Un nouveau directeur pour l'aéroport

Un nouveau directeur pour l'aéroport Daniel Lefebvre a fait ses adieux à Mayotte jeudi 3 novembre dernier, remplacé par Yves Christophe (à droite).

Jeudi 3 novembre dernier à 18h30 s'est tenue la cérémonie de passation de pouvoir entre l'ancien directeur général de l'aéroport Daniel Lefebvre et son successeur, Yves Christophe. Le parcours de celui-ci comporte 34 ans d'une carrière militaire très diversifiée au sein de l'armée de l'air. Cette cérémonie a été l'occasion pour l'ancien directeur de faire un bilan des actions accomplies et, pour le nouveau, d'annoncer celles à venir. Explications.

 

Après six ans au poste de directeur général de l'aéroport de Mayotte, Daniel Lefebvre part pour de nouveaux horizons, plus exactement vers l'île de Saint-Martin, dans les Antilles françaises, où il assurera un poste similaire. Ce départ a été l'occasion pour lui de rappeler aux personnes présentes ce jeudi 3 novembre dernier à 18h30 sur la terrasse de l'aéroport, les actions accomplies pendant ce laps de temps non négligeable, et celles que devra poursuivre son successeur, Yves Christophe.

 

Impact Holding succède à Lavalin

 

C'est tout d'abord Gérard Mayer, le président de la Société d'Exploitation Aéroport de Mayotte qui a pris la parole lors de cette cérémonie. Il a commencé par clarifier une rumeur qui circulait depuis un moment sur l'île : SN C-Lavalin se désengage en effet de ses 18 aéroports français au profit d'une société française nommée Impact Holding. Cela n'a cependant aucun impact sur la SEAM qui demeure telle qu'elle, ni sur les engagements pris concernant la gestion et le développement de l'aéroport de Mayotte. “Ce changement est d'ailleurs une très bonne chose, car c'est une société française, donc très proche de nous, qui va désormais exploiter l'aéroport”, a déclaré Gérard Mayer.

 

Ce dernier a ensuite annoncé les grands chantiers encore à venir pour moderniser l'aéroport. Premièrement, sa mise aux normes européennes. “Notre aéroport, qui possède déjà la piste d'atterrissage la plus courte au monde, est actuellement menacé de ne plus pouvoir recevoir d'avions, cette mise aux normes est donc devenue une priorité pour nous.”, a-t-il affirmé en précisant qu'étant donné le gros investissement que cela représentait, il espérait une aide venue des fonds européens. Il a déclaré aussi vouloir développer le fret aérien à Mayotte, qui, placé en complément du fret maritime, pourrait selon lui constituer un véritable atout pour notre île. Enfin, pour clore son discours, il a souligné la politique sociale menée par l'aéroport depuis quelques années et rappelé la signature de la convention collective “L'art du bien-être au travail”.

 

Un aéroport en plein développement

 

Daniel Lefebvre a ensuite pris la parole pour faire un bilan, aussi bien professionnel que personnel, de ses six années passées à la direction de l'aéroport de l'île aux parfums. “Je suis arrivé en 2011, au moment de la départementalisation de Mayotte”, explique-t-il, “ce qui a impliqué un gros travail de mise aux normes”. Celui-ci a été couronné de succès puisque l'aéroport de Mayotte obtient, dès 2012, sa première certification nationale. Daniel Lefebvre a également évoqué la création du nouveau terminal, livré en mai 2014, ainsi que l'extension du tarmac. “Il y avait beaucoup de réticences à ce que le nouveau terminal soit construit en bois, qui est pourtant une matière noble, mais nous avons réussi à aller au bout de notre idée”, affirme l'ancien directeur avec fierté. Il a également rappelé avec humour la période noire des grands blocages de 2011 où l'équipe de l'aéroport avait dû “trouver des astuces pour nourrir ses salariés”. “Malgré ces entraves, nous avons néanmoins réussi à respecter nos engagements, en grande partie grâce à nos salariés qui ont poursuivi le travail envers et contre tout”, se félicite l'ancien directeur.

 

Il a également rappelé que l'aéroport avait formé 200 jeunes aux techniques de la sûreté aéroportuaire. “Une structure telle que l'aéroport est aussi là pour contribuer à développer l'île”, a-t-il affirmé. Après avoir obtenu la certification nationale en 2012, le prochain objectif de l'aéroport sera de décrocher la certification européenne qui, selon Daniel Lefebvre, devrait bientôt lui être accordée. Il s'est ensuite félicité du développement de la concurrence entre les différentes compagnies aériennes, qui commence à se mettre en place malgré les contraintes dues à la piste courte. Kenya Airways a notamment demandé à accroître ses fréquences sur Mayotte. “De nombreux dossiers restent à traiter comme la question des mosquées qui se trouvent de chaque côté de la piste, mais ce qui est sûr, c'est que cet aéroport vit et se développe”, a-t-il conclu avant de remercier son équipe.

 

Un ancien pilote de l'air à la tête de l'aéroport

 

Yves Christophe, le nouveau directeur fraîchement arrivé le matin même du jeudi 3 novembre a ensuite pris la parole en affirmant son intention de poursuivre le travail de développement de l'aéroport initié par Daniel Lefebvre. Lors de son discours, il a présenté au public présent à la cérémonie son parcours qui comporte 34 ans d’une carrière militaire très diversifiée au sein de l’armée de l’air. Parmi de nombreux postes et des métiers exercés très différents, les tropismes pour l’outremer et le transport aérien peuvent être mis en avant. Il a notamment été commandant d'escadron à Djibouti et en Nouvelle-Calédonie et commandant de base aérienne à Tahiti. “Un cursus très diversifié qui m'a donné la capacité de m'adapter à de nouveaux emplois”, a-t-il précisé. Les maires de Pamandzi et de Labattoir étaient également présents pour faire leurs adieux à Daniel Lefebvre et accueillir Yves Christophe. Leurs discours ont évoqué plusieurs anecdotes liées aux évolutions qu'a subies l'aéroport de Mayotte au fil des années. Le préfet Frédéric Veau a ensuite clos cette cérémonie de passation de pouvoir en réaffirmant le total soutien de l'État aux projets de modernisation de l'aéroport. “L'aéroport est la première et la dernière image qu'un visiteur emporte de Mayotte, il est donc indispensable que ce bâtiment soit un modèle de modernité, d'esthétisme et de respect de l'environnement”, a-t-il conclu. 

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