Comores : il risque un an de prison pour avoir critiqué le gouverneur de Ngazidja

Un conseiller de la commune de Mitsamihuli est poursuivi pour diffamation et dénonciation calomnieuse après avoir tenu des propos qui auraient déplu au gouverneur de la Grande Comore, accusé d’avoir joué un rôle dans la suspension de l’ouverture d’une police municipale.

Depuis jeudi, un conseiller municipal de la commune de Mitsamihuli, au nord de la Grande Comore, est en détention. Après une nuit en garde à vue, il a été présenté à un juge le vendredi, qui l’a officiellement inculpé pour diffamation et dénonciation calomnieuse envers une autorité publique.

Athoumani Msaidie aurait reconnu avoir proféré des propos et publié des écrits diffamatoires sur les réseaux sociaux à l’encontre du gouverneur de l’île autonome de Ngazidja, Ibrahim Mze Mohamed, selon l’ordonnance de mise en détention provisoire datée du 20 février.

Le code pénal en vigueur punit la diffamation commise par voie de radiodiffusion d’une peine allant de deux mois à un an de prison, assortie d’une

amende de 150 000 à 300 000 francs (environ 600 euros), ou de l’une de ces deux peines, selon l’article 235.

Originaire de la même commune que le gouverneur lui-même, le conseiller Athoumani Msaidie, alias Pasocco, qui se trouvait chez le juge ce lundi pour une audition, fait les frais de ses interventions publiées en ligne ces derniers temps.

Selon le maire de la commune, Chamsoudine Soulé, tout a commencé par l’annulation d’une cérémonie d’ouverture d’une police municipale destinée aux six villes de la commune. L’événement devait se tenir à la mi-février dans une localité appelée Ndzaouze.

« On a appris que c’est le gouverneur qui l’a bloquée. Notre conseiller a alors expliqué les raisons de l’annulation de la cérémonie. Un proche du gouverneur a rétorqué en guise de droit de réponse. Les débats ont commencé sur les réseaux sociaux. Puis Athoumani a écrit un article avec ses arguments pour prouver que le gouverneur est derrière cette suspension. Le petit frère du gouverneur a également répondu. Enfin, il y a eu une lettre ouverte du conseiller », a relaté le maire de la commune.

Gouverneur informé

À entendre l’édile de Mitsamihuli, ce n’est qu’après la publication de cette lettre ouverte que M. Athoumani Msaidie a été convoqué par la brigade des recherches. Il y passera la nuit jusqu’au vendredi, avant d’être inculpé.

Dans l’un de ses courriers, le conseiller municipal a pris soin de relater chronologiquement les étapes parcourues par la commune en vue de mettre sur pied la police municipale, dont l’une des missions était de lutter contre la délinquance. Selon lui, la décision avait été entérinée à l’issue d’un conseil communal.

« Le 3 février, les invitations ont été imprimées et distribuées au ministère ainsi qu’au gouvernorat. Le ministère a formulé ses recommandations et le gouvernorat n’a donné aucun signe de vie. Le lendemain, la commission d’organisation de la ville de Ndzaouze a convoqué en urgence la mairie pour lui exprimer son inquiétude face à la rumeur selon laquelle le gouverneur n’était pas informé de cette cérémonie. Comme je viens de le mentionner, le maire a présenté toutes les informations et preuves, et la commission a finalement laissé au gouverneur le choix de venir, de ne pas venir ou de saboter », peut-on lire dans un courrier adressé dans un premier temps à un commerçant natif de Mitsamihuli, Mohamed Madouhouli.

Dans sa lettre ouverte adressée au gouverneur de la Grande Comore, le conseiller Athoumani Msaidie l’accuse notamment de saboter les promotions et nominations de personnes originaires de Mitsamihuli.

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