À Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaila s’installe dans le fauteuil de maire pour « réussir »

À Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaila s’installe dans le fauteuil de maire pour « réussir »

Ce dimanche se déroulait la cérémonie d’investiture du nouveau maire de Mamoudzou. Un événement marqué par l’intronisation d’Ambdilwahedou Soumaila, qui a rameuté de nombreux habitants et créé quelques scènes de liesse ahurissantes, pas tout à fait protocolaires en cette période de crise sanitaire. Dans son discours, le nouvel homme fort de la commune chef-lieu a promis de jouer la carte du rassemblement pour réussir ensemble.

Dimanche. 10h. Habitants et sympathisants affluent au compte-gouttes sur le parvis de la MJC de M’Gombani, pour prendre part à l’installation du conseil municipal. Crise sanitaire oblige, beaucoup n’ont pas le privilège de passer le cordon de sécurité et se retrouvent agglutinés derrière une ribambelle de barrières installées tout autour pour suivre ce rendez-vous solennel. Un attroupement conséquent qui justifie le retard à l’allumage de vingt-cinq minutes. Laps de temps durant lequel l’organisation s’époumone tant bien que mal à rappeler le port obligatoire du masque et le respect des gestes barrières.

10h30. Le calme s’installe enfin. Convié à présider l’investiture, le doyen des 49 nouveaux élus une semaine plus tôt, Chihabouddine Ben Youssouf, déclare la séance ouverte. Forte de ses 35 sièges, la liste Réussir Ensemble annonce, en toute logique, la candidature de son chef de file, Ambdilwahedou Soumaila au poste de maire. Imaginant ne pas devoir se confronter à un nouvel adversaire dans les urnes, ce dernier apprend dans une stupeur générale sa confrontation avec Jacques-Martial Henry. Incompréhension totale… Comment expliquer une telle décision ? « C’est une initiative personnelle et non validée par Elyassir [Manroufou, de la liste Mamoudzou c’est nous ensemble] », souffle après coup l’un des acteurs de la campagne pour Hamidani Magoma. « Je pense que c’est histoire qu’il n’y ait pas une logique de candidat unique. Mais c’est juste pour le fun démocratique, on va dire. » Un culot qui permet tout de même à l’ancien conseiller départemental de recueillir 9 soutiens, mais qui ne l’empêche évidemment pas de déjouer les pronostics.

« Le poids des responsabilités »

11h11. Explosion de joie. Ambdilwahedou Soumaila devient officiellement le nouveau maire de la commune chef-lieu, avec 37 voix, soit 75% du suffrage exprimé. La foule se précipite immédiatement sur le nouvel homme fort de la municipalité, créant un chaos incontrôlable, pour immortaliser le moment. Une scène surréaliste… Une image forte dans la vie politique mais déraisonnable, voire choquante, en cette période de Covid-19. Au bout de quelques minutes, un retour à la raison s’opère enfin. Laissant la possibilité de procéder à une passation de pouvoir en bonne et due forme sur l’estrade. Mohamed Majani, le maire sortant, peut alors confier l’écharpe tricolore, symbole porté par les titulaires de fonctions électives, à son successeur. Empreint d’émotion, Ambdilwahedou Soumaila débute son allocution en rendant hommage à l’ancien député, Abdoulatifou Aly, décédé le 27 juin dernier. Après la minute de silence, place aux paroles. Bon orateur, le néo premier magistrat manie les mots avec aisance et fluidité. « Je mesure pleinement, le poids des responsabilités qui sont désormais les miennes devant les administrés de Mamoudzou, dont les attentes légitimes sont nombreuses », souligne-t-il, avant de réaffirmer son engagement, à savoir d’être « au service des concitoyennes et concitoyens de tous les quartiers ». « Notre victoire n’est pas celle d’un parti ni d’un camp, c’est une victoire collective, celle de l’ensemble de la population, qui exige un grand rassemblement des responsables politiques. Le défi que nous devons relever ensemble, nous tous, les 49 élus de cette assemblée est grand. Nous devons nous mobiliser, main dans la main, avec nos partenaires, chacun à sa juste place, pour construire une ville pour tous, aux rendez-vous des enjeux de son temps. » Et les défis qui se présentent face à lui sont nombreux : propreté, développement durable, jeunesse, sécurité, emploi, aménagement équilibré du territoire… « Mamoudzou doit devenir une ville propre, belle et sûre ; une chance pour tous ses enfants, quelques soient leurs origines, sans distinction aucune ; elle doit s’ouvrir à la région et au monde et tirer profit de la révolution numérique en cours pour consolider son développement économique et social. »

Pendant près de vingt minutes, l’enfant de Tsoundzou multiplie les louanges à l’égard des agents de la ville, des personnalités politiques, du monde économique et associatif, mais aussi et surtout de sa famille. Si l’embrassade avec sa femme et ses deux garçons sur scène prête à sourire, le moment marquant reste la longue accolade avec sa maman. En pleurs, Ambdilwahedou Soumaila prend alors conscience du devoir qui l’attend au cours de son mandat. « La commune de Mamoudzou c’est nous, c’est vous. Ensemble, nous devons réussir. Et ensemble, nous allons réussir. » Un slogan prémonitoire ? Réponse dans six ans.

14 adjoints élus dans la foulée

Après le discours d’Ambdilwahedou Soumaila, les 49 membres du conseil municipal sont une deuxième fois passés dans l’isoloir pour élire la liste des 14 adjoints. Et sans grande surprise, celle-ci a largement reçu le feu vert des élus. On retrouve Dhinouraine M’Colo Mainty, Hamidani Magoma, Nourainya Loutoufi, Zoulfati Madi, Toiyfou Ridjali, Soiyinri Mhoudoir, Munia Dinouraini, Inayatie Kassim, Dhoul-Mahamouid Mohamed, Assane Mohamed, Rabia Assan, Hadia Madi Assani, Said Djanfar Mohamed et Moina Fatima Ibrahim.

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