Chikungunya : le Repema tire la sonnette d’alarme

Alors que les cas de chikungunya progressent à Mayotte, les autorités sanitaires intensifient leur mobilisation. Au cœur de cette vigilance accrue : les femmes enceintes, particulièrement exposées aux complications liées au virus. Le Réseau Périnatal de Mayotte appelle à une prise de conscience collective pour protéger les futures mères et leurs bébés.

Une progression inquiétante du virus sur l’île

Depuis plusieurs semaines, la circulation du chikungunya s’intensifie sur le territoire mahorais. Selon les dernières données communiquées par l’Agence Régionale de Santé de Mayotte, 315 cas ont déjà été recensés sur l’ensemble de l’île, avec un taux de circulation estimé à près de 30 %.

Face à cette progression, les professionnels de santé redoutent une aggravation de la situation si les gestes de prévention ne sont pas largement appliqués par la population.

Dans ce contexte, le Réseau Périnatal de Mayotte (REPEMA) a décidé de tirer la sonnette d’alarme. L’organisation, qui coordonne les acteurs de la santé maternelle et infantile sur l’île, met désormais l’accent sur une catégorie de population particulièrement vulnérable : les femmes enceintes.

Les femmes enceintes au cœur des préoccupations

La grossesse constitue une période de fragilité face à certaines infections virales, et le chikungunya ne fait pas exception. Si la majorité des patients guérissent sans séquelles graves, les complications peuvent être plus délicates lorsqu’une future mère est infectée.

Cette inquiétude n’est pas théorique. Une hospitalisation d’une femme enceinte positive au chikungunya a récemment été enregistrée à Mayotte. Les chiffres de l’année précédente illustrent également cette vulnérabilité : en 2025, les services de santé ont recensé 49 hospitalisations liées au virus, dont 19 concernaient des femmes enceintes.

Ces données ont poussé le REPEMA à renforcer ses campagnes de sensibilisation. L’objectif est clair : limiter au maximum les risques de contamination pendant la grossesse afin de protéger à la fois la mère et l’enfant à naître.

Prévenir plutôt que guérir

Dans un territoire tropical comme Mayotte, la lutte contre les maladies transmises par les moustiques repose largement sur la prévention. Les autorités sanitaires rappellent que des gestes simples peuvent réduire significativement les risques d’infection.

Parmi les recommandations principales :

  • éviter les sorties au lever et au coucher du soleil, périodes où les moustiques sont les plus actifs ;
  • éliminer toutes les eaux stagnantes autour du domicile, véritables lieux de reproduction des moustiques ;
  • dormir sous une moustiquaire ou utiliser un ventilateur ou un climatiseur ;
  • porter des vêtements longs et couvrants pour limiter les piqûres.

Ces mesures, si elles sont appliquées collectivement, peuvent freiner la propagation du virus sur l’île.

Savoir reconnaître les signes de la maladie

Les autorités sanitaires insistent également sur l’importance d’identifier rapidement les symptômes du chikungunya. Une détection précoce permet d’obtenir un suivi médical adapté et de limiter les complications.

Les signes les plus fréquents sont :

  • une fièvre supérieure à 38 °C ;
  • des douleurs articulaires parfois intenses ;
  • une grande fatigue ;
  • des éruptions cutanées accompagnées de démangeaisons.

Chez une femme enceinte, l’apparition de ces symptômes doit conduire à consulter rapidement un professionnel de santé.

Une réaction rapide en cas de suspicion

Le REPEMA rappelle qu’en cas de suspicion de chikungunya pendant la grossesse, la priorité est d’obtenir une prise en charge médicale sans attendre. Les futures mamans sont invitées à consulter immédiatement un médecin ou à contacter les services d’urgence en appelant le 15.

Au-delà de l’alerte sanitaire, les professionnels espèrent surtout provoquer un réflexe collectif de prévention. Dans un territoire où les maladies vectorielles peuvent rapidement se propager, la vigilance de chacun demeure la première barrière contre l’épidémie.

Car protéger les femmes enceintes, c’est aussi protéger la prochaine génération.

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Soldat
Journaliste

Soidiki Mohamed El Mounir, connu sous le nom de "Soldat", est une figure du journalisme mahorais. Après ses débuts à la fin des années 1980 au sein du magazine Jana na Léo, il participe à l’aventure du Journal de Mayotte, premier hebdomadaire de l’île, avant de rejoindre le Journal Kwezi. En 2000, il cofonde la Somapresse, société éditrice de Mayotte Hebdo et Flash Infos, contribuant ainsi à structurer et enrichir le paysage médiatique de Mayotte.

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