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Émeutes de Kawéni : « Certains jeunes interpellés sont bien insérés »

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Depuis le 17 août 2022, jour des émeutes, les policiers ont interpellé une quinzaine de jeunes. En marge du jugement de deux d’entre eux, ce lundi (voir ci-dessous), le procureur de la République a accepté de faire le point sur la suite judiciaire de cette affaire. Yann Le Bris constate « des profils très variés » parmi les quatorze interpellés.

Les nombreuses images (drone, vidéos prises avec un téléphone portable, caméras de surveillance de la municipalité) ont permis au fur et à mesure l’identification des auteurs des violences de Kaweni, l’après-midi du 17 août 2022. Caillassages de voitures, jets de pierre sur les policiers, vols de scooters, de papiers, incendies de mobilier urbain, la liste des faits commis par « 200 à 300 émeutiers » selon la police est longue comme le bras. « C’était d’une extrême violence. Des centaines ou des milliers de pierres ont volé », raconte maître Érick Hesler, avocat des parties civiles, ce lund, et dont le cabinet est situé à l’espace Coralium, lieu particulièrement touché par les vols et les dégradations ce jour-là. Le procureur de la République, Yann Le Bris, annonce que « quatorze interpellations ont eu lieu. Je retiens une très forte réactivité de la police. Dans les jours suivant les faits, l’identification des auteurs a pu se faire par la police, la population et les victimes ».

La moitié des interpellés sont des mineurs, le plus jeune ayant quinze ans. Le représentant du ministère public note que « les profils sont très variés et ne sont pas ceux dans la délinquance ordinaire. Certains jeunes sont bien insérés, en formation ou lycéens. Il y en a même qui sont issus de familles reconnues ». Selon nos informations, le fils d’un ancien maire de Mamoudzou fait partie des interpellés par exemple. Quant aux mobiles, ils sont confus. « Il y en a qui ont entendu la rumeur d’une interpellation qui s’est mal passée (N.D.L.R. une opération de la police aux frontières avait lieu à Kawéni ce jour-là). D’autres qui voulaient en découdre avant la reprise des cours, ceux qui se greffent pour commettre des violences gratuites ou des vols », énumère le procureur.

Les mineurs en attente de jugement

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Le procureur de la République, Yann Le Bris, a retenu « une très forte réactivité de la police » dans ce dossier qui a marqué l’île.

Plusieurs jeunes ont été jugés depuis le 17 août soit en comparution immédiate soit en CRPC (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité). La peine la plus lourde prononcée a été dix-huit mois de prison dont six avec sursis, tandis que la plus basse est de quatre mois fermes. Yann Le Bris rappelle que ces sanctions sont élevées « puisqu’ils sont primo-délinquants ». Impliqués également, les mineurs qui doivent passer devant le juge pour enfants sont jugés sur un délai plus long. Une première audience doit déterminer s’ils sont coupables ou non, puis une deuxième six mois plus tard sert à fixer la peine à effectuer.

Interrogé sur le nombre d’interpellés bien inférieur aux « 200 » émeutiers estimés, le Parquet concède que « bien évidemment, ils étaient plus nombreux et qu’ils n’ont pas tous été interpellés ». Cependant, il défend l’idée que ceux qui sont passés par le commissariat de police de Mamoudzou avaient un rôle de « meneurs », « étaient particulièrement actifs » pendant les faits du 17 août et « étaient clairement identifiés ».

 

Une relaxe et une condamnation en comparution immédiate

Ce lundi, une nouvelle audience en comparution immédiate a permis de juger deux jeunes de Kawéni. Le premier est un Comorien de 23 ans lié à une dizaine de dégradations de véhicules, trois de deux-roues et surtout à des jets de pierre contre les forces de l’ordre. « Je suis sorti du travail. Un ami m’a dit qu’il y avait le bazar à Kawéni. On est allés voir. J’ai lancé deux pierres. Comme on m’a dit qu’il y avait des drones, je suis rentré chez moi », se défend-il, ce lundi, au tribunal judiciaire. Mécanicien et sans titre de séjour, il partage un logement de Bandrajou avec des amis, après avoir vécu chez son frère à son arrivée à Mayotte en 2017.

Son acolyte a un profil tout autre puisqu’il est Français et vit chez ses parents. C’est même son père qui l’a livré à la police. Le jeune homme de 19 ans est jugé pour le vol d’un scooter et de papiers administratifs. « Le rôle de l’institution judiciaire est de punir sévèrement par de la prison ferme », estime le ministère public dans ses réquisitions. Il demande deux ans de prison pour le plus âgé et six mois pour le deuxième. Leur avocate, maître Kassurati Mattoir s’offusque que « la qualification de la réunion soit utilisée pour mettre tout le monde dans le même bain ». « Le secteur a été quadrillé. On sait qui a fait quoi », poursuit-elle, relevant qu’il n’y a «aucun élément qui les lie aux événements » et que l’un comme l’autre n’ont pas de casier judiciaire. Le tribunal correctionnel a reconnu coupable d’une partie des faits le plus vieux et l’a condamné par décision contradictoire à dix-huit mois de prison dont douze avec sursis. Le plus jeune a été relaxé, les juges ont estimé que sa participation «aux faits précis » ne peut être établie. Une audience sur les intérêts civils est programmée au 1er décembre.

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