Visite ministérielle : Immigration clandestine Annick Girardin : « Compliqué encore de relever tous les défis »

Visite ministérielle : Immigration clandestine Annick Girardin : « Compliqué encore de relever tous les défis »

Alors qu'elle a rencontré samedi matin les différents acteurs de la lutte contre l'immigration clandestine en mer (brigades nautiques de la Paf, de la gendarmerie, des douanes et de l'armée), Annick Girardin a estimé que les moyens matériels et techniques avaient été améliorés. Mais elle a dans le même temps reconnu que ces efforts étaient vains sans la coopération avec l'Union des Comores.

A ce titre, la prochaine réunion du Haut Conseil Paritaire (HCP) franco-comorien se tiendra la semaine prochaine. « Les engagements sont au rendez-vous. Mais il y a aussi le travail à mener avec les Comores ». Alors qu'elle a rencontré samedi matin les différents acteurs de la lutte contre l'immigration clandestine en mer (brigades nautiques de la Paf, de la gendarmerie, des douanes et de l'armée), Annick Girardin a souligné qu'il était "encore compliqué" de relever tous les défis propres à cette problématique.

La ministre de l'Outre-Mer s'est félicitée dans un premier temps des mesures prises (arrivée le 31 juillet dernier d'une deuxième vedette côtière de surveillance maritime de la gendarmerie maritime) ou à venir (expérimentation d'un drone sur le territoire pour mieux repérer les kwassas en approche) pour les interceptions en mer, dans le cadre du plan « Mayotte, sécurité pour tous » présenté par le précédent gouvernement en juin 2016. Mais dans un deuxième temps, elle a rappelé qu'il n'y avait pas que les forces de l'ordre, mais aussi le travail à réaliser avec l'Union des Comores en matière de coopération. « Les résultats sont pour le moment limités», a reconnu samedi Luc Hallade. L'ambassadeur délégué à la coopération dans l'océan Indien sera présent à Paris le 12 septembre prochain pour la prochaine réunion du Haut Conseil Paritaire (HCP) franco-comorien sous l'égide de leurs ministres des affaires étrangères. « Le ministre français des affaires étrangères fera des propositions pour favoriser la circulation légale de la population comorienne », a précisé Luc Hallade. On pense au visa outre-mer qu'a proposé Annick Girardin mardi dernier, et qui consisterait à « faciliter les modalités d'obtention d'un visa pour des raisons légitimes : le regroupement familial, la formation professionnelle, les déplacements pour des enjeux économiques, sanitaires et scientifiques ». Questionnée sur les échecs passés de ces HCP, Annick Girardin a estimé que « ce n'est pas parce que l'on a échoué que l'on doit arrêter d'essayer. » S'agissant du développement de l'Union des Comores, la ministre a affirmé que ce n'était pas une question de finances. « Certains pays en Asie et au Moyen-Orient réalisent déjà des investissements dans le pays. Mais je pense que les autorités comoriennes sont conscientes de ce que peut leur apporter la France par rapport à ces pays : la qualité de son système de santé, de l'ingénierie, du suivi, et le souci réel d'augmenter les conditions de vie de la population. »

 

Les revendications du syndicat Alliance pour la brigade nautique de la PAF

Pendant qu'Annick Girardin rencontrait samedi matin les différents acteurs de la lutte contre l'immigration clandestine (Paf, gendarmerie,armée, douanes), le syndicat Alliance Police a remis un cahier de revendications au président de l’association des maires et aux parlementaires de Mayotte. Ce même cahier aussi été remis dans la journée au conseiller sécurité de la ministre des Outre-Mer. Il y explique notamment que la brigade nautique de la police aux frontières (PAF ) ne dispose plus que d’un seul bateau (« embarcation vétuste ») pour assurer ses missions. « Il est nécessaire d'élaborer un plan de prévoyance et de renouvellement des navires et des besoins », juge Alliance. Le syndicat rappelle par ailleurs qu'il avait été acté dans le plan « Mayotte, sécurité pour tous » la construction d’une base avancée de la marine nationale sur l’îlot de M’tsamboro. « Actuellement rien n’a été mis en place malgré la budgétisation de deux vedettes police nationale et de l’installation d’un Algéco (construction modulaire, ndlr) et d’un ponton flottant », peste-t-il.

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