Départ du directeur du CHM : “Vive le CHM, vive Mayotte !”

Départ du directeur du CHM : “Vive le CHM, vive Mayotte !” Lors de son pot de départ, le directeur du CHM a eu droit à quelques surprises : ici un livre sur Mayotte, mais aussi un mbiwi organisé par l'amicale de l'hôpital.

Après quatre ans à la tête du CHM, Étienne Morel s'en va vers Wallis et Futuna. Hier, il donnait donc son pot de départ en présence d'une partie du personnel hospitalier et de plusieurs responsables de l'île. L'occasion de revenir sur son expérience à Mayotte, et de dresser un bilan de son action à la tête de l'établissement.

Voici venue l'heure du départ pour le directeur du CHM, É tienne Morel. À l'occasion de son pot de départ, donné hier, il a pu revenir sur ses quatre années passées à la tête d'un CHM parfois bousculé, mais dont il a vanté les mérites.

Son constat ? “Un environnement parsemé de difficultés quotidiennes” a-t-il entamé, avant de poursuivre “Mais aussi une évidence : la grande majorité des défis a été relevée. Des décisions importantes ont été prises : c'est le cas de la construction de l'hôpital de Petite-Terre, du développement de la psychiatrie, ou de l'augmentation du nombre de lits en pédiatrie et en maternité, de la résolution du dossier épineux d'un emprunt toxique, qui reste toujours un boulet, mais moins lourd pour les finances du CHM, du recrutement de 300 personnes, ou de la signature de la convention d'entraide médicale avec le CHU de La Réunion en 2013.”

 

Désengagement de La Réunion

 

Un CHU de La Réunion qu'Étienne Morel a tout de même souhaité épingler sur un point. “Le désengagement du CHU vis-à-vis de Mayotte est préoccupant, mais je l'espère momentanée.” En cause : des médecins “Qui ne viennent pratiquement plus en mission à Mayotte. Le CHU doit assurer son rôle d'établissement support, quelles que soient les difficultés rencontrées.” Et de rappeler “Qu'à l'heure où les établissements de l'océan Indien planchent sur le GHT (Groupement hospitalier de territoire, N.D.L.R), à qui on demande un projet médical partagé, n'y a-t-il pas là une contradiction flagrante ?”

Au-delà de ce point de doute avec nos voisins, ce sont les difficultés malheureusement classiques du CHM de Mayotte que le directeur en partance a tenu à soulever : un équilibre fragile sur les recrutements, “Certaines spécialités peinant à recruter, il faut travailler à améliorer l'attractivité”, et un budget toujours serré : “La dotation globale de fonctionnement a augmenté ces dernières années, c'est vrai, mais ne permet pas de combler la hausse vertigineuse de l'activité.”

 

“Un personnel qui se dévoue corps et âme”

 

Passé ce constat objectif, mais teinté d'optimisme, ce fut le moment des remerciements aux différents collaborateurs du directeur et aux institutionnels : préfet, directeur de l'ARS, etc. Un mot pour chacun d'entre eux, parmi lesquels Martial Henry et Thani Mohamed Soihili, ancien et actuel président du conseil de surveillance, respectivement qualifiés par le directeur de “Leader charismatique” et “D'infatigable défenseur des dossiers du CHM auprès du ministère” ; mais aussi la coordinatrice de la maternité, Zabibo Moendandze, à qui Étienne Morel a rendu un hommage plein d'humour : “La passionaria de la maternité, connue de toutes celles de métropole. Quand Zabibo tousse, le CHM tremble et même le directeur a intérêt à trouver rapidement des solutions ! Que d'énergie déployée.” Hommage aussi à “Un autre Thani, un des chauffeurs du CHM, connu de tous les médecins qui en usent, et parfois même abusent, mais qui est toujours disponible, toujours souriant. Il est le premier contact de tous. Une figure emblématique qui représente Mayotte de manière toujours positive.” Dans la foulée, le personnel n'a pas été oublié : “Je voulais remercier l'ensemble des personnels du CHM qui se dévouent corps et âmes pour sauver l'établissement.”

 

“On ne quitte pas Mayotte sans une pointe de nostalgie”

 

Quant à Mayotte, finalement le principal personnage de cette expérience de quatre ans, Étienne Morel lui a rendu un bel hommage aussi : “j'ai vécu des moments ici que je ne reverrai pas ailleurs (…) Dans quelques jours, je vais quitter cette belle île pour une autre belle île, non sans une pointe de nostalgie. Je souhaite au CHM de multiplier ses projets, de continuer à aller de l'avant et de maintenir un climat serein, cette cohabitation harmonieuse et positive entre personnels d'origines variées, une des bases de l'établissement, une pierre précieuse. Vive le CHM, vive Mayotte, je vous aime beaucoup.” C'est le 6 avril prochain qu'Étienne Morel quittera ses fonctions. Son successeur n'est pas encore connu. En attendant son arrivée, l'intérim sera assuré par sa directrice adjointe.

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