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Religion : une foi décroissante

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Le chiffre est l’un des plus parlants pour décrire la situation de Mayotte. Régulièrement employé, il va désormais changer. La part de la population vivant sous le seuil de pauvreté national passe en effet de 84% à 77%. Une baisse qui ne doit pas masquer une autre réalité : les inégalités de vie se sont creusées.

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Si le progressisme du sunnisme chaféite, obédience d’une grande partie de la population mahoraise, permet une pratique modérée de l’islam, force est de constater que la jeunesse de l’île croit moins. Au point d’impacter les relations entre individus ? C’est en tout cas ce que pensent les principaux intéressés, regrettant un manque de respect patenté chez les jeunes générations.

Jeudi matin, comme deux à trois fois par semaine, Combani était la scène de la violence des jeunes de la zone. Cette fois, le barrage enflammé de leur colère s’embrasait sur la route menant à Kahani, à côté de la station-essence. Si l’on peut douter que la délinquance soit un résultat de lacunes religieuses, le manque d’éducation, lui, en est sûrement une cause. C’est en tout cas le constat de Badirou Abdou. Celui qui est directeur de la culture, des associations, de la jeunesse et des sports de Sada est aussi et surtout un Tsingonien fier et engagé pour la jeunesse de sa commune. « Quand je suis passé ce matin, j’ai vu un jeune en train de ramasser une pierre pour caillasser un bus, avec des gens qui lui disaient de ne pas le faire, témoigne-t-il. Il ne les a même pas écoutés ! Il y a 20, 30 ans, ce gamin-là aurait pris des baffes ! Non seulement des adultes qu’il n’écoute pas, mais aussi de ses parents une fois à la maison. »

Le respect est dans le Coran

« L’éducation se fait d’abord par les parents« , confirme Badirou Abdou, qui déplore que des familles ne se fassent plus obéir de leurs enfants. Mais l’augmentation exponentielle de la population et l’occidentalisation de la société mahoraise a aussi effacé la solidarité villageoise, qui permettait un meilleur cadre pour les jeunes de la zone. « Il y avait aussi le tonton, le grand frère, le villageois quelconque qui était là, continue le Tsingonien. À l’époque, ne serait-ce que le kwezi était systématique. C’est l’une des valeurs, des richesses culturelles de Mayotte, qui ne sont pas inscrites dans la religion. » C’est cette dernière qui, selon le sociologue Combo Abdallah Combo, apporte les bases du savoir-vivre à Mayotte. « La socialisation dans la société traditionnelle mahoraise passe par l’école coranique, déclare-t-il. C’est une éducation religieuse mais c’est là où on apprend à l’enfant les règles de base de la vie« .

Badirou Abdou ne peut qu’abonder en ce sens : « À l’époque, un enfant allait à l’école coranique dès l’âge de trois ans. Mes parents sont allés voir le foundi pour lui dire que je viendrai tous les jours et que je serai sous sa responsabilité, il y avait le Fatiha de bienvenue, où l’on est salué par tous les autres autour. Ça commençait par là. » La fraternité d’une mosquée serait donc vecteur de valeurs sociales, au sein d’une communauté, construisant l’individu autour des valeurs, autorisations et interdits du livre saint. Pour les jeunes garçons et filles, c’est l’école coranique qui complète leur enseignement, non seulement religieux mais aussi civique. Une institution en berne, selon l’employé de la mairie de Sada : « J’estime que l’ancienne génération a appris à l’école coranique les valeurs et les principes de la religion musulmane. »

« C’est en éduquant que l’on réussira »

La madrassa, Saïd l’a fréquenté étant petit. Aujourd’hui, l’entrepreneur avoue ne pas axer son quotidien sur les enseignements qu’il y a reçu. « Je crois en Dieu mais je ne pratique pas forcément, affirme-t-il. Je fais tout pour que ma boîte marche bien, je profite, j’essaie juste d’être un mec bien, mais je ne vais pas souvent à la mosquée. » Que les heures passées à l’école coranique semblent lointaines, pour celui qui a pourtant un oncle foundi. « J’ai retenu les bases, se défend Saïd. C’est le principal. » Le jeune homme n’est évidemment pas le seul à avoir quelque peu délaissé la religion au fil des années, malgré une éducation religieuse importante et constante. Pourtant, assure Badirou Abdou, « on apprend beaucoup en lisant le Coran. »

Celui qui a de nombreux projets pour les jeunes des quatre villages de sa commune (Miréréni, Combani, Mroalé et Tsingoni) avoue être désappointé par les nouvelles générations de l’île au lagon. « Le respect est fondamental, déclare-t-il. Maintenant, ça n’existe plus chez la jeunesse actuelle : celle qui est entourée d’une famille qui a appris les fondamentaux, les principes, n’est pas forcément celle qui est dehors dans les embrouilles. » Un discours d’autant plus tangible dans la commune du centre, ravagée par les affrontements des bandes combaniennes et miréréniennes. Nonobstant, Badirou Abdou ne perd pas espoir, loin de là, prônant logiquement l’éducation : « C’est en éduquant que l’on réussira. Mais je suis persuadé que ça se fera en passant par l’école laïque, qui occupe la grande partie du temps de l’enfant, ainsi que par l’école coranique, qui rappelle les valeurs fondamentales de l’humanité. Ce ne sera pas réussi que par la religion, ni par la République. C’est en travaillant ensemble que l’on y arrivera. » Encore faut-il avoir assez de place dans les écoles, qu’elles soient coraniques ou républicaines.

Retrouvez l’intégralité du dossier consacré à l’identité de la jeunesse mahoraise dans le Mayotte Hebdo n°987, accessible gratuitement en ligne.

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