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A Pamandzi, Madi Madi Souf tente un coup de balai

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Le fossé entre élus de Pamandzi et cadres de la mairie est définitivement creusé. Des reproches en cascade sont faits contre la directrice générale des services, le directeur des services techniques et celui de la police municipale. Droit dans ses bottes, le maire Madi Madi Souf assume sa décision de se séparer d’eux.

La directrice générale des services de la mairie de Pamandzi quittera bien ses fonctions très prochainement. Dans un entretien qu’il a accordé à Flash Infos, ce mardi 19 mars, en présence de trois de ses collègues élus (dont deux adjoints), le maire de Pamandzi a publiquement confirmé sa décision de remercier Catherine David au motif qu’elle ne remplit pas les missions qui lui ont été confiées*. Madi Madi Souf s’étonne du retentissement que certains voudraient donner à cette affaire et rappel que le poste de DGS est un emploi fonctionnel, et qu’il peut, par définition, y être mis fin à tout moment, si les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous. En l’espèce, la détentrice de ce poste embauchée le 1er juillet 2023, en succession de Jacques Toto (parti l’année précédente), se voit reprocher un nombre important de manquements à la feuille de route qui lui a été assignée par le maire de Pamandzi au moment de sa prise de fonctions.

Au passage, le maire observe que si les missions dévolues à sa directrice recouvrent « un large champ de compétences à la fois technique, juridique, budgétaire, management et portage de projets, il lui avait été demandé de focaliser ses efforts sur quinze axes prioritaires (voir encadré), avec le souhait que ces objectifs puissent être atteints à hauteur de 70 à 90 % en fin de mandature ». En moins d’un an, Madi Madi Souf considère que le compte n’y est pas et qu’il convient de crever l’abcès en mettant un terme à sa collaboration avec Catherine David (en arrêt maladie). Le maire espère lui faire parvenir la lettre officialisant sa rupture de contrat dont une copie confiée pour transmission à un agent de police municipale assermenté.

Un risque de perte de financements

Au rang premier rang des différents griefs qu’ils porte au détriment de sa principale collaboratrice, le premier élu de Pamandzi fait état de la lettre de mission que celle-ci ne lui aurait toujours pas renvoyé signée, en guise d’acceptation, la non production d’un organigramme des services municipaux, la réorganisation du personnel avec les rappels à l’ordre qui s’imposaient à certains. « Comment expliquer que celle qui avait la charge de mettre de l’ordre au sein du personnel préfère se lier d’amitié avec eux, aller fumer la cigarette et sympathiser avec ceux dont elle doit signaler les retards d’embauche et le non accomplissement des tâches ? », interroge Madi Madi Souf. Mais ce n’est pas tout, la DGS se voit reprocher également une nonchalance dans la gestion de marchés publics, la recherche de financements, la gestion des dotations et recettes pourtant indispensables pour une commune endettée au point d’avoir été placée sous tutelle de la préfecture de Mayotte.

« Nous avons obtenu des services de l’État et de l’intercommunalité de Petite-Terre plusieurs financements pour des projets précis de voirie, espaces de jeux. Rien n’a bougé au point que nous risquons de perdre une partie de ces aides. C’est pareil pour des entreprises qui attendent toujours d’être payées pour des travaux déjà réalisés. Les titres de paiement ne sont pas établis alors que la préfecture reste en attente pour leur validation », rajoute le maire de Pamandzi.

Des difficultés de communication

Preuve que le torchon brûle réellement entre lui et sa DGS, le maire de Pamandzi fait état d’un problème important de communication entre cette dernière et une partie non négligeable de ses agents, de même qu’avec des élus locaux. Preuve matérielle à l’appui, il fait valoir des accrochages entre Catherine David et des élus municipaux ayant demandé des informations sur l’état d’avancement de projets dont ils ont le portage. « Je ne travaillerai qu’avec le maire, je n’ai des comptes à rendre qu’à lui, et aucunement avec ses adjoints. » Toujours sur le même ton, elle aurait relayé cet incident par téléphone auprès de Madi Madi Souf en faisant valoir « un besoin d’autonomie, des éclaircissements pour le lendemain », avant d’enfoncer le clou par d’autres propos : « je ne suis pas la subalterne des élus, autrement, je considérerais ne plus avoir ma place à la mairie de Pamandzi ».

Le maire évoque d’autres péripéties du même genre et d’autres types de dossiers en souffrance dans la commune tel que le bilan de mi-mandat. Une situation qu’il a géré temporairement en faisant appel à une tierce personne (anciennement de la Deal) dont le poste a été financé par la préfecture. Une aide saluée par un grand nombre d’élus pamandziens mais qui n’aurait pas été goût de la DGS et du directeur des services technique (DST) que Madi Madi Souf accuse ouvertement d’avoir mis des bâtons dans les roues dans le but de la faire partir. « Cette personne bénéficiait d’un contrat de droit privé et était parfaitement en situation de demander des aménagements salariaux en raison de l’importance du travail qui lui était confié, le suivi du remboursement de subventions dues à la commune, en vue du redressement des comptes déficitaires. »

Il est revenu longuement sur le cas de son directeur des services techniques, Christophe Quentin, également sur un strapontin de départ*. Il lui est reproché « une inaptitude au travail et de passer son temps à monter certains agents contre les élus ». La liste s’allonge avec des écarts de langage vis-à-vis d’adjoints au maire, de transporteurs de conteneurs de bouteilles d’eau (qualifiés de voleurs), des travaux d’aménagement en retard, la construction de la phase 2 de l’AJP, le CCAS, l’évacuation des eaux pluviales, l’incapacité à manager ses services au point que des compétences lui auraient été retirées s’agissant de l’ingénierie de projets et les appels d’offres. Madi Madi Souf confirme également le départ du chef de la police municipale, Oili Issouf Oili, dont le poste est déjà à pourvoir (voir encadré). Celui-ci aurait de son propre chef demandé à partir en septembre 2023, mais serait encore dans les locaux, faute de point de chute à Koungou où il aurait exercé avant Pamandzi.

Il lui est aussi reproché, entre autres choses, une proximité avec Catherine David ayant conduit à un ratage du plan de formation des agents de la police municipale. Trois agents seraient convoqués en entretien pour signification de manquements à leurs missions.

*Flash Infos a souhaité recueillir l’opinion des trois agents incriminés dans cette affaire. La DGS n’a pas jugé utile de répondre à nos appels répétés, pas plus que le directeur des services techniques. Seul le directeur de la police municipale, Oili Issouf Oili, a non sans réticences préalables, accepté d’exposer son point de vue sur les reproches formulées à son encontre (voir encadré).

Un directeur de la police qui se dit démuni

Le directeur de la police municipale, Oili Issouf Oili, explique avoir fait les frais de son refus à transiger les règles de son travail. En premier lieu, un des adjoints au maire aurait la fâcheuse tendance d’intervenir en faveur d’un proche parent, engagé en qualité d’ASVP. Celle-ci ne viendrait au travail que quand bon lui semble et ne peut être sanctionné eut égard à sa proximité avec l’élu interventionniste. « J’ai une obligation d’équité dans la gestion de mon personnel. Comment voulez que je puisse accepter de sanctionner certains pour des faits mineurs quand je dois fermer les yeux sur le comportement de leurs collègues ? Ici plus qu’ailleurs sur le territoire national, les élus aiment faire ce qui les arrange en dehors des règlements établis. Il m’a été demandé de faire travailler en extérieur des agents non à jour de leur formation initiale (six mois indispensables au CNFPT pour pouvoir la formation initiale police) ». Selon ses dires, une partie significative des effectifs ne remplit pas les conditions requises pour être déployé sur le terrain, pour avoir bénéficié d’embauches politiques. D’où son insistance à les voir formés par le CNFPT, notamment sur le plan juridique. « Cela m’a été reproché par ma hiérarchie qui n’a pas délivré le bon de commande nécessaire au démarrage de cette formation. » Oili Issouf Oili, admet une autre pomme de discorde avec sa hiérarchie, les horaires de travail des policiers. « Dans la règle, il faut une discussion préalable entre direction et agents, validée par un comité technique avant d’être définitivement acté par le Conseil municipal. Ce processus est important parce qu’il a des implications budgétaires pour une collectivité qui traverse une mauvaise passe en ce moment. Des élus réclament un déploiement d’effectifs sur le terrain 24 h/24 h, il faut payer les heures supplémentaires ou les compenser en jour de repos. Cela se négocie mais ne se décrète pas », fait remarquer le directeur de la police municipale. Pour ce qui relève de sa situation personnelle, il reconnaît avoir introduit en mai 2023 une demande de mutation en direction de la commune de Koungou où il a effectivement officié avant Pamandzi. Il estime que les règles administratives en ce domaine sont suffisamment claires pour qu’il ne quitte son poste que lorsqu’une place se libère dans le service d’accueil. Par conséquent, il considère ne pas avoir à subir une contrainte à partir avant de disposer d’un point de chute certain.

Les missions principales confiées à la DGS

Au centre de la mésentente entre le maire de Pamandzi, Madi Madi Souf, et sa directrice générale des services, Catherine David, une quinzaine de missions assignées avec une attente de résultats entre 70 et 90 % au terme du mandat municipal en cours. Celles-ci portent sur la réorganisation de l’administration générale, résorption de la dette communale, recherche de financements et gestion des dotations et des recettes, mise en place et exécution du programme de la majorité, gestion des assemblées et des conseils municipaux, représenter la commune et échanger avec les partenaires, et collectivités, piloter les responsables des services techniques, manager les services administratifs, CCAS, scolaires et de la bibliothèque, être l’interface stratégique entre élus et techniciens, contrôler le travail courant des agents sous sa responsabilité directe, gérer directement les dossiers stratégiques, élaborer en lien avec l’agent des finances le budget de la commune et enfin, être le support, le garant d’une communication active.

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