Grève chez Madiana 976 Ambulance : les négociations patinent, le mouvement maintenu

La situation reste tendue chez Madiana 976 Ambulance à Kani-Kéli. Réunis ce mardi 7 avril avec leur direction, les salariés grévistes disent avoir constaté des avancées partielles, mais insuffisantes pour envisager une reprise du travail. En l’absence d’un protocole de fin de conflit formalisé, ils ont décidé de maintenir la grève.

« On vient de terminer la réunion. La direction nous demande de reprendre le travail parce que certains points ont été réglés, mais pas correctement », explique un salarié. Parmi ces points figurent notamment le paiement des salaires et des arriérés. Si une partie des sommes dues a été versée, les ambulanciers attendent encore le salaire du mois de mars, promis d’ici mercredi.

Les grévistes conditionnent toute reprise d’activité à la signature d’un accord écrit. « On ne peut pas reprendre sans protocole de fin de conflit. Elle nous a dit qu’elle nous ferait un compte rendu et un protocole d’ici la fin de la semaine. On va voir si ça nous convient, sinon on maintient la grève », préviennent-ils.

Autre point de crispation : la question de la vente de l’entreprise. Alors que la direction avait évoqué une cession possible aux salariés, cette option semble désormais abandonnée. « Elle nous avait proposé de racheter la société, on avait accepté. Mais aujourd’hui, elle nous dit qu’elle ne vend plus. On attend un courrier officiel », déplorent-ils, dénonçant un manque de clarté.

Le climat social s’est encore dégradé autour des conditions de départ proposées aux salariés. Selon eux, la direction refuse toute rupture conventionnelle ou licenciement économique. « Elle nous a dit que si ça ne nous plaît pas, on n’a qu’à démissionner. Elle nous pousse clairement vers la sortie », dénoncent-ils.

Une position jugée inacceptable par les grévistes, qui estiment ne pas avoir à quitter leur emploi dans ces conditions.

Sur le fond des revendications, les salariés affirment qu’aucune amélioration n’a été constatée. Le manque de matériel, déjà dénoncé, persiste. « Il n’y a aucun avancement. On continue juste le service minimum pour les dialyses et deux kinés », indiquent-ils.

La question des effectifs reste également entière. L’équipe fonctionne toujours en sous-effectif, avec un salarié en arrêt maladie non remplacé. « On devrait être cinq, mais on est quatre. On avait demandé une embauche, mais on n’a eu aucun retour », regrettent-ils.

Les ambulanciers pointent également une stagnation, voire une baisse de leur rémunération. « À Mayotte, un ambulancier diplômé commence entre 1 600 et 2 000 euros. Nous, on est bloqués à 1 600 et en plus, elle baisse nos salaires », affirment-ils.

Dans ces conditions, les salariés refusent toute reprise sans garanties concrètes. « Si elle veut qu’on travaille dans les mêmes conditions qu’avant, ce n’est pas possible. Il faut des conditions de travail sécurisées, de la transparence et une évolution des salaires », insistent-ils.

La réunion de ce mardi s’est tenue en présence de la préfecture, invitée comme témoin. En revanche, selon les salariés, le syndicat CGT Mayotte n’a pas été convié. « Elle a refusé que le syndicat soit présent », affirment-ils.

Dans ce contexte toujours incertain, les ambulanciers restent mobilisés. Faute d’accord satisfaisant dans les prochains jours, la grève pourrait se prolonger.

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Amelie Constant
Journaliste

Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.

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