Le Challenge Mayotte Tour, une 4ème étape en hommage à Mansoib Ahmed

Le Challenge Mayotte Tour, une 4ème étape en hommage à Mansoib Ahmed

Parti d’un triste constat sur le quotidien infernal sur l’ile, trois jeunes, décident d’agir. Youssouf Chadhouli, Ybnou Ben Hamada et Adifane Noussourou créent le mouvement Challenge Tour Mayotte pour lutter contre les violences et l’insécurité. Un combat que même les instances politiques ont du mal à mener. Ces instigateurs optent pour une mesure thérapeutique dans l’espoir de soigner les maux de mahorais. Quel remède ? Le sport.

C’est avec un dévouement sans faille que les acteurs du Challenge Tour Mayotte (CTM) s’engagent dans la promotion des pratiques sportives. Chadhouli Youssouf, plus communément connu sous le nom de Chad, ancien militaire, aujourd’hui éducateur, est l’initiateur du projet. Avec lui, Adifane Noussourou et Ybnou Ben Hamada, des ex-footballeurs professionnels, sont tous aussi impliqués pour valoriser les bienfaits d’une activité physique régulière. « Nous sommes des sportifs, le bien-être prime avant tout. C’est notre manière de dénoncer la situation locale et d’inciter les gens à la pratique du sport », insiste Chad.

Dans un esprit de liberté, nos athlètes organisent des sessions de courses à pied dans les 4 coins de l’île. « L’idée est de traverser ces villes sans craindre de se faire agresser. Aujourd’hui, les gens ont peur d’aller courir à l’extérieur. » Pendant les excursions ? Quelques arrêts pour admirer le paysage, sensibiliser la population à toutes les formes de violences, favoriser l’échange intergénérationnel… « Il n’y a pas plus fédérateur que le sport, il permet de s’unir et d’agir ensemble », assure Chad. Déjà 3 étapes ont eu lieu et à chacune d’entre elles, le nombre de participants ne cesse de croître. La prochaine promet de faire passer le message.

Rendre hommage au défunt Mansoib Ahmed

Dimanche 23 août se tient la 4ème étape du Challenge Tour Mayotte. Cette marche ou course selon les envies est en l’honneur du défunt Mansoib Ahmed, agressé et décédé le 13 août dernier. Le mouvement social débute au Port de Longoni et doit s’achever à M’Tsapéré, lieu du drame. « Plus de 500 personnes sont attendues », estime l’éducateur. Selon lui, de Mamoudzou à Koungou, les communes et l’ensemble des associations sont mobilisées. « Les secouristes et les sapeurs-pompiers sont également de la partie », annonce-t-il. Récemment victimes d’acte de violence, ils rejoignent le rassemblement au même titre que l’association des personnels de justice de Mayotte.

D’ores et déjà plusieurs acteurs socio-politiques ont confirmé leur participation. Parmi eux, « le sénateur Thani Mohamed Soilihi et l’ancien président du conseil général, actuel conseiller départemental de Pamandzi, Daniel Zaidani ». Cependant, le collectif espère la participation des 17 maires actuels « pour marquer l’importance de ce mouvement social ». Pour l’heure, 14 élus répondent présents. « Pas moins de 12 partenariats sont en place », évoque Chadhouli Youssouf. Le RSMA (régiment du service militaire adapté), l’un d’entre eux, compte tenir un stand d’information pour orienter les jeunes qui souhaite s’engager dans l’armée. D’autres partenaires vont s’occuper des espaces de ravitaillement sur les grands axes de circulation. Une implication qui vise à faire prendre conscience de la gravité de la situation. Dès 6h, les manifestants du Challenge Tour Mayotte s’élanceront chacun à leur rythme et arboreront l’asphalte en prônant « Stop ! Violence – L’insécurité. Oui, la liberté de circulation ».

Pour prévenir d’éventuels débordements, un dispositif de sécurité est mis en place par la police municipale des communes concernées. En ce qui concerne les mesures sanitaires, les gestes barrières sont à appliquer et le port du masque est obligatoire. En cas de malaises ou d’incidents, des sapeurs-pompiers bénévoles, la Croix-Rouge et la société Ambulance Madiana 976 pourront intervenir tout le long du parcours.

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