Municipales à M’Tsamboro : l’histoire éclaire les enjeux des prochaines municipales

À l’approche des élections municipales, la commune de Mtsamboro, située dans le nord de Mayotte, s’appuie sur un riche passé historique. Les recherches archéologiques attestent d’une occupation entre le XIIIe et le XIXe siècle sur la plage de Jiva et révèlent les traces d’une ancienne médina des XVe-XVIIe siècles dans le quartier de Mjikura. La localité occupe une place importante dans l’histoire de l’île puisqu’elle fut la première capitale du sultanat de Mayotte lorsque le sultan Athumani ben Mohamed s’y installa à la fin du XVe siècle, faisant de Mtsamboro le principal port de commerce de l’île avant le transfert de la capitale en 1538 à Tsingoni.

Aujourd’hui, la commune regroupe les villages de Mtsamboro, Mtsahara et Hamjago. Elle compte 8 025 habitants en 2025, avec 5 905 électeurs inscrits lors des élections européennes de 2024. Ces dernières années, plusieurs équipements ont été inaugurés ou engagés, notamment une nouvelle PMI et des projets d’infrastructures sportives. Reste désormais à savoir qui, à l’issue du prochain scrutin municipal, poursuivra le développement de ces infrastructures au service des habitants.

Amina Oili Attoumani  M’Colo (LDIV)

Liste : Mtsamboro Yatru

Flash Info : Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

Amina Oili Attoumani M’Colo : Je suis Amina Oili Attoumani M’Colo. Je suis assez connue au sein de la commune. Je suis directrice d’une agence bancaire. Je suis depuis un moment dans la politique, je milite depuis longtemps. J’étais autrefois au sein d’une liste. Mais avec ce qui se passe dans la commune, ou depuis Chido, rien ne bouge. À commencer par le quotidien de notre population de M’Tsamboro, qui se sent délaissée. Nos enfants font des rotations, passant d’un point à un autre. Il y a des personnes âgées dont on ne s’occupe pas. Il y a beaucoup de quartiers dans le noir total en 2026. Une population ayant aussi un accès difficile à leur domicile durant la saison des pluies.

F.I. : Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

A.O.A.M.C : La réalité est que tout est à faire au sein de notre commune. L’eau est une problématique, l’électricité en est une également. Les espaces de stationnement ainsi que la circulation posent aussi problème.

F.I. : Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?

A.O.A.M.C : Pour une bonne et simple raison : la commune a besoin d’une dirigeante capable de rassembler. On a un problème de division au sein de la commune. Cela fait maintenant deux mandats qu’il y a une division parmi les habitants de différents villages de la commune, entre Mtsahara et Ham. Il faut donc un dirigeant qui écoute et communique.

F.I. : Si vous êtes réélue, que mettrez-vous en place la première année ?

A.O.A.M.C : Un meilleur cadre de vie, mettre en place les transports scolaires ou pouvoir transporter les personnes en situation de précarité. On pense à l’intercommunalité mais aussi au partenariat public-privé. Il y a aussi l’accompagnement de la jeunesse : nous prévoyons d’occuper ces jeunes et de les accompagner depuis leur jeune âge. Nous comptons aussi accompagner nos agriculteurs.

Laïthidine Ben Saïd (LDIV)

Liste : Union Pour L’avenir 2026

Flash Info : Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

Laïthidine Ben Saïd : Je suis un élu de proximité, j’aime le contact avec les gens. Je veux faire en sorte de faciliter les démarches. On souhaite aller de l’avant ; depuis deux mandatures, on a fait émerger des projets.

F.I. : Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune ?

L.B.S : Il y en a plusieurs, village par village. À Mtsamboro, un réseau d’assainissement est construit depuis 2008, mais régulièrement les eaux usées se déversent dans la mer, contenant des matières fécales, ce qui rend le traitement primordial. À Hamjago, nous avons des jeunes qui se plaignent, car cela fait longtemps qu’ils n’ont pas de plateau sportif. Nous sommes en train de réaliser un projet de gymnase. À Mtsahara, il y a un projet de réfection du littoral.

F.I : Que pensez-vous pouvoir apporter ?

L.B.S : Dans cette mandature, il y a eu une rupture par rapport aux candidatures précédentes. Jamais nous n’avons repris les mandatures des maires sortants, ce qui montre que je travaille pour ma commune et non pour un clan. Au sein des précédentes mandatures, certains contrats précaires n’étaient jamais renouvelés et le personnel était renvoyé. Nous avons pris la décision de conserver le personnel. Nous avons fait en sorte d’améliorer le quotidien des agents pour qu’ils soient productifs, avec une complémentaire santé et des tickets-restaurant, ainsi que des financements pour le service technique.

Si nous voulons continuer dans cette dynamique et que notre commune se développe, il faut faire en sorte d’apaiser les gens. Nous avons travaillé pour améliorer le vivre-ensemble. J’ai un amour fort pour ma commune et mes concitoyens. Je veux faire en sorte que notre commune se développe à Mayotte.

F.I. : Si vous êtes élue, que mettrez-vous en place la première année ?

L.B.S : Dès la première année, nous allons achever l’installation d’un dentiste, dont nous avons besoin. Je souhaite aussi terminer les études de la STEP de Mtsamboro. Les travaux d’assainissement vont desservir deux villages. Nous sommes suivis par la DEALM, donc nous commencerons par le village de Mtsamboro, ainsi que par la maison numérique d’Hamjago. Nous prévoyons également de finir les city-stades ainsi que les tobés de l’îlot.

Mohamadi  Ali Bacar (LDIV)

Liste : Mtsamboro En Mouvement

Flash-Info  Quel lien entretenez-vous avec la commune ?

Mohamadi Ali Bacar : Je suis métissé de deux villages : mon père est de M’Tsamboro et ma mère de M’Tsahara. J’ai participé à ces deux mandatures en tant que conseiller municipal. Je suis aussi référent de l’Association Nationale des Élus en charge du Sport (ANDES), un réseau collectif national qui répond aux demandes de subventions de l’Hexagone et d’outre-mer. Nous travaillons avec les Délégations régionales académiques à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (DRAJES), le rectorat, et le monde économique. Au cours de ces deux mandatures, mon expérience m’a donné envie d’observer un changement sur ce territoire et de définir des objectifs réels. Je souhaite créer ma propre équipe, où chaque élu et chaque colistier participera activement. Je veux rompre avec ce qui se passe actuellement et mettre en place des changements concrets sur notre territoire. Trop souvent, les grandes formations politiques nous laissent à l’écart et nos compétences ne sont pas reconnues. Avec un parti local, nous pouvons nous réunir et agir réellement. Mon objectif se base sur notre culture musulmane et notre art de vivre. Nous voulons accompagner les jeunes dès l’école maternelle et développer des infrastructures adaptées à leurs besoins. Nous avons un programme structuré, avec des actions prévues jusqu’en 2050, pour répondre aux problèmes d’insécurité et construire un territoire plus sûr et dynamique pour tous.

F.I : Selon vous, quelle est la problématique centrale de Mtsamboro?

M.A.B : La problématique principale est que nous n’avons pas d’école à Mtsamboro. Les enfants doivent parcourir tout le village, traversant le territoire, livrés à eux-mêmes. Il faut que nous nous organisions pour les écoles, afin qu’ils puissent être pris en charge en attendant l’ouverture d’une école en 2029. Il est nécessaire de réaménager des abris pour accueillir ces jeunes, et nous pouvons faire appel aux taxis. Des appels à projets pourraient aussi permettre d’amener nos enfants à l’école à Hamjago ou à Mtsahara. Nous avons mis en place un accompagnement de notre jeunesse, pas seulement pour le sport. Il y a aussi des jeunes qui abandonnent leurs études ; nous travaillons pour les accompagner et les aider à continuer leur parcours.

F.I : Que pensez-vous pouvoir apporter ?

M.A.B : Concernant l’aménagement, nous disposons d’un PLU et devons gérer les risques de glissement de terrain. La population et la préservation de la plage du préfet restent des priorités. Nous prévoyons de travailler sur le littoral et de réorganiser le lotissement existant. Par ailleurs, nous souhaitons créer une déchetterie afin d’améliorer l’organisation et l’assainissement du territoire, tout en répondant aux besoins en eau et en infrastructures de la commune.

F.I. : Si vous êtes élu, que mettrez-vous en place la première année ?

M.A.B : Il est essentiel de régulariser notre foncier et de mettre en place l’assainissement de la commune. Chaque route doit être correctement reliée aux réseaux existants. Si nous n’avons pas encore réussi à dégager certaines zones, c’est une volonté que nous souhaitons atteindre. L’aménagement du PLU, l’assainissement et les écoles sont des priorités : nos enfants rencontrent des difficultés pour accéder à l’éducation, et ces quatre points constituent nos urgences.

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Journaliste, aussi passionné par les paysages de Mayotte que par sa culture. J’ai toujours une musique de rap en tête.

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