La grève au CHM démarre aujourd'hui

La grève au CHM démarre aujourd'hui

Le directeur du CHM Étienne Morel a eu un agenda chargé en ce début de semaine. Avant la date fatidique du 11 mai, il a reçu hier et lundi les représentants des différents services de l'hôpital afin d'entendre une fois de plus les revendications du personnel quant à leurs conditions de travail. Les doléances ont été remontées à l'ARS qui doit elle-même les transmettre au ministère des Affaires sociales et de la Santé.”Le but n'est pas de convaincre les salariés de ne pas faire grève, car c'est leur droit", tient à rappeler la direction avant d'ajouter, “il y a une suractivité indéniable dans tous les secteurs médicaux dans l'île”. Pour rappel depuis le début de l'année, en moyenne 28 enfants sont nés par jour à Mayotte imposant à la maternité une cadence infernale en termes de prise en charge des mères et de leurs nourrissons.

Un protocole de service minimum avec un personnel assigné sera mis en place comme à l'accoutumée quand ce genre de mouvement social se manifeste. La priorité est donnée aux urgences. L'hôpital n'était pas en mesure hier de donner une estimation sur le nombre de salariés minimum réquisitionné par service ni le nombre de grévistes déclarés. En attendant, le directeur rappelle que 30 millions d'euros ont été demandés au gouvernement pour l'année 2016 destinés essentiellement pour le recrutement. À cela s'ajoutent les 40 sages femmes supplémentaires qui doivent arriver en juillet, déclare le CHM. D'ici septembre ou octobre, la ministre Marisol Touraine doit donner une réponse, assure la direction quant aux doléances du personnel hospitalier.

GD


 

Rappel des revendications

Les Sages-femmes revendiquent une fidélisation des professionnels en place et une attractivité au recrutement, une prime de suractivité mensuelle à hauteur de 25 % du salaire, la possibilité pour chaque agent de choisir de se faire payer ou de récupérer les heures supplémentaires effectuées, une augmentation de l’effectif dans tous les domaines du pôle obstétrical (un poste de sage-femme supplémentaire 24h/24 aux urgences obstétricales de Mamoudzou, un poste de sage-femme supplémentaire 24h/24 en service de suites de naissance à Mamoudzou, un poste de sage-femme de jour pour gérer les transferts au départ de la maternité de Mamoudzou et la pérennisation des postes de sage-femme renfort en secteur naissance à Mamoudzou ainsi qu’en maternités périphériques). Elles demandent également l'augmentation des vacations de consultations et d'échographie sage-femme dans l’ensemble des maternités et centre de consultations, la création d’un hôpital de jour au sein du pôle, l'ouverture des urgences gynécologiques avec présence d'une infirmière 24h/24, un poste d'infirmière puéricultrice 24h/24 en pouponnière à Mamoudzou, une visite de pédiatre dans chaque maternité les week-ends et jours fériés, un poste d'auxiliaire puéricultrice supplémentaire de jour en pouponnière à Mamoudzou, un poste d’auxiliaire de puériculture supplémentaire 24h/24 en salle de naissance, un poste d'auxiliaire de puériculture supplémentaire de nuit en suite de naissance, un poste d'ASH de nuit en secteur naissance à Mamoudzou, une augmentation des locaux et des moyens matériels, des capacités d'accueil à hauteur du nombre d'habitants du département. Le syndicat de la médecine générale quant à lui réclame le doublement immédiat des effectifs (de médecins généralistes) afin de pouvoir remplir la mission qui leur est confiée. “Le nombre de médecins généralistes à Mayotte est dramatiquement insuffisant”, rappelle le syndicat.


 

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