Ville historique à plus d’un titre, Dzaoudzi-Labattoir a longtemps été le siège du pouvoir à Mayotte. Citadelle royale au temps des sultans batailleurs, haut lieu du pouvoir colonial depuis 1841, d’abord pour Madagascar et dépendances, puis pour le territoire d’outre-mer des Comores (TOM), et enfin pour la collectivité territoriale de Mayotte au début des années 1980, avant de passer le relais à Mamoudzou. Sa population est estimée à près de 20 000 habitants lors du dernier recensement. Quatre listes briguent la mairie de cette commune, parmi lesquelles celle du NEMA conduite par Saïd Omar Oili, poids lourd de la politique locale.
Au cœur de cette bataille électorale qui s’annonce particulièrement suivie, dimanche 15 mars 2026, se pose la question de la démographie dans une commune où la disponibilité du foncier constructible constitue un problème majeur.
Saïd Omar Oili (liste NEMA)
Flash Info : Quel lien entretenez-vous avec la commune ?
Saïd Omar Oili : Dzaoudzi-Labattoir est ma ville de naissance et j’y ai passé une grande partie de ma vie. C’est une ville qui m’a tout donné. Si j’occupe aujourd’hui les responsabilités qui sont les miennes, c’est grâce à ses habitants et à de nombreuses familles pour lesquelles j’ai un profond dévouement. Je les remercie pour la confiance qu’elles me témoignent chaque jour. Je ferai tout pour redonner à cette ville ce qu’elle m’a donné et je continuerai à la servir tant que je le pourrai. J’entretiens également un très bon relationnel avec les citoyens de Dzaoudzi-Labattoir, qui me sollicitent régulièrement lors de mes retours de métropole pour des renseignements, des conseils ou des informations concernant leurs démarches ou la vie quotidienne.
F.I. : Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune actuellement ?
S.O.O. : Je dirais la démographie et le foncier, deux problématiques étroitement liées. Les données statistiques indiquent que Dzaoudzi-Labattoir compte aujourd’hui environ 20 000 habitants et pourrait atteindre 50 000 habitants d’ici 2050.
La densité de population est déjà très élevée, environ 2 700 habitants au km². La population est majoritairement composée de jeunes de moins de 20 ans, ce qui traduit une forte dynamique démographique.
Cela pose plusieurs questions : comment loger cette population demain ? Comment l’éduquer ? Comment lui offrir les conditions nécessaires pour s’épanouir ?
Ce sont des défis majeurs auxquels nous devons répondre dès maintenant, en anticipant les besoins en matière d’habitat, d’éducation, de loisirs et d’équipements publics.
F.I. : Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?
S.O.O. : Je peux d’abord apporter mon expérience d’élu local et national. Face aux défis que je viens d’évoquer, il faut des femmes et des hommes travailleurs, capables de réfléchir sans tabou, disponibles à 100 %, et prêts à se consacrer pleinement à leurs responsabilités pour trouver des solutions aux attentes de la population.
Il faudra également être à l’écoute des administrés, ce que j’ai toujours essayé de faire.
F.I. : Que comptez-vous mettre en place durant la première année de mandat ?
S.O.O. : Mayotte traverse actuellement des moments difficiles, aggravés par le récent cyclone Chido. La priorité sera donc de reconstruire ce qui a été détruit par cette catastrophe.
Il faudra également achever les ouvrages déjà engagés qui ont été endommagés, tout en tenant compte de l’évolution démographique future.
La question reste de savoir comment construire l’avenir avec des dotations et des recettes fiscales limitées, dans un territoire où plus de 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.
Un préalable sera donc de mobiliser des femmes et des hommes capables d’aller chercher des financements et des aides extérieures nécessaires à la réalisation des projets. Trop de subventions ont été perdues ces dernières années faute d’avoir été sollicitées.
Nous devrons également nous appuyer sur la loi de refondation de Mayotte votée l’an dernier, qui fixe un cadre pour les six prochaines années. Il faudra réaliser les études nécessaires afin de monter des dossiers solides permettant d’obtenir les financements indispensables.
Houmadi Mikidache
(Liste Construisons ensemble l’avenir de Dzaoudzi-Labattoir)
Flash Info : Quel lien entretenez-vous avec la commune ?
Houmadi Mikidache : Je suis un enfant de Dzaoudzi-Labattoir. J’y suis né, j’y ai grandi et j’y vis toujours avec ma famille.
Depuis plus de vingt ans, je suis engagé au service de cette commune, d’abord comme adjoint, puis aujourd’hui comme maire. En novembre 2023, j’ai été élu maire à l’unanimité du conseil municipal afin de poursuivre l’action publique.
J’ai alors exercé un mandat de transition dans une période particulièrement difficile, marquée notamment par les crises de l’eau, les conséquences du cyclone Chido et de fortes tensions sociales. Mon lien avec la commune est donc à la fois personnel, humain et politique : je connais ses habitants, ses quartiers et ses difficultés. C’est ce qui guide mon engagement.
F.I. : Selon vous, quelle est la problématique centrale de la commune actuellement ?
H.M. : La principale problématique de notre commune est l’adaptation du territoire à une croissance démographique très forte dans un espace limité.
Cette situation engendre plusieurs défis : la pression foncière, le besoin d’équipements publics (écoles, voiries, équipements sportifs), la sécurité, l’amélioration du cadre de vie et la nécessité d’organiser un développement urbain maîtrisé.
À cela s’ajoutent des enjeux qui concernent l’ensemble de Mayotte : la gestion des déchets, l’accès à l’eau et la protection de l’environnement.
Notre responsabilité est donc d’organiser un développement équilibré qui améliore la qualité de vie des habitants tout en préparant l’avenir de la commune.
F.I. : Que pensez-vous pouvoir apporter à la commune ?
H.M. : Je souhaite apporter trois choses essentielles : de la stabilité, de la crédibilité et de l’action. Durant ce mandat de transition, nous avons déjà remis la commune en mouvement grâce à un redressement financier, à des investissements importants sans augmentation des impôts et au lancement ou à la relance de projets structurants.
Mon objectif est désormais de poursuivre ce travail avec une équipe renouvelée et un programme clair pour les six prochaines années.
Je veux défendre une méthode simple : des projets réalistes, financés et utiles aux habitants. Dans un contexte où beaucoup de promesses sont faites, ma priorité est de dire ce qui est possible et comment nous allons le réaliser.
F.I. : Que comptez-vous mettre en place durant la première année de mandat ?
H.M. : La première année d’un mandat est décisive car elle permet de lancer les projets structurants. Plusieurs actions prioritaires pourront être engagées rapidement :
- accélérer les projets scolaires avec la rénovation de salles de classe pour répondre à la croissance démographique ;
- améliorer le cadre de vie en poursuivant les travaux de voirie, de trottoirs et d’aménagement des quartiers ;
- renforcer la sécurité et la tranquillité publique grâce à un renforcement de la police municipale et à une meilleure coordination avec les partenaires ;
- engager des projets d’aménagement urbain, notamment dans les quartiers concernés par les opérations de résorption de l’habitat insalubre.
L’objectif est clair : obtenir rapidement des résultats visibles pour les habitants tout en préparant les grands projets de la mandature.
Journaliste politique & économique




































Saïd Omar Oili (liste NEMA)
Houmadi Mikidache