Confinement à Mayotte : Près de 250 procès-verbaux dressés chaque jour

Confinement à Mayotte : Près de 250 procès-verbaux dressés chaque jour

Les jours se suivent depuis le début du confinement, et les contrôles des attestations aussi, à tel point que plusieurs milliers de verbalisations ont déjà été dressées. Et bien qu’eux aussi touchés par le Covid-19, les effectifs de police et de gendarmerie parviennent à maintenir une présence régulière sur le terrain, malgré quelques inquiétudes.

Les chiffres sont tombés hier : 4.054 verbalisations pour non-respect du confinement ont été comptabilisées par la préfecture - 1.090 en zone police et 2.964 en zone gendarmerie -, principalement pour défaut d’attestation de déplacement dérogatoire, et ce depuis le 17 mars, date à laquelle le président de la République a imposé aux Français de limiter leurs déplacements. “Ce sont des chiffres importants, donc préoccupants”, juge le général Leclerq, commandant de gendarmerie. “Cela illustre bien que la population ne respecte pas les attestations dérogatoires de déplacement, d’autant plus que les chiffres ne baissent pas.” Un constat que ne partage pas la police nationale : “Nos verbalisations sont un peu à la hausse (sur le Grand Mamoudzou), et on voit bien qu’il y a trois fois plus de voitures ou de personnes dans la rue que la semaine dernière”, note le secrétaire général d’Alternative Police, Aldric Jamey. Et malgré un faible taux de récidive, la semaine dernière, un premier homme, âgé d'une vingtaine d’années, a localement été condamné à trois mois d’emprisonnement pour avoir violé à plusieurs reprises les mesures de confinement.

Mais à l’heure où les nouveaux cas de Covid-19 montent chaque jour en flèche, les effectifs de police et de gendarmerie parviendront-ils à maintenir le nombre de contrôles ? À cela, “nos capacités organisationnelles ne sont absolument pas affectées”, répond le général Leclerq, alors qu’entre ses rangs, une quinzaine d’hommes sont actuellement touchés par la dengue, et que le Covid-19 ne semble pas encore circuler à grande échelle, bien que le commandant ait refusé de communiquer le nombre de gendarmes atteints. Prochainement, une petite dizaine de fonctionnaires, bloqués en métropole et à La Réunion depuis les vacances scolaires et la rupture du trafic aérien, devraient bientôt être rapatriés par le préfet, avant d’observer une quatorzaine stricte à domicile et de reprendre le service, si leur état le permet. “J’ai donc la quasi-totalité de mes effectifs. La situation est vraiment satisfaisante, même si on n'est jamais à l’abri”, se réjouit encore le général Leclerq.

Fin des mesures de protection

Côté police nationale, le constat est similaire : “Entre ceux qui sont sortis de quatorzaine et ceux qui sont revenus de métropole, on a plus de fonctionnaires présents que la semaine dernière”, se réjouit à son tour Aldric Jamey. Dans le détail, ils sont aujourd’hui 21 policiers contaminés par le Covid-19, 49 actuellement en confinement à domicile et une centaine au total en arrêt maladie pour différentes pathologies. Pas de quoi, à ce stade, perturber le fonctionnement des différents services. Pour autant, les syndicats policiers déplorent l’organisation des contrôles d’attestation de déplacement dérogatoire : “Lorsqu’on est placés à la sortie de la barge et que l’on contrôle quelqu’un, plusieurs personnes ont le temps de passer entre les mailles pendant ce temps-là”, regrette le secrétaire général d’Alternative Police. “C’est pourquoi il serait plus pertinent de s’installer à Doujani, par exemple.” Et ce n’est pas le seul dysfonctionnement à être pointé du doigt.

Une dizaine de jours plus tôt, l’intersyndicale rencontrait le préfet pour une réunion d’information. Au centre des échanges, le matériel notamment. Il a ainsi été demandé aux policiers de ne plus utiliser les masques de protection qu’ils utilisaient jusqu’alors, afin de les libérer pour les personnels médicaux. “On a des gants en plastique et des petits masques qui protègent les autres si nous sommes infectés, mais pas l’inverse”, s’inquiète Aldric Jamey. Autre sujet de discussion, les bandes

de jeunes qui, à la nuit tombée, sortent par dizaines, à Kawéni notamment, pour se balader ou faire du sport. “On a proposé au préfet d’envoyer des cadis et des éducateurs de quartiers pour qu’ils aillent faire de la prévention auprès de ces mêmes jeunes, mais on nous a répondu que cela irait à l’encontre du confinement.” Et de conclure : “Pour moi, nous n’avons pas obtenu de réponses, ou seulement des réponses de politiques.

 

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