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Comores : polémique après des propos du ministre de la Défense sur des viols

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Dans un entretien retransmis à l’office de radio et télévision des Comores, le délégué à la Défense répondant à une question sur des éventuelles accusations d’agressions sexuelles visant certains militaires a réclamé la présentation de vidéos avant d’ouvrir une enquête. Cette déclaration n’a pas tardé à susciter l’ire de l’opinion, notamment celle des associations de défense des droits des femmes.

Tout a commencé par une interview vidéo relayée sur les réseaux sociaux. Au cours de l’entrevue accordée à la télévision nationale, le délégué chargé de la Défense, Youssoufa Mohamed Ali, a tenu des propos qui ont très vite créé un tollé. Pendant une émission de l’office de radio et télévision des Comores (Ortc), tournée le 5 novembre, le ministre des Armées avait été interpellé sur d’éventuels cas d’agressions sexuelles qu’auraient commises des militaires, mi-octobre à Mbeni, une ville située au nord de la Grande Comore (voir ci-dessous). Non seulement il a défendu ses hommes, mais le ministre a surtout balayé d’un revers de main les informations, ne laissant pas le journaliste terminer sa question. « Ils sont venus raconter que des militaires violaient des femmes. Où est la caméra de ce militaire ? D’où tu l’as vue ? Quelqu’un l’a visionnée sur Facebook ? Pourquoi on ne nous montre pas les images ? Car nous aurions recherché ce militaire pour lui infliger une sanction parce qu’il aurait donc dévié. Je refuse de croire tout ce que j’entends sans des preuves visuelles », interpellait-il.

« Propos intolérables »

Il n’en fallut pas plus pour que les associations luttant contre les violences faites aux femmes et aux enfants critiquent vivement la déclaration du ministre. « Les propos de Youssoufa Mohamed Ali auraient été scandaleux s’ils avaient été prononcés par un citoyen lambda. Ils sont intolérables, inacceptables venant du délégué chargé de la défense, ancien directeur de cabinet du chef de l’Etat et par ailleurs secrétaire général du parti au pouvoir », a déploré l’association Petizanges des Comores. Dans un communiqué en date du 10 novembre, l’ONG qualifie ces propos de « violence de l’État » à l’endroit de toutes les femmes victimes de violences sexuelles et constituent un dangereux message envoyé aux magistrats lesquels pourraient comprendre que sans des images audiovisuelles, ils ne doivent prendre en compte les accusations d’agressions sexuelles. « Depuis quand les violeurs filment ou invitent des caméramans pour filmer leurs atrocités ? Ces propos sont de nature à freiner l’élan enregistré ces deniers temps sur le plan national. Dire qu’il faut nécessairement des images pour croire à un viol est aberrant », conclut la présidente de Petizanges des Comores, Hissani M’sahazi Rassoul, qui exige au nom de la plateforme des excuses publiques du gouvernement. Défenseure des droits des femmes, Amina Ali a elle aussi condamné la sortie médiatique du délégué à la Défense, proche et fidèle du chef de l’État, Azali Assoumani. « N’écoutez pas cet homme dénué d’éthique et d’empathie au vu de sa réflexion. Si vous avez subi une agression sexuelle, ne laissez personne remettre en doute votre démarche pour réclamer justice », a lancé la militante, s’adressant aux femmes avant d’inviter les procureurs à rappeler au ministre les lois qui ne réclament pas la production de vidéos. Certains avocats ont quand même tenu à souligner qu’il y a des innocents souvent accusés à tort d’actes d’agressions qui croupissent en prison. D’où l’intérêt d’opter pour la prudence.

 

Onze femmes seraient concernées par ces violences

Le 14 octobre, une descente musclée des forces de l’ordre à Mbeni pour interdire une cérémonie religieuse marquant la naissance du prophète muhamad a viré à l’affrontement. L’organisation de ce « mawulid » contrevenait à une note ministérielle qui interdisait toute célébration pendant l’après-midi sauf le week-end. Le bilan fait état de 26 blessés côté civile, tous des habitants, cinq d’entre eux sont même déjà évacués à l’extérieur. Le lendemain, le gouvernement a donc déployé les militaires pour rechercher les auteurs de ces actes de vandalisme. Pendant près d’une semaine , les hommes en treillis ont assiégé la ville, saccageant au passage maisons et véhicules. C’est donc au cours de cette opération que les accusations d’agressions sexuelles ont émergé. Dans une conférence de presse tenue, le 10 novembre, l’ancien secrétaire d’État chargé du monde arabe, Hamidou Karihila, originaire de Mbeni, a confirmé que certains éléments de l’armée obligeaient des femmes à se déshabiller devant eux. Ce transfuge du parti présidentiel, la Crc, où il occupait le poste de secrétaire général, devenu farouche opposant d’Azali Assoumani a parlé de onze présumées victimes.

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