Un nouveau tour de Mayotte pour les Handicapables

Un nouveau tour de Mayotte pour les Handicapables

L’association Handicapable a officiellement lancé sa deuxième édition du Tour de Mayotte en fauteuil roulant, mercredi, à M’tzamboro. À un mois du départ, la structure espère mobiliser plus fortement la population et réunir de nouveaux partenaires autour de l’événement.

Médias, partenaires, sympathisants… Une trentaine de personnes ont assisté à la conférence de presse de l’association Handicapable de Mayotte (HDM), au restaurant Saveurs des îles à M’tzamboro, mercredi. Une conférence de lancement à un mois du top départ du Tour de Mayotte (TMF) en fauteuil roulant – programmé du 16 au 31 mars 2019.

Il s’agissait pour Ambdirazakou Ousséni Coco, dit Docteur Léo, Djadir Foundi et les membres de l’association de présenter l’événement et ses différents partenaires. Le samedi 16 mars aux aurores, le cortège des "Handicapables" partira du village de Hamjago pour seize jours et quatorze étapes sur les routes de Mayotte, à la rencontre des Mahorais. Ils doivent boucler la boucle dans l’après-midi du 31 mars.

Le principe est le même qu'en 2017 : les personnes en situation de handicap prévoient de traverser, aux côtés des valides, les villages de chaque commune, en fauteuil roulant et à pied, afin de sensibiliser les passants et les habitants. "Nous voulons leur dire que les personnes en situation de handicap ne méritent pas d’être abandonnées, qu’elles peuvent s’adapter aux situations et s’intégrer dans la société si on leur en donne les moyens", indique Docteur Léo.

Déjà de nombreux soutiens

Pour ce projet, Handicapable a d’ores et déjà reçu le soutien de le Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). "Une telle action nécessite l’attention de toutes les institutions et il va de soi que la MDPH en soit l’un des partenaires principaux", estime Fanja Youssouf Thany, responsable administrative et financière de la structure.

"Pour cette seconde édition, l’implication de la MDPH sera beaucoup plus conséquente avec une contribution financière, mais également une mise à disposition de son personnel, un appui matériel, un soutien logistique…", précise-t-elle. Outre la maison mère des personnes en situation de handicap à Mayotte, l’association HDM sait qu’elle peut également compter sur de nombreux soutiens de première importance, "à l’instar du Centre communal d’actions sociales de Koungou ici représenté, les CCAS de Mayotte sont sensibles à notre Tour, et même très actives pour certaines qui préparent minutieusement notre passage au sein de leur commune", affirme Djadir Foundi.

"Nous avons évidemment le soutien de plusieurs municipalités, parmi lesquelles celle de M’tzamboro ici représentée. Nous avons le soutien d’autres institutions essentielles à la réussite de notre projet tels que le conseil départemental, l’Association pour adultes et jeunes handicapés (Apajh) ou le vice-rectorat, et des partenaires moins visibles avant et pendant le tour, mais tout aussi importants : je pense à Ambulance du Nord, Sud Ambulance, Transports du Nord… et d’autres", ajoute le président de l'association.

Une faible prise de conscience des élus

Pour Docteur Léo, le Tour de Mayotte en fauteuil doit avoir un impact direct sur la société. "Nous souhaitons l’accessibilité, nous souhaitons l’insertion sociale, nous souhaitons l’insertion professionnelle… Certes, les personnes handicapées peuvent s’adapter comme le dit notre slogan, mais qu’est-ce qui est fait par nos décideurs pour que les personnes handicapées puissent ensuite s’adapter ?", s’interroge le président d’honneur de HDM.

"Avec certains membres de l’association Handicapable de Mayotte, nous avons participé au Run Handi Tour, en mai dernier à la Réunion. Là-bas, les élus ont capté le message", ajoute-t-il. "Dans la foulée du Tour, il y a eu du travail pour des personnes en situation de handicap, mais aussi des projets concrets sur l’amélioration de l’accessibilité. À Mayotte, deux années sont passées depuis le premier tour et, d’une manière générale, je regrette le manque de prise de conscience de nos élus. Pas grand-chose n’a bougé."

À Fardati Djamali, en charge de l’organisation du TMF 2017 et du Tour 2019, de nuancer : "Il y a quand même eu dans certains villages des travaux en réaction à notre passage dans les villages concernés, il y a deux ans. Je peux citer quelques exemples (…) Mais il est vrai que ça a été de petits travaux, que c’est bien loin de nos espérances."

Si l’association Handicapable de Mayotte bénéficie d’un certain nombre de soutiens, ses membres estiment devoir encore rassembler la somme de 100.000 euros – dont 22.000 pour l’achat et le transfert des fauteuils adaptés – d’ici le coup d’envoi du TMF, pour boucler le budget de cette édition.

"Nous ferons le Tour avec ou sans cet argent car nous sommes les Handicapables. Toutefois, nous devons donner toutes les chances au projet pour qu’il soit une réussite totale, dans la forme comme dans le fond. C’est pour cela que toutes les aides seront bienvenues", conclut Djadir Foundi.

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