir de Roland-Garros et ainsi d’éviter les embouteillages dans le Nord de l’île. Maintenant, si Ewa Air décide d’allier les actes à la parole, très bien. Le client sera capable de comparer les deux produits, comme les prestations à bord. Quand je travaillais pour la compagnie aérienne, elle n’avait pas l’opportunité d’en fournir. En tant que challenger, nous essaierons de tirer le service vers le haut. Et encore une fois, ce sont les habitants de Mayotte qui vont en sortir gagnants !

Mais il y a aussi l’annonce d’Air Austral de proposer des dessertes à Marseille, comme nous souhaitons le faire. C’est aussi une bonne nouvelle ! Il y aura la garantie pour les Mahorais de ne plus voyager sur une seule ligne, avec une seule compagnie aérienne. C’est un petit peu le but que nous recherchions quand nous nous sommes lancés dans cette aventure : apporter de la concurrence sur le trafic aérien et proposer une guerre d’image et de services saine.

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