Mise en examen de Daniel Zaïdani pour détournement de fonds publics

Mise en examen de Daniel Zaïdani pour détournement de fonds publics

Les rumeurs qui circulaient ces derniers jours autour du nom de l'ex-président du Conseil départemental viennent d'être confirmées par le parquet. Daniel Zaïdani a été mis en examen il y a quelques jours pour des détournements présumés de fonds publics.

 

L'ancien président du Conseil départemental Daniel Zaïdani a été mis en examen au début de mois de février nous a confirmé le procureur de la République Joël Garrigue. Les faits remontent à la période 2012 – 2014 quand il était à la tête du département. À cette époque il avait octroyé des subventions à diverses associations. Ces dernières dont certains membres sont également mis en examen, sont soupçonnées d'avoir utilisé les sommes en question pour d'autres intérêts que ceux des projets initiaux exposés dans leur demande d'aide. L'une d'entre elles aurait par exemple utilisé l'argent pour la construction d'une mosquée à Diego-Suarez à Madagascar. L'instruction devra déterminer si l'actuel conseiller départemental de Pamandzi était au courant ou non de ces manœuvres. Les sommes qui auraient été détournées n'excèdent pas 15 000 € chacune. Le candidat du MDM (Mouvement pour le développement de Mayotte) aux prochaines élections législatives risque ainsi 7 ans d'emprisonnement, 100 000 € d'amende et jusqu'à 10 ans d'inéligibilité. Il a été placé sous contrôle judiciaire et a dû verser une caution de 15 000 €. D'après le procureur, d'autres élus sont impliqués dans cette affaire, mais il n'a pas souhaité divulguer de noms.

 

L'affaire pourrait être liée à la mise en examen d'Ousseni Ben Issa et d'Ali Assani

En janvier 2016, le 7ème vice-président du département chargé des finances Ousseni Ben Issa a été mis en examen pour détournement d'argent public dans le cadre de l'attribution d'une subvention à une association réalisée en 2012 quand il était élu de l'opposition (les Républicains) au Conseil général. L'ancien élu départemental Les Républicains de 2008 à 2011 Ali Assani est également inculpé pour des faits similaires. Selon le procureur, ces affaires sont donc liées à celle dans laquelle est impliqué l'ex-président du Département de 2011 à 2015. "Ils sont tous mis en examen du même chef d'accusation mais pas forcément pour les mêmes associations", a précisé Joël Garrigue.

 

En attendant, c'est une nouvelle affaire qui s'ajoute aux tracas judiciaires de Daniel Zaïdani puisqu'il est toujours mis en examen depuis 2013 pour détournement de fonds publics et favoritisme concernant l'achat de deux véhicules sans marché public, l'organisation pour 5 000 € d'un repas pour ses proches aux frais du Département ainsi que le financement de billets d'avion pour le célèbre groupe de rap Sexion D'Assaut vers Moroni et Madagascar après leur concert donné à Mayotte en 2012. Il a par ailleurs, été entendu dans deux autres enquêtes qui sont toujours en cours: le projet pour la construction du gymnase de Pamandzi dont le marché a été attribué à une entreprise dans des conditions opaques ; et la SPL, société publique locale créée par le conseil départemental en octobre 2012 (sous sa présidence) avec comme mission la mise en œuvre d'un projet urbain et une politique locale de l’habitat. Le conseil départemental, actionnaire majoritaire, aurait voté une délibération octroyant une rémunération mensuelle d'environ 4 000 euros à Daniel Zaïdani en tant que président de la SPL. Selon un proche du dossier, cette délibération aurait été révoquée par le contrôle de légalité.

Le 6 février dernier, il a démenti l'information erronée et relayée par des confrères concernant une garde à vue à la gendarmerie. Cependant, il a bien été entendu à la section de recherches de Pamandzi le 1er février 2017.

 

Le MDM décidera en mars si Zaïdani et Boinahery seront toujours candidat.

Après l'ancien maire de Tsingoni, Ibrahim Boinahery, candidat lui aussi à la députation, c'est un nouveau cadre du MDM qui est inquiété par la justice. Pour rappel, Ibrahim Boinahery a été mis en examen au début du mois pour détournement de fonds publics, atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats à un marché public, faux et usage de faux en écriture publique et corruption passive. Il est soupçonné d'avoir accordé un marché d'une valeur de 200 000 € à un entrepreneur local surnommé "PDG" en échange de travaux réalisés dans sa propriété.

 

Comme pour le candidat aux élections législatives de la deuxième circonscription, le MDM se prononcera au mois de mars prochain après réunion des cadres du parti pour décider de maintenir ou pas les candidatures des deux mis en examen. Injoignable hier, Daniel Zaïdani n'a pas encore déclaré si à l'instar de François Fillon pour les présidentielles, il renoncera oui ou non, à la course à l'Assemblée nationale en cas de mise en examen.

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