Visite de Nicolas Dupont-Aignan : 300 millions d’euros débloqués d’urgence

Visite de Nicolas Dupont-Aignan : 300 millions d’euros débloqués d’urgence

Lors de sa visite officielle à Mayotte dimanche et lundi derniers, Nicolas Dupont-Aignan a martelé qu’il fallait débloquer 300 millions d’euros d’urgence pour redresser l’île.

 

Le candidat à la présidentielle du parti “Debout la France” a évoqué la question migratoire, l’appui aux collectivités, la continuité territoriale et la coopération avec les Comores tout en tirant à boulets rouges sur ses opposants et l’actuel gouvernement.

 

“ Oubliés, négligés, méprisés depuis 10 ans”, Nicolas Dupont-Aignan ne mâche pas ses mots quand il s’agit de qualifier les Outre-mer, fustigeant sans vergogne les diffé- rents présidents et gouvernements qui se sont succédé depuis Jacques Chirac, le seul à avoir “géré l’Outre-mer” en son temps. Le candidat à la présidentielle du parti “Debout la France” a, durant la conférence de presse qu’il a donnée lundi à Mayotte, dressé un tableau noir de la situation du 101ème département de France, actuellement dans une situation “inacceptable et qu’on n’accepterait jamais sur un territoire métropolitain”, évoquant tour à tour le “chaos migratoire”, “le délabrement de l’État”, “la faiblesse de l’instruction” et “les préfets qui ont peur de faire des vagues”. Ainsi, pour redresser l’île, le candidat de “Debout la France” a établi une liste de quatre priorités. Tout d’abord, et de manière générale, faire des Outre-mer “une priorité nationale”. Ensuite, spécifiquement pour Mayotte, mettre en place un plan de rattrapage massif de 300 millions d’euros sur deux ans, un fonds d’urgence financé à 100 % par l’État qui sera consacré en priorité à la problématique de l’eau, aux infrastructures routières et à l’éducation – à ce sujet, il compte d’ailleurs confier à l’État le financement des constructions des écoles primaires. Les 300 millions d’euros ? “Une goutte d’eau pour la France mais une question de vie ou de mort pour les Outre-mer”, selon le député de l’Essonne qui, pour justifier la mobilisation d’une telle somme, rappelle qu’à titre de comparaison, l’État avait débloqué “30 milliards pour l’Ile-deFrance” (estimation de l’investissement du métro Grand Paris, NDLR). Troisième point, “déployer une véritable continuité territoriale” en agissant notamment sur les prix des billets d’avion entre la métropole et les Outre-mer, grâce à la création d’une délégation de service public (DSP) qui mettra en concurrence les compagnies aériennes et maritimes, à l’instar du dispositif de continuité territoriale dont bénéficie la Corse, DSP dotée de 190 millions d’euros. Enfin, dernier point, l’exploitation du “trésor maritime” des territoires ultramarins en termes d’énergies renouvelables, d’alimentation, etc. grâce à la création d’un ministère de la Mer et de l’Outremer. “On y croit, on dégage un budget, on arrête le bavassage (…) pour faire cesser l’impuissance, le désarroi et la nullité”, s’emporte le candidat.

 

Un plan pour toute l’Afrique

 

D’autres mesures complètent ce programme en quatre points et notamment la suppression du droit du sol, “condition préalable à tout”, a affirmé Nicolas Dupont-Aignan, entendant réformer la constitution pour ce faire. Le candidat considère qu’il y a “tricheries du droit du sol (…), que la loi est détournée (…) qu’il faut arrêter les conneries et casser l’appel d’air (…) On va tous crever parce qu’une règle est détournée ?”, interroge le candidat à l’issue d’une violente diatribe. S’il est élu, les conditions d’obtention du droit du sol seront uniquement ouvertes aux enfants nés en France, qui auront fait leur service militaire obligatoire de 3 mois et qui auront un casier judiciaire vierge. Sur la question de l’immigration, Nicolas Dupont-Aignan souhaite poursuivre le dialogue avec les Comores mais de manière plus “ferme”, mettant en avant la force de frappe et de négociation de la “cinquième puissance mondiale”. “Je suis le seul candidat à avoir un plan pour l’Afrique”, se targue encore le candidat, évoquant la reforestation au Sahel, l’électrification de certaines zones d’Afrique et la création d’aides au développement via la Banque centrale européenne (BCE).

 

Défaillances de toutes parts

 

Lors de la conférence de presse, la présentation que Nicolas Dupont-Aignan a faite de ses diffé- rentes propositions a été émaillée de remarques acerbes sur ses opposants et les membres de l’actuel gouvernement. Ericka Bareigts, la ministre des Outre-mer, a été la première à être égratignée. Les 500 000 euros que le ministère a débloqués d’urgence début février pour pallier les difficultés d’approvisionnement en eau des écoles du sud de l’île ont été jugés insuffisants pour le candidat de “Debout la France”. “On n’est pas capables de créer une usine de dessalement et une troisième retenue collinaire ?”, s’est-il offusqué. Deuxième sur la liste noire de Nicolas Dupont-Aignan, François Fillon, en visite à La Réunion : “Je regrette que Monsieur Fillon n’ait pas eu le courage de venir à Mayotte pour voir le bilan de ses actions en tant que Premier ministre”. Sur Marine Le Pen et le Front National, il n’est pas plus tendre : “Au-delà de la vitrine de l’extrême droite, on sait ce qu’il y a derrière…” Nicolas Dupont-Aignan a finalement quitté le territoire hier après-midi, après nous avoir confié : “Franchement, je ne comprends pas ce que j’ai vu”.

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