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« Mayotte démontre qu’on peut faire grandir la croisière dans l’océan Indien »

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Ancien ministre du Tourisme aux Seychelles, Alain Saint-Ange a fait partie des concepteurs du label « les îles Vanille ». Consultant à bord du navire « The World », dernier bateau de croisière en escale dans le lagon à Mayotte, vendredi et samedi dernier, il salue les efforts considérables accomplis par notre île pour rehausser la qualité du service offert aux touristes. Il suggère même qu’elle puisse devenir la norme pour l’ensemble des ports desservis. 

Flash Infos : Que pensez-vous de l’état actuel du concept des îles vanille ?

Alain Saint-Ange : Si vous me le permettez, je voudrai faire un rappel important, il y a quelques années en arrière, l’ensemble des îles de l’océan Indien, Mayotte incluse, s’était mis d’accord pour mettre en place le concept des îles Vanille. L’idée était de se partager le gâteau du tourisme dans la région, en y allant à la fois en groupe mais aussi individuellement. J’ai eu l’opportunité de présider à deux reprises (successives) cette organisation à sa création, avec comme fondement de trouver des axes de travail pour mieux situer Madagascar, Mayotte, Maurice, Réunion, Comores et les Seychelles. Notre constat de départ est que lorsqu’on va dans les Caraïbes, on ne dit pas que je vais à la Barbade ou à la Jamaïque, etc … Or, dans l’océan Indien, c’est l’inverse qui primait, nous allions aux Seychelles, à La Réunion, à Maurice. Le concept des îles Vanille nous a permis de modifier cette donnée à travers une mise en avant de l’ensemble pour le tirer vers le haut. Autre point important, donner une chance au touriste qui vient aux Seychelles de pouvoir visiter une deuxième, voir une troisième île de l’océan Indien ou tout simplement prolonger son séjour sur toute la région. Ce concept est d’une très grande importance actuellement en raison du dérèglement climatique et des problèmes de pollution de l’air. Combiner en un seul déplacement la visite de plusieurs îles peut s’avérer très fructueux en matière de diminution des émissions de carbone, les avions long courrier étant connus pour être de grands pollueurs de l’air. Le touriste pourra ainsi démarrer une semaine à Mayotte son voyage pour le terminer par exemple aux Seychelles.

F.I. : Est-ce le seul point positif résultant de cette idée ?

A.S-A. : L’autre point important du concept îles Vanille était pour nous de trouver le bon axe pour favoriser cette approche. La croisière a paru être le bon moyen de permettre aux différentes îles de travailler ensemble, en sachant pertinemment que certaines étaient plus fortes que d’autres pour attirer les croisiéristes surtout pour la période allant de décembre à avril-mai. Notre chef exécutif, le réunionnais Pascal Virolo, a eu la charge de travailler avec les différents offices de tourisme pour déterminer les points forts de chaque île afin que nous puissions les mettre tous ensemble en avant depuis les pays émetteurs des croisières, les salons internationaux de tourisme, principalement à Miami. Il fallait aussi toucher individuellement les affréteurs de bateaux de croisières. Ces actions ont été faites plusieurs fois et nous ont permis de remporter beaucoup de succès, l’océan Indien a accueilli plus de croisières que dans le passé.

F.I. : De par votre expertise, peut-on faire plus ?

A.S-A. : Oui, bien sûr, on peut toujours faire plus, à condition de conserver cette coopération inter-îles. Il faut avoir à l’esprit que ça ne vaut pas le coup de faire venir un gros bateau pour une grande croisière depuis l’Afrique du Sud par exemple, pour faire escale dans un seul pays de la région. Il importe qu’il fasse plusieurs îles à la fois, ce qui oblige au préalable les offices de tourisme concernés à se mettre autour d’une table pour déterminer les actions de chacun et la manière de collaborer pour y parvenir. Je ne vous dirai pas que tout marchera à la lettre, en revanche, je peux affirmer que le potentiel est toujours là. Sans avoir à nommer des îles en particulier, je ferai remarquer qu’on ne peut pas essayer de prendre autant qu’on peut d’une croisière, pas des passagers, en arrivant au port. Cela tue le concept que nous avons déterminé ! Je prends le cas du bateau the World qui n’est pas un bateau de croisière classique, mais plutôt une image de l’ensemble des croisières, avec une clientèle propriétaire de villas à bord et non locataire. Ces personnes sont tous des chefs d’entreprises renommées dans le monde ou propriétaires de grands businesses, des usines etc… Lorsqu’ils se retrouvent à bord entre 200 personnes, ils ne sont pas nombreux, mais ils savent que chacun disposant de sa propre cabine, les clients absents risquent de rejoindre la croisière lors d’une prochaine escale, à Moroni, Zanzibar, Tanzanie ou au Kenya.

F.I. : Que doit faire Mayotte aujourd’hui pour être plus performante dans cette démarche ?

A.S-A. : Qu’est-ce que Mayotte peut faire de plus aujourd’hui ? Je pense qu’elle a intérêt à toujours se placer sous la gouverne des îles Vanille, de poursuivre le travail commun entamer avec ses voisins et partenaires en se demandant tous ce qu’il faut faire pour différencier l’offre de chacun. On ne peut pas voir dans un seul panier une pomme qui refuse de jouer sa partie ou qui commence à dépérir. Par conséquent, il faut rehausser le niveau de cette échelle à travailler ensemble et se dire que nous voulons tous recevoir des croisières dans l’océan Indien. Qui bénéficiera des retombées, en dehors des ports ? Les peuples évidemment ! C’est cette carte que nous devons tous jouer collectivement et absolument. Laissez-moi vous dire que j’ai été émerveillé tout à l’heure en arrivant au ponton de voir l’accueil avec des petites fleurs à côté de la passerelle, des gens qui dansent, des gousses de vanille offertes à tous les passagers. Vous pouvez être certains que tout le monde en parlera à bord ce soir, c’est un plus que Mayotte a fait et qui la distingue des autres ports où nous sommes passés. Je ne fais pas partie de l’équipage du bateau, je suis juste là en qualité de consultant, mais je peux vous assurer qu’à certaines escales, j’ai eu à échanger avec les responsables de leurs offices du tourisme pour leur dire que nous ne pourrons pas les aider malgré eux. Ce n’est pas le cas de Mayotte, je lui dis aujourd’hui : « Chapeau ! ». Je le clame haut et fort parce que c’est important de souligner les avancées positives, de la même qu’on doit accepter les échecs pour ensuite essayer de s’améliorer. Votre île a démontré qu’il est possible de faire grandir la croisière dans l’océan Indien, sous les tropiques et recevoir les touristes dans ces îles magnifiques.

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