Comores : la grève des soignants d’El-Maarouf entre dans sa troisième semaine

Alors qu’aucun terrain d’entente n’a été trouvé, la direction du centre national hospitalier d’El-maarouf, a sanctionné les têtes du mouvement, en rompant leurs contrats, pour manquement aux obligations contractuelles et au principe de continuité du service public.

Le bras de fer continue entre la direction et les agents contractuels de l’hôpital national d’El-maarouf. Depuis le 9 mars, ces derniers ont déclenché une grève illimitée pour réclamer de meilleures conditions de travail, notamment une revalorisation des salaires et des primes de garde. Dans ce grand hôpital du pays, les infirmiers et les sage-femmes touchent un salaire de 57 500 francs comoriens, soit près de 115 euros, tandis qu’un aide-soignant est payé à 40 000 francs (80 euros) avec une prime de garde de moins de 3 euros. Le bureau des contractuels qui pilote la grève a introduit aussi dans ses revendications la mise en place d’une mutuelle de santé avec une prise en charge à hauteur de 100% puis une cotisation régulière auprès de la caisse de retraite. Trois semaines après le lancement de la grève, aucun accord n’a toujours pas pu être trouvé.

Ce sont donc les fonctionnaires soignants qui s’occupent difficilement des malades se rendent à l’hôpital. Selon une première liste publiée le 9 mars, les contractuels avoisinent les 308 personnes. Ce chiffre inclut les paramédicaux, les brancardiers, les techniciens du centre d’imagerie, entre autres. D’autres fonctionnaires qui partagent la douleur de leurs collègues soutiennent le mouvement ce qui leur vaut aujourd’hui des sanctions. Dans une note de service qui circule sur les réseaux sociaux depuis avant-hier, la direction a annoncé se séparer de quatre agents dont deux infirmières et un médecin, travaillant dans différents services comme la pédiatrie. Ainsi il est demandé aux agents de sécurité de leur refuser l’accès des locaux de l’hôpital. Approché pour en savoir un peu plus sur ces mesures, la direction des ressources humaines n’avait pas donné suite.

Des sanctions ciblées ?

Notons que les têtes du mouvement sont les premiers agents à subir la colère de la direction. En effet, dans une décision du 18 mars, la Docteur Chaharzade Said, du service de maternité, Aida Mohamed (néonatologie), Ahmed Abdou Mmadi, Zoulfati Ali et enfin Zainoudine Ahmada, qui reste le porte-parole ont appris la rupture de leurs contrats. La raison évoquée est le manquement grave aux obligations contractuelles et au principe de continuité du service public hospitalier. Il y a aussi  » le refus manifeste des intéressés d’obtempérer à la réquisition du parquet en date du 10 mars, le refus d’assurer le service minimum indispensable à la sécurité des patients, ainsi que le rejet catégorique des propositions avancées par ma direction« . En dépit de ces sanctions, les grévistes, ont assuré ce lundi que rien ne leur changerait d’avis. Selon Zainoudine, après les sanctions, ils ont adressé un courrier à la direction avec 500 signatures pour exprimer leur solidarité.  » Ils peuvent continuer à signer autant de notes qu’ils veulent, mais personne ne pourra nous licencier sauf si nous l’acceptons. Cibler quelques-uns ne va pas affaiblir le mouvement.  Nous resterons toujours ensemble au risque d’être emprisonnés pour nos droits. Mais nous ne baisserons pas les bras jusqu’à ce que nos revendications soient satisfaites« , a déclaré, Zainoudine, technicien du centre d’imagerie qui a appelé la direction d’El-maarouf à démissionner s’elle se sent incapable de trouver une solution.

Hausse salariale de 8%

Depuis le début de la crise jusqu’à maintenant, la direction a seulement formulé une seule proposition salariale, rejetée par mes contractuels. Ce plan prévoyait une hausse de 8% des salaires, une augmentation de 50 à 70 % de l’indemnité de garde, selon la catégorie professionnelle, et une hausse de la prise en charge de l’agent (hors médicament) qui passe de 50% à 75% tout en gardant 50% pour les ayant droits. S’agissant de la prime de garde des aides-soignants, qui est de 3.5 euros actuellement, elle grimperait à 6euros. Selon les calculs, un aide-soignant qui gagnait 80euros par mois, aurait à toucher juste 6.4 euros de plus avec la hausse de 8% mise sur la table par la direction d’El-maarouf. Pour l’instant, la crise semble s’enliser. Une réunion des membres du syndicat national des médecins des Comores est prévue ce mercredi. L’ordre du jour portera sur la situation actuelle qui prévaut à l’hôpital El-maarouf. Les grévistes eux martèlent qu’ils sont toujours ouverts aux discussions pour trouver une solution mais rappellent aux autorités qu’une erreur médicale peut être fatale. Une façon de mettre la pression aux gouvernants  » Vous savez tous ce qui se passe à l’hôpital depuis notre départ en grève. D’ailleurs nous appelons à une enquête sur les bavures qui sont commises à l’intérieur. Nous rappelons que nous ne pourrons jamais être tenus pour responsables car nous étions déterminés à assurer le service minimum avant que le procureur général nous intime de rentrer si nous ne reprenons pas le travail« , a souligné, Zainoudine, lundi lors d’un rassemblement organisé au sud de Moroni.  Une fonctionnaire se trouvant sur place a reconnu qu’ils étaient fatigués et qu’ils prévoyaient d’arrêter les gardes de nuit. Depuis 2023, les contractuels de l’hôpital El-maarouf demandent un alignement de leurs salaires sur ceux des fonctionnaires. Mais la direction de l’époque n’arrêtait pas d’évoquer des problèmes de ressources financières selon elle, insuffisantes pour couvrir une hausse de salaires. Le même motif reste d’actualité jusqu’à lors.

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