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Ali Djaroudi prône l’éducation et la formation

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Entre les gros bras qui se présentent à la députation de la seconde circonscription de Mayotte, il y a ceux qui essaient d’imposer leurs valeurs. Parmi eux, Ali Djaroudi sillonne les rues de Bouéni, Dembéni, Chiconi ou Tsingoni pour convaincre les électeurs de la mise en place du revenu étudiant ou de la circulaire Taubira sur l’île. Investi par la coalition de gauche nommée Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), le directeur d’Initiative Mayotte et président de l’Autam aura fort à faire dans un territoire ayant privilégié l’extrême-droite lors de l’élections présidentielle.

Flash Infos : Sans vous offenser, votre figure est moins connue que celles de vos adversaires. Pourriez-vous nous résumer votre parcours ?

Ali Djaroudi : J’ai fait un bac gestion et économie à Mayotte, avant d’aller à la fac de Lille pour un Deug Administration économique et sociale et une licence économie et gestion. Je suis revenu à Mayotte, où j’ai travaillé dans l’accompagnement des jeunes, puis j’ai intégré la Chambre de commerce et de l’industrie (CCI) en tant que conseiller en développement des entreprises. Aujourd’hui, je suis le directeur d’Initiative Mayotte, qui fait partie du réseau d’initiative France, qui a lui-même pour but d’aider financièrement les entreprises sous formes de prêts à taux avantageux. Je suis aussi conseiller municipal à Bouéni, président de l’Autam [N.D.L.R. Association des usagers des transports aériens à Mayotte] et président de l’association d’aide à l’insertion professionnelle qui est Msikano.

F.I. : En 2022, les prestations sociales ne sont toujours pas les mêmes à Mayotte qu’en métropole. Si vous devenez député de la Nupes, le 19 juin prochain, que mettrez-vous en place pour améliorer le pouvoir d’achat des Mahoraises et des Mahorais ?

A.D. : Nous avons obtenu de la centrale politique, au niveau national, que l’alignement des droits sociaux des Mahorais entre dans le programme de la Nupes. Une fois élu, ce sera donc facile à mettre en place. Il s’agit de corriger une injustice, ce qui doit être fait immédiatement, pas via un plan de convergence.

Le programme commun nous parle et répond à beaucoup de choses, et pas seulement sur les minima sociaux. La retraite doit être alignée au seuil de pauvreté, qui est de 1.063 euros par mois. Ici, il y a des cocos, des bacocos, qui gagnent 200, 400 euros par mois ! La jeunesse également, qui va percevoir une aide du même montant sans condition de revenu, ce qui est quelque chose de très important, puisqu’un jeune qui a le bac, qu’il parte en métropole ou qu’il reste, c’est la panique dans la famille. Il faut que les jeunes soient dans de bonnes conditions pour réussir ses examens, sans pénaliser ses proches.

Toujours dans ce domaine du pouvoir d’achat, les prix des produits de première nécessité, ainsi que de l’énergie, seront bloqués une fois que nous serons à l’Assemblée, et des négociations seront menées avec la grande distribution au niveau national. Le Smic passera également à 1.500 euros net mensuels.

F.I. : Sur cette dernière mesure, comment convaincre les chefs d’entreprises, et notamment de petites et moyennes entreprises (PME), d’augmenter les salaires ?

A.D. : Il y aura un accompagnement de l’État, des compensations, qu’elles soient sociales ou à destination des entrepreneurs, qu’importe. Ce que nous voulons, c’est que l’argent entre dans les poches de nos concitoyens, qu’ils puissent vivre.

F.I. : Qu’elle soit légale ou pas, l’immigration préoccupe les Mahorais…

A.D. : Pardonnez-moi de vous couper, mais je vais vous étonner, parce que les candidats tels qu’Emmanuel Macron ou Marine Le Pen n’ont pas proposé ce que les Mahorais réclament. Concernant l’immigration, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé l’injustice des cartes de séjour mahoraises, non ouvertes au reste de la France. Cette injustice sera corrigée. Les Comoriens qui viennent à Mayotte n’ont pas vocation à rester ici, mais à aller ailleurs. Macron et Le Pen n’osent pas ouvrir à la France les cartes de séjour. Et ça ne veut pas dire que les frontières ne doivent pas être gardées. Il y aura plus de moyens humains, mais aussi matériels. Néanmoins, le vrai problème est de fixer les gens là-bas. Le codéveloppement est un levier que nous actionnerons.

F.I. : Tous les candidats proposent cette fameuse coopération régionale avec l’Union des Comores. Mais concrètement, comment vous faites ?

A.D. : Il faut aider les Comoriens à avoir le minimum là-bas. Ils viennent pour la santé ? Donc il faut que leur système sanitaire soit performant, voire existant. Ils viennent pour l’éducation de leurs enfants ? Il faut donc intervenir pour qu’ils aient au moins les structures éducatives de base. On peut expulser, mais ça devient extrêmement cher : si on prend en compte tous les frais, on est à 13.800 euros par expulsion, c’est énorme ! La solution est donc le codéveloppement.

Sur le sujet de l’immigration, nous appliquerons également la circulaire Taubira [N.D.L.R. relative aux modalités de prise en charge des jeunes isolés étrangers] à Mayotte. La solidarité nationale jouera donc comme dans les autres territoires, et les mineurs isolés seront dispatchés dans tous les départements, qui ont plus de structures d’accueil qu’ici.

F.I. : Vous parliez de la santé, un besoin urgent à Mayotte, puisque pour 100 000 habitants, nous avons 48 médecins, contre 153 en métropole. Comment les députés mahorais peuvent améliorer les choses ?

A.D. : À un moment donné, il faut que l’on forme les Mahorais, puisque les gens qui viennent ici ne sont bien souvent que de passage. Notre université, qui n’en est pas une, doit donc évoluer pour dispenser les premières années de médecine ici. Nous devons aussi augmenter la cadence en termes de formation des infirmiers, et y intégrer plus de Mahorais.

Sur le plus court terme, il faut attirer les professionnels de santé sur l’île. Nous souhaitons donc mettre en place une continuité sanitaire, pour que les gens qui souhaitent se soigner à l’extérieur puissent être accompagnés, le temps que l’on puisse avoir toutes les spécialités de santé à Mayotte.

Il faut dire une chose : le député Mansour Kamardine, lors de son premier mandat, a refusé l’aide médicale d’État à Mayotte. C’est une grave erreur, qui doit être réparée pour que nous puissions soigner les étrangers qui sont sur le territoire sans toucher aux fonds locaux.

F.I. : Les anciens que nous rencontrons nous vantent la Mayotte d’antan, où ils pouvaient « vivre tranquillement ». Aujourd’hui, ce n’est plus possible, avec la délinquance, les caillassages, les barrages… Que proposez-vous pour y rétablir la sécurité ?

A.D. : La sécurité est une question de moyens, mais aussi de prévention et d’éducation. On ne peut pas jouer seulement sur la répression. Les policiers disent d’ailleurs qu’ils attrapent des délinquants, mais les voient traîner de nouveau après quelque temps ! Nous devons donc être plus fermes sur le plan judiciaire. Pour la prévention et l’éducation, les communes, l’État et le Département doivent pouvoir accompagner le monde associatif qui agit en ce sens.

F.I. : L’éducation, justement, est un problème si immense qu’il semble insolvable. Quelles sont les mesures de la Nupes qui pourraient concerner le système éducatif mahorais ?

A.D. : Les classes continueront d’être surchargées tant que nous n’aurons pas résolu les problèmes de naissances et d’immigration, c’est une réalité. Sinon, nous serons toujours sous pression pour construire de nouveaux établissements. On ne peut pas avoir 10.000 naissances par an sans conséquences !

F.I. : Le sud de Mayotte, et notamment votre ville, Bouéni, s’est distingué par un vote massif pour le Rassemblement national. Comment allez-vous convaincre vos électeurs de se tourner vers la Nupes ?

A.D. : Ce n’est pas un vote de conviction, sinon le RN n’aurait pas tant de mal à trouver des candidats. Nous sommes en train d’expliquer le programme Nupes, car les gens n’en avaient pas connaissance. C’est la clé. Le programme de Jean-Luc Mélenchon est porté par les jeunes, avec notamment les mesures concernant les étudiants, ce qui est idéal à Mayotte. Et puis beaucoup de choses ne s’appliquent pas de la même façon qu’en métropole. C’est une injustice qui est pointée du doigt dans le programme, parce que nous avons réussi à l’y intégrer. Le député sortant, par exemple, a des projets pour Mayotte qu’il n’a pas réussi à intégrer dans le programme de Valérie Pécresse, sa propre candidate.

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