Mayotte territoire pilote d’un dépistage massif ? Avant celle d’O. Véran, les réponses de l’ARS et du CHM

Mayotte territoire pilote d’un dépistage massif ? Avant celle d’O. Véran, les réponses de l’ARS et du CHM

Dans un courrier en date du 23 avril adressé au ministre de la Santé, Olivier Vérant, le député Mansour Kamardine demande que Mayotte soit désignée comme territoire pilote dans le cadre d’une politique de dépistage massive au coronavirus. Si le ministère ne s’est pas encore prononcé sur la question, les directrices du CHM et de l’ARS ont, elles, leur petite idée sur le sujet.

“Je vous demande, Monsieur le Ministre, de bien vouloir envisager de déployer à Mayotte une stratégie de test de masse et de faire de Mayotte un territoire pilote en la matière ainsi qu’en terme d’étude de prévalence indispensable à l’élaboration de stratégie fine de déconfinement”, réclame le député Kamardine. “Si l’on fait davantage de tests, il faudra continuer à les cibler. On va muscler notre labo, bien sûr, mais on va privilégier les personnes fragiles, c’est-à-dire les diabétiques, les obèses, les hypertendus, les insuffisants rénaux, etc. Mais aussi les professions de santé, les personnes qui sont en collectivité un peu forcée comme à la prison, etc. Savoir que des joueurs de foot en parfaite santé sont positifs a finalement moins d’intérêt”, considère pour sa part Dominique Voynet, tout en martelant que “tester tout le monde ne permet de faire qu’une photographie à l’instant “t” qui ne serait déjà plus valable le lendemain”. Selon l’ancienne ministre, il serait ainsi préférable d’élargir la politique de tests, certes, mais surtout de poursuivre celle du contact tracing, c’est-à-dire la recherche des personnes en contact avec un malade dépisté. “Ce qui est important c’est la stratégie et pour nous, c’est de continuer à identifier les personnes, rechercher les patients 0 dans un groupe ou un cluster”, fait-elle ainsi valoir.

Par ailleurs, pour espérer mener une politique de dépistage à grande échelle, il faut bien sûr que le territoire soit équipé pour ce faire. Et force est de constater que, pour l’heure, Mayotte est loin du compte. “Il est clair que si nous faisions plus de tests, nous détecterions plus de contamination. À ce titre, nous avons encore une marge progression en interne pour réaliser plus de tests, mais si l’idée est de passer à un dépistage de grande échelle il faudrait associer d’autres intervenants”, considère ainsi Catherine Barbezieux alors que la demande de remplacement de la machine du CHM n’a pas encore reçu de réponse. Tout comme celle, formulée par le Laboratoire de Mayotte quant à l’approvisionnement en réactifs pour permettre d’utiliser son engin dernière génération, capable de procéder jusqu’à près de 1000 tests par jour. “C’est comme sur tout, nous sommes en attente, car ce sont des choses qui se distribuent au niveau national en fonction des disponibilités et surtout des urgences”, glisse Catherine Barbezieux, laissant peu d’espoir en ce que la demande du député aboutisse.

 

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