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Une élection sous un ciel orageux

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Discorde à la mairie de Mamoudzou

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Avec respectivement 36,15% et 32,59%, Ramlati Ali et Elad Chakrina sont les deux candidats en ballotage, à l’issue du premier tour de l’élection législative partielle de la première circonscription. Emaillé d’incidents, ce scrutin s’est tenu dimanche dans un climat étrange et sous un ciel orageux. Reportage.

Malgré la demande de report de l’élection législative partielle formulée par les maires – à l’exception de celui de Mamoudzou – pour des « raisons de sécurité », le scrutin a bien eu lieu ce dimanche 18 mars et a qualifié Ramlati Ali et Elad Chakrina pour le second tour. « Je leur ai solennellement dit que les élections se tiendraient. Mayotte, c’est la République. La République, c’est la démocratie. La démocratie, ce sont les citoyens qui s’expriment dans les urnes. En votant. Le droit de vote est sacré. L’État prendra toutes les dispositions pour assurer le bon déroulement du scrutin », a déclaré le préfet de Mayotte suite à son entrevue avec les élus.

De leur côté, les organisateurs de la grève générale avaient appelé les Mahorais à ne pas se rendre aux urnes ce dimanche. La consigne a semble-t-il été suivie par une partie des électeurs. La participation a atteint 30,39% à la fermeture des bureaux de vote, en nette baisse par rapport à la précédente. En juin dernier, pour cette même élection, elle affichait 42,28% pour le premier tour. Dès le matin, au bureau centralisateur de Mamoudzou, où remontent participations et résultats, la présidente, Sitti-Raouzat Soilihi, constatait « un taux très faible de participation à 10h à 4% contre 10% habituellement » à la même heure.

Parmi les électeurs matinaux, Mouhamadi Houssam, 26 ans. Cet employé de la Colas est opposé à la grève générale qui « fait baisser l’économie », et n’a donc pas tenu compte des consignes des organisateurs du mouvement de contestation. « Voter, c’est un droit », a-t-il déclaré solennellement en sortant d’un des 176 bureaux de vote du territoire.

Alain Khodidas, quant à lui, a glissé un bulletin dans l’urne « par devoir. Je suis de tout coeur avec eux [les grévistes] », indique ce commerçant. « L’insécurité est partout en ce moment mais on ne peut pas abîmer ça, la liberté, l’égalité, la fraternité. » Marie, qui est venue voter avec sa maman, a été « révoltée » par les fraudes qui ont conduit à l’invalidation de la précédente élection législative. A Mayotte, selon elle, « certains se sont installés comme s’ils étaient dans une monarchie. Si la situation est chaotique, c’est parce qu’il y en a depuis longtemps qui se sont attribués les postes, sous peine de défavoriser le développement social et économique ».

Incidents en cascade

Le scrutin de ce dimanche ne s’est pas déroulé sans incidents. Dans les bureaux de vote du Nord, un nouveau candidat s’est invité : le bulletin noté « Sécurité ». Le matin même, toujours dans le nord de l’île, une dizaine de bureaux de vote auraient été bloqués, selon nos informations, dont « trois ou quatre » à Acoua, nous indique le directeur général des services de la commune. Ils ont cependant rapidement rouvert, notamment grâce à l’action des services municipaux. L’élection s’est déroulée « dans de bonnes conditions », s’est félicité le DGS. Dans certains bureaux de vote du chef-lieu, les bulletins du candidat Boina Dinouraini ont rapidement manqué, en raison d’un nombre insuffisant mis à disposition. « L’essentiel pour moi était de faire passer mon message », philosophe le candidat, interrogé dans un bureau de vote de Kawéni. A Longoni, l’intersyndicale a improvisé un bureau de vote fantoche, très fréquenté par les grévistes mais sans aucune valeur officielle.

La catastrophe a été frôlée dans l’après-midi lors du vol temporaire de deux urnes dans la commune de Mtsamboro, par deux individus, a confirmé le maire. « Le vol a duré cinq minutes », explique Harouna Colo, le maire de Mtsamboro. « Elles ont été brièvement volées, quelques secondes », confirme la préfecture de Mayotte qui atteste qu’elles n’ont « pas été violées » et que, par conséquent, cet incident n’est pas de nature à invalider le scrutin.

 

Renforcement des barrages

Suite à une réunion dimanche soir, l’intersyndicale et le collectif ont annoncé « durcir le mouvement » avec un « renforcement des barrages » à partir d’aujourd’hui. Dans une volonté de bloquer la deuxième semaine de la rentrée scolaire et dans l’attente d’un « émissaire apte à négocier, avec un mandat », l’intersyndicale ne multipliera pas les barricades mais les renforcera, ne laissant plus passer le ravitaillement alimentaire.

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