Grève chez Madiana 976 Ambulance : la CGT Mayotte dénonce une situation « intenable »

Les salariés de la société Madiana 976 Ambulance sont en grève depuis ce lundi 30 mars à Kani-Kéli, à l’initiative de la CGT Mayotte. Ils dénoncent des retards de salaire, un manque de matériel et une dégradation profonde des conditions de travail.

« Il n’y a pas de blocage. On est dans le local, mais on ne travaille pas. On est cinq et on attend », explique Saïd Isabelle, secrétaire de la société. Les grévistes ont affiché leurs revendications via des banderoles installées à l’entrée de la base : « Stop aux mensonges » et « Salariés Madiana en souffrance », peut-on notamment lire.

Un service minimum est tout de même assuré pour les patients nécessitant des dialyses. En revanche, les autres transports sanitaires ne sont plus pris en charge. Les gardes départementales, habituellement effectuées en lien avec le SAMU et à la demande de l’ARS, pourraient être impactées.

Les employés dénoncent des paiements irréguliers depuis plusieurs mois. « Depuis septembre, on reçoit des acomptes sans être prévenus », précise Saïd Isabelle. La situation semble toutefois se débloquer peu à peu : « On nous a payé notre salaire hier soir et les arriérés ce matin », indique-t-il.

Au-delà de la question salariale, les employés alertent sur leurs conditions de travail, qu’ils jugent « préoccupantes », voire « dangereuses ». L’effectif est réduit : sur cinq ambulanciers, seuls quatre sont actuellement en activité. « On est en sous-effectif et on se retrouve à faire des gardes de 24 heures sans repos, de 20 heures à 20 heures le lendemain », dénoncent-ils.

Les équipements font également défaut. « On a dû utiliser du liquide vaisselle pour nettoyer les ambulances », rapportent-ils.

Plus grave encore, une partie du matériel médical serait périmée depuis plusieurs mois : kits d’accouchement, de réanimation, pansements, masques ou encore dispositifs pour hémorragies. Le montant des équipements inutilisables est estimé, selon Saïd Isabelle, à 2 000.

Les relations entre les salariés et leur direction apparaissent profondément dégradées. « Elle n’a pas confiance en nous et nous n’avons pas confiance en elle », résument les grévistes.

Dans ce climat de défiance, les employés évoquent la présence supposée de caméras cachées dans les locaux et les véhicules, ainsi que l’écoute de leurs conversations. Des pratiques qui, si elles sont avérées, pourraient contrevenir aux règles encadrées par la CNIL, déjà contactée par les salariés.

Face à cette situation, les grévistes demandent des mesures fortes. Parmi elles : des ruptures conventionnelles, un licenciement économique ou encore une reprise de l’entreprise par les employés eux-mêmes.

« En septembre, elle a proposé de vendre sa société. Nous, nous sommes prêts à l’acheter pour la faire avancer sans elle », affirment-ils.

En attendant une issue, les ambulanciers restent mobilisés, déterminés à faire évoluer une situation qu’ils jugent « intenable » pour eux comme pour la qualité des soins apportés aux patients.

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Amelie Constant
Journaliste

Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.

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