À la recherche désespérée d’un terrain pour bâtir une nouvelle prison dans un délai maximal de deux ans, Gérald Darmanin lance un appel à l’aide en direction des élus locaux. Il souhaite améliorer les conditions d’accueil des usagers ainsi que les conditions de travail des magistrats et des greffiers, tout en prônant une politique de fermeté envers la délinquance des mineurs.
Il n’y a pas qu’à la prison de Majicavo que la visite du garde des Sceaux était très attendue. La deuxième séquence de son déplacement marathon à Mayotte s’est déroulée au tribunal judiciaire de Mamoudzou, où il est arrivé aux environs de 9 heures. Il s’est installé dans la salle d’audience B à l’issue d’un rapide tour du chantier de rénovation des locaux, très endommagés par le cyclone Chido.
Il a remercié les magistrats, les greffiers et les agents qui servent la République à Mayotte dans des conditions toujours difficiles.
« Il y en a beaucoup à Mayotte. Évidemment, Chido est une crise paroxystique, mais il y en a d’autres : celles de l’eau, de l’insécurité, de Avec eux, Gérald Darmanin a évoqué trois sujets, à commencer par l’immobilier. Il estime que l’État se doit d’offrir à ses agents, aux victimes, aux usagers et plus largement à Mayotte des conditions dignes permettant d’assurer une justice efficace. « On voit bien que ces conditions ne sont pas dignes, du fait de Chido, mais c’était déjà vrai avant ce cyclone puisqu’il y avait un éclatement des services du ministère de la Justice ici à Mayotte. Nous réparons et nous regardons comment réparer au plus vite le tribunal », a-t-il précisé. Il a annoncé que la deuxième phase des travaux sera terminée en avril prochain et que le 8 juillet 2026 marquera la fin de l’ensemble du chantier. Il prévoit de venir lui-même inaugurer les locaux afin de s’assurer que les choses ont été correctement réalisées. Un travail sera également engagé, en concertation avec les autorités locales, sur le futur site judiciaire de l’île, qui pourrait regrouper le tribunal administratif et le tribunal judiciaire afin d’améliorer les conditions de travail des magistrats, des greffiers et l’accueil des usagers. Le deuxième sujet évoqué avec les professionnels de la justice a porté sur les ressources humaines et le manque de magistrats et de greffiers sur le territoire. « Pourquoi manque-t-il des greffiers et des magistrats ? Parce que ce n’est pas toujours attractif. Il faut loger ces fonctionnaires, les sécuriser — comme tous les Mahorais ils rencontrent des difficultés liées à la sécurité — et parce qu’ils mettent parfois, comme beaucoup d’habitants, une heure et demie à deux heures pour se rendre au travail. Nous travaillons avec le préfet pour loger les fonctionnaires et pour aider les Mahorais à revenir sur leur terre natale en les accompagnant. C’est l’objet de la prime que j’ai débloquée ce matin, par exemple à la prison de Majicavo », a indiqué le ministre de la Justice.




































