Il prend acte de la décision du ministère des Finances, cette semaine, de confier le déploiement de la fibre optique à Mayotte à la société Orange, opérateur qui a déjà lancé des offres en ce sens à la clientèle locale. Le sénateur Saïd Omar Oili souhaite en revanche que le gouvernement assume complètement le montage financier de ce projet avec des fonds publics, y compris des fonds européens du programme RESTORE Mayotte 2021/2027. C’est le sens d’un courriel qu’il a rendu public mercredi, adressé en réponse à une saisine de la nouvelle SGAR.
La préfecture de Mayotte a lancé une consultation auprès de personnalités politiques mahoraises et de nombreux acteurs du territoire en vue d’une contribution aux nouveaux critères du Fonds « RESTORE Mayotte 2021/2027 ». Pour les néophytes, cet acronyme regroupe l’ensemble des dispositifs financiers que l’Union européenne déploie à Mayotte ces dernières années pour les fondre en un seul outil, dans un souci d’efficacité et au profit de la reconstruction de Mayotte post-Chido. Autrement dit, des fonds initialement fléchés pour un programme X ou Y (FEDER et RESTORE FSE+) peuvent être redirigés en partie vers d’autres objectifs devenus primordiaux pour l’île.
Bien qu’ayant fait l’objet d’une grande messe en janvier dernier dans l’hémicycle Younoussa Bamana, en présence de représentants de Bruxelles et de décideurs locaux, ce mécanisme ainsi arrêté aurait du mal à devenir opérationnel, en raison d’un flou artistique persistant du côté de l’autorité de gestion. « Il est évident que ces gens pataugent totalement dans cette affaire de fonds européens, même s’ils essaient de ne pas le laisser paraître. Après, la patate chaude va être balancée aux politiques locaux, qui ne comprennent rien à tout cela, pour s’en laver les mains », confie un élu local qui aimerait y voir clair.
À l’instar du sénateur Saïd Omar Oili, il se plaint de l’indisponibilité de toute information au sujet de ce nouveau dispositif. En effet, sollicité par courrier de la nouvelle SGAR (secrétaire générale adjointe en charge de l’action économique) à la préfecture, le parlementaire observe la même carence d’information dans son courriel de réponse daté du mercredi 11 mars 2026. Il y indique n’avoir pas obtenu de suite favorable à ses demandes de données, en particulier sur le nombre de projets déposés au titre de ces différents mécanismes financiers précités.
« Il apparaît pour le moins surprenant que ces informations n’aient pas pu être communiquées lors de mes précédentes demandes, alors qu’elles semblent manifestement disponibles auprès d’autres acteurs impliqués dans le suivi de ces dispositifs. » L’élu national demande une clarification afin d’assurer une diffusion cohérente de l’information.
Face à l’exigence d’un lien obligatoire entre le cyclone Chido et les projets devant émarger sur ces fonds, Saïd Omar Oili demande que soient définies les modalités permettant d’établir ce lien. Pour illustrer son propos, le sénateur mahorais prend pour exemple les conséquences du cyclone Chido sur le déploiement de la fibre optique à Mayotte et demande un réexamen de l’enveloppe de 10 millions d’euros qui lui est officiellement consacrée.
« En effet, la possibilité donnée à la société Orange [par Bercy, le ministère des Finances] de continuer à investir directement dans les zones les plus denses et les plus rentables du territoire pourrait modifier l’équilibre économique initial du projet », observe le sénateur. Il demande à l’État de garantir la poursuite de la couverture de l’archipel en très haut débit, via le déploiement de la fibre optique, un objectif fixé par la loi du 11 août 2025 au plus tard en 2029.
Une évolution que l’élu estime devoir conduire à une adaptation du montage financier ou à un ajustement des financements publics mobilisés, notamment européens.
Journaliste politique & économique



































