Partie de Bouéni le 5 mars, la caravane de l’autisme poursuit son tour de Mayotte et s’achèvera ce samedi 21 mars à M’tsamboro. Portée par plusieurs acteurs engagés, cette initiative de sensibilisation rencontre un succès croissant auprès de la population.
Depuis son lancement, près de 300 familles ont participé aux différentes journées organisées à travers l’île. Sur la journée du 19 mars, une quarantaine de familles s’est déplacée, confirmant une tendance observée chaque année : une mobilisation toujours plus importante autour de la question de l’autisme. Pour faciliter l’accès à ces rencontres, le CCAS a mis en place un service de transport à destination des familles n’étant pas véhiculées.
Briser les idées reçues
À Mayotte, l’autisme reste encore souvent associé à des croyances liées aux esprits, ce qui peut retarder la compréhension et la prise en charge des enfants concernés. L’objectif de la caravane est donc clair : informer, expliquer et déconstruire ces représentations. « L’autisme peut se travailler », rappelle Laïssa Mohamed Soilihi, éducatrice à l’association Autisme Mayotte, insistant sur l’importance d’un accompagnement adapté. L’association Autisme Mayotte joue un rôle central dans cette démarche. Créée par des parents, elle accompagne aujourd’hui près de 500 familles confrontées aux troubles du neuro développement dont l’autisme. Chaque année, de nouvelles familles rejoignent l’association, preuve d’un besoin grandissant.
Sensibiliser les familles
La caravane de l’autisme permet donc de sensibiliser aux signes d’alerte et aux méthodes d’accompagnement. « Les signes d’alerte se remarquent vers l’âge de deux ans quand l’enfant commence à parler, on note un retard moteur ou de langage. L’enfant est comme dans une bulle par rapport au monde extérieur », souligne l’éducatrice spécialisée Laïssa Mohamed Soilihi. La moyenne des enfants accompagnés par l’association Autisme Mayotte ont de 3 ans à 20 ans. « Nous accompagnons aussi des adultes qui n’ont pas de structures adaptées pour eux, nous rompons l’isolement grâce à des activités », rapporte l’association. Plusieurs professionnels interviennent à travers l’association, dont des orthophonistes, éducateurs spécialisés, ergothérapeutes…etc. même si leur présence reste limitée à quelques jours par semaine.
Un parcours encore complexe
À Mayotte, l’accès aux structures spécialisées dépend souvent d’une orientation délivrée par la MDPH, un passage obligatoire mais parfois long pour les familles. Le diagnostic, quant à lui, est notamment assuré par l’association Mlezi Maore, via une plateforme en ligne connectée à des spécialistes basés en métropole.
Une mobilisation collective
La caravane est organisée conjointement par APAJH Mayotte, Autisme Mayotte et Mlezi Maore. Pour Laïssa Mohamed Soilihi, ces actions sont essentielles pour faire évoluer les mentalités et améliorer la prise en charge sur le territoire. À noter qu’aucune action de sensibilisation n’est prévue ce vendredi 20 mars, avant la dernière étape de la caravane prévue ce samedi 21 mars à M’tsamboro.





































