Les fortes pluies tombées en début de semaine ont une nouvelle fois provoqué des inondations dans plusieurs secteurs de Mayotte, notamment à Kawéni où le collège K2 a dû être évacué après des infiltrations d’eau et de boue dans l’établissement. Ces épisodes, fréquents pendant la saison des pluies, rappellent la fragilité du territoire face aux phénomènes naturels et interrogent sur son niveau de préparation et sur la culture du risque au sein de la population.
Le territoire est en effet particulièrement exposé. « Sur les sept risques naturels, il y en a six qui sont concentrés à Mayotte. Seules les avalanches ne concernent pas l’île », rappelait récemment Christophe Millet, représentant de l’Ordre des architectes en visite sur l’île. Cyclones, séismes, submersions marines, feux de forêt, mouvements de terrain et inondations font partie des aléas auxquels le territoire est régulièrement confronté.
Face à ces risques, la prévention passe d’abord par l’information des habitants. L’État a ainsi lancé en janvier 2026 une campagne de sensibilisation sur les pluies intenses et les inondations. Elle rappelle quelques réflexes essentiels : éviter de circuler lors de la montée des eaux, s’éloigner des cours d’eau ou encore se réfugier en hauteur lorsque cela est possible.
Mais Mayotte reste encore en marge de certains dispositifs nationaux. Au niveau national, l’État a mis en place le Plan individuel de mise en sûreté (PIMS). Développé par la sécurité civile, cet outil permet à chaque citoyen d’identifier les risques autour de lui, de préparer un kit d’urgence et de savoir comment réagir en cas de crise. Des versions adaptées aux territoires ultramarins commencent à être déployées, mais l’outil n’est pas encore décliné à Mayotte.
Une conférence organisée ce vendredi à l’Université de Mayotte, questionnera ainsi la perception du risque. La chercheuse Morgane Rosier y abordera l’impact des perceptions sur l’efficacité de la gestion des risques liés aux aléas naturels à La Réunion et à Mayotte. Les échanges porteront notamment sur la manière dont les populations perçoivent les risques, sur l’efficacité des réponses apportées après les catastrophes récentes et sur l’intensification des phénomènes naturels dans les territoires insulaires, dans un contexte de changement climatique.
Alors que les épisodes de pluies intenses se répètent, la capacité de la population à anticiper et à réagir face aux catastrophes apparaît plus que jamais centrale pour le territoire.
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.





































